Peuplement

Peuplement autochtone

Vancouver est située sur le territoire traditionnel des Premières Nations Squamish, Musqueam et Tseil-Wauluth, membres du groupe linguistique des Salishs de la côte. Les ancêtres de ces groupes se sont établis dans la région il y a plus de 8 000 ans. Pour le peuple des Salishs de la côte, tout comme pour les autres groupes autochtones de la côte nord-ouest du Canada, le saumon constitue la principale source de nourriture. Leur alimentation est aussi basée sur d’autres poissons, les crustacés et les mammifères terrestres, les plantes et les baies. L’abondance du saumon, qui peut être préservé grâce au séchage ou au fumage, crée une source de nourriture stable et permet aux Salishs de la côte de vivre en groupes plus importants et plus socialement stratifiés que ce qui constituait la norme chez les peuples autochtones du Canada. Leur grande richesse et leur organisation sociale complexe ont engendré des institutions culturelles élaborées, comme en témoignent les cérémonies de potlatch.

Peuplement européen

José Maria Narváez, un explorateur espagnol, est le premier, en 1791, à découvrir le site de ce qui constitue maintenant Vancouver. Un an plus tard, le capitaine George Vancouver, un navigateur anglais, et les Espagnols Dionisio Alcalá-Galiano et Cayetano Valdés se trouvent aussi dans la région (voir Sutil et Mexicana). Pendant ces explorations initiales, ils entrent tous en contact avec les Autochtones. Toutefois, ce contact est au départ éphémère puisque la région est secondaire dans le commerce maritime des fourrures.

Le premier village permanent européen de la région est Fort Langley, établi en 1827, et le premier centre urbain est New Westminster, établi en 1859. À la différence du reste de l’ouest du Canada, le titre autochtone sur les terres de la Colombie-Britannique, y compris le Vancouver d’aujourd’hui, ne s’est pas éteint avec les traités. Au lieu de cela, en 1859, elles ont été proclamées comme étant les terres de la Couronne, sans aucune négociation avec les communautés autochtones impliquées.

Croissance

XIXe siècle

Vancouver voit le jour lorsque le vice-président du Canadien Pacifique (CP), William Van Horne, annonce que la compagnie prolongera sa voie 20 km à l'ouest du terminus statutaire de Port Moody afin de profiter d'un meilleur port et d'un meilleur terminus. Le gouvernement provincial donne au CP plus de 2500 ha de terres publiques et des propriétaires privés font également don de terres. Le 6 avril 1886, le corps législatif provincial entérine la constitution de la ville de Vancouver, nom qu'avait suggéré Van Horne en l'honneur de l'explorateur anglais. Les contribuables élisent Malcom A. MacLean, négociant en biens immobiliers, comme premier maire.

Puis, le 13 juin, un feu de brousse se propage, faisant au moins onze victimes et détruisant des bâtiments délabrés. La reconstruction rapide par les habitants donnera lieu à une inestimable publicité. Le CP, le plus important propriétaire foncier individuel, reconnaissant la valeur d'une croissance méthodique, fait la promotion du développement en conséquence. Des promoteurs privés, tel que David Oppenheimer, maire de la ville de 1888 à 1891, font de la publicité pour la ville et, au moyen de primes en espèces et de réduction de taxes, attirent de nouvelles industries telles que la BC Sugar Refinery. Plusieurs quartiers et rues de Vancouver portent le nom de dirigeants du CP, témoignant de l’influence de la compagnie dans la croissance et le développement de la ville.

La crise du milieu des années 1890, ressentie partout sur le continent, freine temporairement la croissance de la ville, mais grâce à l'agitation entourant la ruée vers l’or du Klondike (1897-1898), la prospérité revient à Vancouver. Au début du siècle, la ville supplante Victoria, la capitale provinciale, comme centre commercial majeur de la côte ouest du Canada, non seulement dans ce domaine, mais aussi comme site des filiales de la côte pacifique des entreprises canadiennes de l'Est.

Début du XXe siècle

L'essor économique d'avant-guerre élargit les marchés des produits de la Colombie-Britannique tels que le poisson, le minerai et le bois d'œuvre. La plus grande partie du bois d'œuvre est vendue dans les Prairies. Le début de la crise économique mondiale de 1913 et de la guerre de 1914 diminue grandement le commerce, ralentit l'expansion des chemins de fer et, ajouté à la diminution des ressources, met fin à une bonne partie de l'essor minier des districts de Kootenay et de Boundary.

