Jeunesse

Veronica Tennant commence à danser en Angleterre à l’âge de quatre ans et s’installe à Toronto avec sa famille en 1955. « Une semaine après notre arrivée, raconte-t-elle dans une entrevue à la télévision de la CBC, nous n’avions pas de meubles, nous n’avions rien, je crois même que je n’avais pas commencé l’école, mais je suivais mes cours de ballet. » Elle étudie auprès de la célèbre professeure de ballet Betty Oliphant, dont le régime essoufflant inclut neuf cours par semaine.

Formation et début de carrière

Veronica Tennant reçoit une formation à l’École nationale de ballet. Après avoir obtenu son diplôme, à 18 ans, elle est engagée par le Ballet national du Canada au rang de première danseuse, la plus jeune de l’histoire de la compagnie. Elle fait ses débuts dans le rôle de Juliette dans la version de John Cranko du grand ballet de Prokofiev Romeo et Juliette. La production est ensuite adaptée pour CBC Television par Norman Campbell.

En succession rapide, Veronica Tennant ajoute de nombreux premiers rôles à son répertoire, notamment dans Le lac des cygnes, Giselle et Casse-noisette. Lorsque Lois Smith prend sa retraite, Veronica Tennant est rapidement consacrée par les critiques et un public conquis comme la danseuse étoile de facto de la compagnie. Veronica Tennant occupe le rôle-titre dans la production de Cendrillon de Norman Campbell pour CBC Television, récipiendaire d’un prix Emmy en 1968, et continue à exceller dans les grands classiques du 19esiècle. Sa renommée grandit encore lorsqu’elle incarne en 1972 la première princesse Aurora du Ballet national dans la mise en scène de Rudolf Nureyev de la Belle au bois dormant, une autre production de Norman Campbell pour CBC qui se méritera un prix Emmy.

Principales réalisations en danse

Le répertoire de Veronica Tennant s’enrichit d’un nombre considérable de rôles, incluant plusieurs œuvres créées sur mesure pour son remarquable talent de danseuse actrice. Lorsque sa carrière est menacée par une blessure au genou potentiellement désastreuse, elle profite de son absence des planches pendant presque un an pour écrire un livre pour enfants et donner naissance à une fille, avant de faire un retour triomphal. Deux de ses rôles les plus appréciés par la suite seront ceux de Titania dans Le Rêve de Frederick Ashton et Tatiana dans Oneguin de Cranko.

Durant sa longue carrière, Veronica Tennant a partagé la scène avec les plus grands danseurs du moment, dont Rudolf Nureyev, Mikhail Baryshnikov, Anthony Dowell, Fernando Bujones, Richard Cragun et Peter Schaufuss. En 1989, elle marque son départ à la retraite, que beaucoup jugent prématuré, par plusieurs prestations d’adieu éblouissantes de Juliette, le rôle qui a établi sa réputation 25 ans auparavant, suivies d’un gala d’hommage spécial avec artistes invités.

Après le Ballet national

Après avoir quitté le Ballet national, Veronica Tennant reste active dans le monde de la danse et du spectacle en tant que chorégraphe, animatrice, narratrice, écrivaine, enseignante et réalisatrice. Elle se lance dans le théâtre en devenant directrice associée et chorégraphe à la Canadian Stage Company de Toronto et au Tarragon Theatre, et elle est actrice et danseuse durant la saison 1992 du Shaw Festival. En 1994, elle chorégraphie Cyrano de Bergerac au Festival de Stratford et Rough Crossing pour The Canadian Stage. Elle joue dans une pièce de danse-théâtre qu’elle conçoit, Maud, tirée des journaux de Lucy Maud Montgomery, et elle coécrit et joue Choice and Chance Encounters avec le clarinettiste James Campbell et le pianiste de jazz Gene DiNovi au Festival of the Sound à Parry Sound, Ontario.

En 1995, Veronica Tennant partage les rôles-titres avec Nicholas Pennell dans le film Satie et Suzanne de Rhombus Media. Elle dirige aussi des productions de Carmen La Gitana à Niagara on the Lake (2005) et The Penelopiad de Margaret Atwood avec The Royal Shakespeare Company au Centre national des Arts à Ottawa (2007).

Carrière de productrice et réalisatrice

Après avoir quitté la danse, Veronica Tennant devient aussi de plus en plus active comme productrice de cinéma et télévision. Elle est animatrice, consultante en création et auteure pendant trois saisons pour l’émission Sunday Arts Entertainment de CBC Television. Son premier projet à titre de productrice à la télévision est une réalisation conjointe de CBC et Radio-Canada, Salute to Dancers for Life/Danser Pour La Vie, suivie en 1996 par un spécial sur la danseuse moderne Margie Gillis et un autre mettant en vedette Karen Kain en 1997, qui remporte un International Emmy Award.

