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Hôpitaux indiens au Canada

Pendant le 20e siècle, le gouvernement fédéral met en place des « hôpitaux indiens », des établissements de santé ségrégués destinés au traitement des membres des Premières Nations et des Inuits au Canada. À la fin des années 1800 et au début des années 1900, le gouvernement finance des missionnaires chrétiens pour un apport de soins hospitaliers de base sur certaines réserves, mais élargit fortement son réseau d’hôpitaux indiens après la Deuxième Guerre mondiale. En 1960, le gouvernement possède 22 hôpitaux et plus de 2 200 lits, principalement en Ontario et à l’ouest du pays. Les hôpitaux indiens n’offrent pas de remèdes autochtones ou de services de sages-femmes, et n’adoptent pas une vision holistique des maladies et de leur traitement. Au contraire, les hôpitaux sont destinés à être conséquents avec les objectifs d’assimilation et à remplacer la médecine traditionnelle par de la biomédecine. Même si leur création est justifiée par le besoin d’isoler les patients atteints de tuberculose, les établissements sont administrés comme des hôpitaux généraux et basent les admissions sur le statut d’Indien plutôt que sur la maladie. Beaucoup de personnes ont à l’évidence été bien traitées dans ces hôpitaux, mais les patients, souvent loin de chez eux, se rappellent la solitude, la vulnérabilité et la peur ressenties. Certains rapportent même des maltraitances dans des établissements étrangers où le personnel ne comprenait ni leur langue ni leur culture. Jamais un programme de formation médicale n’est offert aux Autochtones dans les hôpitaux indiens. Avec l’arrivée de l’assurance-maladie à la fin des années 1960, le gouvernement commence à fermer les hôpitaux indiens, à l’exception de ceux de Norway House et de Hodgson, au Manitoba, lesquels restent toujours ouverts.