Finances, ministère des

Officiellement constitué par une loi en 1869, le ministère des Finances garde le nom, la structure et le personnel qu'avait le petit ministère des Finances de la province du Canada avant la Confédération. À l'origine, sa principale fonction était de tenir la comptabilité en administrant la perception et la dépense des deniers publics, ainsi que le service de la dette. C'est pendant la Première Guerre mondiale que, pour la première fois, le gouvernement fédéral emprunte de l'argent aux particuliers et les impose directement, sous forme d'emprunts de la Victoire et d'impôts sur le revenu. Cette façon de faire complique la tâche du ministère, mais sans la modifier radicalement. La crise des années 1930 et la Deuxième Guerre mondiale transforment le ministère en une confrérie de gestionnaires économiques nationaux. Pour la première fois, des économistes ayant une formation universitaire comme Clifford Clark, W.A. MACKINTOSH, R.B. BRYCE et Ken Eaton occupent des postes de direction.

L'expansion économique massive qui se produit pendant la guerre (le produit national brut double et les dépenses fédérales annuelles totales décuplent comparativement à celles de 1939) élargit l'influence du ministère et, plus généralement, celle de l'ensemble du gouvernement fédéral. Les structures financières sont définitivement modifiées pendant la Deuxième Guerre mondiale par l'instauration de l'ASSURANCE-CHÔMAGE (1941) et des(1944). Fait plus important, en 1939 les fonctionnaires du ministère introduisent une nouvelle façon d'élaborer le budget fédéral. Au lieu de tenter simplement d'équilibrer les dépenses et les recettes, comme avant la guerre, ils commencent à utiliser leurs pouvoirs d'imposition et à dépenser les deniers publics dans le but d'influencer le développement économique en général. La gestion de l'économie, surtout au moyen de la POLITIQUE BUDGÉTAIRE, demeure aujourd'hui la fonction la plus importante du ministère. La BANQUE MERCANTILE DU CANADA et le VÉRIFICATEUR GÉNÉRAL DU CANADA rendent des comptes au Parlement par l'entremise du ministre des Finances.