Formation

Norma Ford Walker reçoit un baccalauréat de l’Université de Toronto en 1918 et un doctorat en zoologie en 1923. Elle rédige sa thèse de doctorat, A Comparative Study of the Abdominal Musculature of Orthopteroid Insects, sous la supervision d’Edmund Murton Walker, qu’elle épousera plus tard. Les premières recherches de Norma Ford Walker se concentrent en effet sur ces insectes (tels que les grillons et les criquets), ainsi que sur la grande mouche grise Wohlfahrtia vigil et les grylloblattes (Grylloblattodea).

Carrière

Tout comme son cours universitaire, la vie professionnelle de Norma Ford Walker, qui s’étend de 1917 à 1962, se passe à l’Université de Toronto. De 1917 à 1918, elle est assistante d’enseignement en biologie, puis, de 1918 à 1923, assistante spéciale en sciences ménagères (voir Économie domestique). Après l’obtention de son doctorat, elle est engagée comme secrétaire au département de zoologie. En 1924, elle devient la première femme au département à occuper un poste pédagogique. Peu à peu, elle parvient à faire sa place dans le monde universitaire et est promue chargée de cours en 1925, professeure assistante en 1930, puis professeure associée de biologie humaine en 1937. Bien que les sources se contredisent quant à la chronologie de la carrière de Norma Ford Walker, particulièrement vers la fin de ses années d’activité, les recherches de Fiona Miller, historienne en sciences de la santé, suggèrent que le titre officiel de Norma Ford Walker passe de professeure associée de génétique humaine en 1949 à professeure agrégée en 1958, soit seulement quatre ans avant sa retraite. En outre, en 1940, elle est engagée comme consultante à temps partiel au Hospital for Sick Children, à Toronto.

Recherches en génétique humaine

Malgré sa formation en zoologie des invertébrés, Norma Ford Walker s’intéresse à l’étude de la génétique humaine après la naissance des quintuplées Dionne, en 1934. Les quintuplées font l’objet d’une étude de recherche menée par la St. George’s School for Child Study, à l’Université de Toronto. Norma Ford Walker et son collègue sont responsables de découvrir si les cinq fillettes sont génétiquement identiques (ce qui s’avère le cas).

À l’époque, la génétique humaine est considérée comme une science « secondaire » et a la réputation de manquer de rigueur. C’est l’une des raisons pour lesquelles le domaine est plus ouvert aux femmes scientifiques, qui sont elles aussi perçues comme « inférieures » par leurs homologues masculins (voir aussi Femmes et éducation). Norma Ford Walker devient ainsi une pionnière dans le domaine de la consultation génétique, ou héréditaire, soit l’analyse d’antécédents médicaux afin de déterminer quelles sont les chances qu’une maladie soit récurrente au sein d’une famille (voir Maladies héréditaires). Elle est également connue pour son utilisation de la dermatoglyphie, soit l’étude des empreintes de la peau des mains ou des pieds, en tant qu’outil de recherche sur les jumeaux ou le syndrome de Down.