York Factory

Fondé en permanence en 1684 par le gouverneur George Geyer de la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON (CBH), York Factory, au Manitoba, est un poste de traite situé sur la rive Nord de l'embouchure de la rivière HAYES. Il s'agit du plus ancien établissement permanent de cette province. Jusqu'à ce que l'Angleterre en prenne possession grâce au TRAITÉ D'UTRECHT en 1713, les Français et les Anglais s'en emparent à tour de rôle. Le comte de La Pérouse pille et brûle l'établissement en 1782. Ce poste de traite, qui draine le commerce de l'ensemble de la région du Nord-Ouest au moyen du réseau de la rivière SASKATCHEWAN, est le plus important poste de la CBH. Toutes les marchandises à destination de l'Ouest et les fourrures en provenance de l'arrière-pays transitent par York Factory et, jusqu'en 1774, le volume des échanges de cet établissement dépasse celui de tous les autres postes de la baie d'Hudson. Le commerce décline après 1774 lorsque la CBH multiplie ses activités à l'intérieur du continent, mais l'endroit demeure le principal dépôt pour les expéditions. En 1821, le quartier général du Département du Nord s'y installe. Après 1850, étant donné que le transport coûte près des deux tiers moins cher aux États-Unis, l'établissement perd rapidement de l'importance. Vers 1870, ce n'est plus qu'un poste de traite côtier et le milieu environnant ne suffit pas à assurer sa subsistance et la survie de la population formée d'Européens, de Métis et d'Amérindiens. Le déboisement et la chasse excessive dans la région font grimper les coûts de fonctionnement; de plus, les profits sur les fourrures locales se font rares. La vocation de quartier général de York Factory se termine en 1873 et l'endroit continue à décliner jusqu'à sa fermeture en 1957. Les titres de propriété sont cédés en 1968 à la Commission des lieux historiques nationaux. De nos jours, il ne reste plus qu'une petite clairière, le grand dépôt et une dépendance. Le dépôt, érigé au début du XIXe siècle, résiste au PERGÉLISOL grâce à plusieurs innovations techniques. Les poutres et les grands piliers sont joints de façon à aménager suffisamment d'espace pour le déchargement et le rangement, tandis qu'une série de fossés creusés sous le bâtiment drainent l'eau de surface. Les archéologues ont déterré les vestiges de constructions et de campements plus anciens laissés par les Amérindiens qui fréquentaient l'endroit, ce qui laisse croire qu'on y trouvera beaucoup d'artefacts. Toutefois, le climat très rigoureux et les débordements de la rivière détruisent continuellement et graduellement l'ensemble du site.