Plus récemment, Veronica Tennant passe de la production à la réalisation de films et vidéos de danse. En 2005, elle participe au prestigieux atelier Talent Lab pour nouveaux réalisateurs du Festival international du film de Toronto. Sa filmographie, prolifique, comprend plusieurs films de danse remarquables, comme The Dancers’ Story: The National Ballet of Canada (2002), a pairing of SwanS (2003) avec Evelyn Hart et Rex Harrington, la pièce de danse-théâtre primée Shadow Pleasures (2004), écrite et narrée par Michael Ondaatje, Vida y Danza Cuba (2008), narrée par Colm Feore et Something’s Coming (2012), mettant en scène Guillaume Côté.

Autres activités

Veronica Tennant est l’auteure de deux livres pour enfants : On Stage, Please (1977) et The Nutcracker (1985). Elle a aussi été professeure adjointe à la Faculty of Fine Arts de l’Université York de 1989 à 2004.

Activités caritatives

Victoria Tennant est présidente honoraire d’UNICEF Ontario de 1992 à 1999 et ambassadrice nationale d’UNICEF Canada depuis 1992. Son implication dans l’organisation lui vaut une médaille d’or du 50e anniversaire d’UNICEF en 1996 et le prix Danny Kaye pour service distingué en 1999. Elle est aussi présidente honoraire de la Marche des dix sous de l’Ontario de 1989 à 1991.

Engagements administratifs

Veronica Tennant a siégé au conseil d’administration du Conseil des arts de l’Ontario de 1975 à 1978. Elle a été représentante des danseurs à la compagnie de ballet nationale en 1972 et 1984, et a également été directrice de la Glenn Gould Foundation (1989-1992), du Dancer Transition Centre (1992-1995) et du Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle (1992-1995). Elle a siégé au Conseil consultatif canadien sur le statut de l’artiste du ministère des Communications fédéral de 1991 à 1993, au conseil consultatif de l’Institut Terry Fox, au conseil d’administration de REEL Canada, auconseil consultatif d’Opera Atelier, et elle a agi comme ambassadrice pour Artscape. De 2004 à 2010, elle a été membre du conseil d’administration du Centre national des Arts et du Comité consultatif ministériel pour les arts et la culture de l’Ontario. Elle a aussi dirigé le comité des arts et de la culture pour la candidature de Toronto aux Jeux olympiques d’étéde 2008.

Distinctions honorifiques

Veronica Tennant a été la première danseuse à être nommée chevalier de l’Ordre du Canada (1975) et a été promue compagnon en 2003. Elle a reçu de nombreux prix et doctorats honorifiques, dont le prix Walter-Carsen d’excellence en arts de la scène (2004) et le Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle (2004). Elle a aussi reçu le prix Walter-Carsen d’excellence en arts de la scène de 30 000 $ du Conseil des arts du Canada pour ses « réalisations sur la scène et en tant que productrice/réalisatrice de cinéma et télévision ». En 2005, elle a été nommée ambassadrice du Canada pour l’Année Hans Christian Andersen au Danemark, et en 2006, un nouveau studio de l’École de ballet national à Toronto a été baptisé Veronica Tennant en son honneur. Elle a été nommée ambassadrice culturelle pour la ville de Hamilton en 2011, et a été intronisée dans le Encore! Dance Hall of Fame en 2018.

Prix

  • Officier, Ordre du Canada (1975)
  • Médaille du jubilé d’argent de la Reine Elizabeth II (1977)
  • Toronto Arts Award, Catégorie arts du spectacle (1987)
  • Prix du mérite, Ville de Toronto (1989)
  • Prix des Arts et des Lettres, Canadian Club of New York City (1991)
  • Médaille commémorative du 125e anniversaire de la Confédération du Canada (1992)
  • Prix de la Médaille d’Or du 50e anniversaire, UNICEF (1996)
  • Prix Danny Kaye pour services distingués, UNICEF (1999)
  • International Emmy Award (Karen Kain: Dancing in the Moment), Emmy Awards (1999)
  • Membre de l’Allée des célébrités canadiennes (2001)
  • Bourse Paul D. Fleck en arts, Centre d’arts de Banff (2001)
  • Médaille du jubilé d’or de la Reine Elizabeth II (2002)
  • Compagnon de l’Ordre du Canada (2003)
  • Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle pour réalisations d’une vie (2004)
  • Prix Walter-Carsen d’excellence en arts de la scène, Conseil des arts du Canada (2004)
  • Meilleur réalisatrice (« Shadow Pleasures »), Golden Sheaf Awards, Yorkton Film Festival (2005)
  • Best of Yorkton Film Festival (« Shadow Pleasures »), Golden Sheaf Awards, Yorkton Film Festival (2005)
  • Membre de la Société royale du Canada (2006)
  • Médaille d’argent mondiale (« Finding Body & Soul »), New York Television/Film Festival (2010)
  • Médaille du jubilé de diamant de la Reine Elizabeth II (2012)
  • Membre du Encore! Dance Hall of Fame, Dance Collection Danse (2018)

Doctorats honorifiques