Compositrice-interprète, communicatrice (Toronto, 1959). Molly Johnson commence sa carrière musicale dès son enfance. Elle est choisie par Edwin Mirvish pour la distribution de Porgy and Bess présenté au Royal Alexandra Theatre à Toronto. Ce rôle en entraîne d'autres dans les comédies musicales South Pacific et Finian's Rainbow. Dans l'espoir de devenir chorégraphe, Johnson fréquente l'École nationale de ballet jusqu'à 15 ans. Par la suite, elle se concentre sur la musique, devient la chanteuse principale du groupe de musique disco Chocolate Affair et fait partie du groupe Billy Reed and the Street People. Johnson commence à composer ses propres pièces à la fin des années 1970.

Collaborations : des années 1970 à 1990

En 1979, Johnson met sur pied Alta Moda, un groupe de musique funk-rock éclectique, avec Norman Orenstein. Les membres, soit Orenstein (guitare, clavier, boîte à rythmes et bande), Greg Krantz (vidéo et média), Etric Lyons (basse et voix d'accompagnement) et Steven G. (batterie électronique) forment un des groupes les plus dynamiques de la scène de la musique progressive de la rue Queen à Toronto, et les interprétations saisissantes de Johnson lui valent le surnom de « Diva de la rue Queen ». Malgré la nomination pour un prix Juno pour leur chanson « Julian », le groupe connaît peu de succès commercial. Plus tard, Johnson devient membre du groupe Infidels lancé par Orenstein vers 1990, qui connaît le même sort en 1992. Pendant cette période, Johnson vit à la Cameron Public House, un immeuble bohème composé d'un hôtel et d'un bar sur la rue Queen. Elle commence alors à s'initier au jazz avec Herb Tookey et Bill Grove et anime la soirée populaire de jazz Blue Mondays en compagnie du pianiste Aaron Davis et du bassiste David Piltch. Leur trio, qu'ils nomment également Blue Monday, joue à l'occasion à l'extérieur du Cameron House, dans des bars et des entrepôts et fait un passage remarqué à la salle Imperial de l'hôtel Royal York.

Carrière solo

Vers 1995, Johnson s'éloigne de la scène et se fait une place dans les domaines de la chanson publicitaire et de la voix hors champ à Toronto. Peu de temps après, elle rencontre Steven MacKinnon, un compositeur et producteur de Toronto, qui lui offre de collaborer à la production d'un album. Cet album propose des compositions de MacKinnon et six pièces coécrites avec Johnson. Le but principal de ce premier album jazz est le succès commercial, ce qui change beaucoup de sa production rock. Molly Johnson, de style jazz-populaire, sort en 2000 et attire rapidement l'attention du public pendant sa tournée canadienne effectuée au printemps et à l'été. Bon nombre de critiques soulignent qu'elle a une voix veloutée et éraillée, qui rend hommage aux premières années du jazz - comme le démontre sa reprise de « Don't Explain » de Billie Holiday - et pourtant contemporaine. En 2000, ses deux premiers succès, « My Oh My » et « Diamond in my Hand », passent à plus de 9000 reprises sur les postes de radio au Canada. Une participation spéciale à un album de Stephan Grappelli, la légende française du jazz, contribue également à populariser son album en France et à faire de Johnson une vedette internationale.

Par la suite, Johnson connaît beaucoup de succès comme auteure-interprète de standards de jazz et de la musique populaire. Ses albums suivants sont également salués par la critique internationale. En 2002, l'Evening Standard du Royaume-Uni la décrit comme étant « un des secrets les mieux gardés du jazz torontois » et, en novembre 2006, on peut lire dans le Globe and Mail : « Si l'avenir de la chanson jazz dépend du parfait équilibre entre le jazz et la pop, Molly Johnson semble être la personne toute désignée pour y parvenir ».

Les nombreux spectacles présentés dans toute l'Europe permettent à Johnson de s'attirer un public fidèle, notamment en France. Elle se produit en concert sur les principales scènes du Canada, entre autres au Massey Hall, au Roy Thomson Hall et au Glenn Gould Studio, et chante au « Live at the Rehearsal Hall » sur la chaîne Bravo!. Elle se produit souvent dans les festivals de jazz au Canada, que ce soit à Montréal, à Toronto, à Ottawa, à Edmonton, à Halifax ou à Calgary. En 2008, elle diversifie sa carrière et devient animatrice à l'émission « CBC Radio 2 Morning » présentée le week-end sur le réseau anglais de la SRC.

Prix et récompenses

Molly Johnson reçoit le prix Juno de l'album vocal de jazz de l'année en 2009 avec LUCKY, et ce, après avoir été en nomination dans cette catégorie en 2001, en 2003 et en 2007. En 2009, elle reçoit un National Jazz Award de la meilleure interprète féminine. En 2008, elle est nommée Officière de l'Ordre du Canada en reconnaissance de sa contribution à la musique canadienne et pour son travail au sein de l'organisation caritative pour le SIDA Kumbaya Foundation, qu'elle cofonde en 1992.

Discographie (sélection)

Alta Moda
Alta Moda : 1987; Current PEC 80126

Infidels
Infidels : 1991; I.R.S. XR 13110

Solo
Molly Johnson : 2000; Marquis Records 7 7471-81283-2-4

Another Day : 2002; Marquis Records DPRO 3000

Messin' Around : 2006; Universal Music Canada 0251700304

LUCKY : 2008; A440 Entertainment/ Universal Music Canada 0251786014