Au cours des années 1920, la croissance reprend et Vancouver supplante Winnipeg comme ville principale de l'Ouest canadien. Le commerce d'exportation des céréales se maintient remarquablement bien pendant la crise des années 30, mais la ville connaît un taux de chômage élevé, surtout à partir du moment où les chômeurs de l'ouest du Canada considèrent Vancouver comme une véritable « Mecque » en raison de son climat tempéré. L'agitation parmi les chômeurs provoque plusieurs incidents, notamment la lecture du Riot Act par le maire G.G. (Gerry) McGeer en 1935 (voir aussi Marche sur Ottawa).

Le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale et le développement des industries de guerre, surtout la construction navale, mettent fin au chômage, mais réduisent considérablement le commerce des céréales. Le commerce s'accroît lorsque les navires redeviennent disponibles après la guerre, surtout après que le Canada ait commencé à vendre d'importantes quantités de blé à la Chine en 1961.

Pendant la guerre, Ian Mackenzie, le député de Vancouver-Centre, est une figure dominante du retrait des Japonais de la côte. À la première étape de l’internement, plusieurs des Japonais des communautés côtières à l’extérieur de la ville résident de façon temporaire sur l’aire d’exposition du parc Hastings de Vancouver avant d’être relogés à l’intérieur. Les résidents japonais de la province, y compris à peu près 8 600 de Vancouver, voient leur propriété confisquée par le gouvernement fédéral et vendue à des taux bien en deçà de leur valeur foncière (Voir Canadiens japonais). Au même moment, on constate une augmentation de la population en général avec les industries de guerre, en particulier la construction navale, qui attirent des gens à la ville.

Tout comme la population japonaise de Vancouver, la population chinoise est aussi confrontée à de la discrimination raciale dès les premiers jours du développement de la ville. Possédant une large part de la ruée vers l’or dans la région et considérant le rôle que les travailleurs chinois ont joué dans la construction du Canadien Pacifique, Vancouver a toujours compté une importante communauté chinoise, y compris un quartier chinois qui, dès ses débuts, a servi de pôle résidentiel, social et économique. Quoiqu’en partie un lieu de rencontre naturel, le quartier chinois s’est aussi développé en raison des restrictions empêchant les Chinois d’acheter des propriétés en dehors de la région jusque dans les années 1930. Aujourd’hui, le quartier chinois représente surtout un quartier social et commercial alors que les descendants du pionnier chinois ont tendance à vivre dans toute la ville tandis que les nouveaux immigrants se sont surtout déplacés vers la ville de banlieue de Richmond.

Moitié du XXe siècle à aujourd’hui

Après la guerre, Vancouver accroît son rôle de centre de sièges sociaux, accueillant des corporations provinciales comme BC Forest Products, Cominco (Teck Cominco depuis 2001) et MacMillan Bloedel, différentes petites entreprises, les principaux syndicats provinciaux ainsi que les bureaux régionaux d'entreprises nationales, telles que les banques à charte.

En 1967, dans le cadre d’un projet controversé de renouveau urbain, la ville de Vancouver entame le nivellement du quartier Hogan’s Alley et certaines parties du quartier chinois. Pendant plusieurs décennies, Hogan’s Alley a été le centre de la communauté noire de Vancouver. On retrouve plusieurs autres groupes d’immigrants dans le quartier et dans Strathcona, qui est à proximité. Ceux-ci, comme les Canadiens africains, ne peuvent pas vivre ailleurs dans la ville en raison de la discrimination dans l’accès au logement. Ces dernières années, des efforts ont été faits pour célébrer le quartier par l’intermédiaire d’initiatives du gouvernement et de la communauté comme un timbre émis par Postes Canada en février 2014 dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs.

Vancouver est sous les feux de la rampe en 1986 lorsqu'elle accueille Expo 86, une exposition internationale consacrée aux transports. Le prince et la princesse de Galles inaugurent l'Expo où affluent plus de 20 millions de visiteurs. On reconnaît qu'elle a été un catalyseur de changement. Plusieurs hôtels de luxe, Canada Place et le dôme géodésique qui abrite le Science World font partie de son héritage.

En dépit d'un déclin de l'industrie forestière et de la disparition d'importantes sociétés comme MacMillan Bloedel et BC Forest Products, la ville demeure un centre de services aux entreprises et un centre financier régional.

En 2014, le conseil municipal de Vancouver vote à l’unanimité, reconnaissant que la ville est située sur des terres autochtones non cédées. La décision plaide en faveur d’une plus grande implication des représentants dans le développement de politiques et de pratiques qui respectent les traditions autochtones, quoique cela n’ait aucun impact juridique sur les négociations de traités avec les gouvernements provincial et fédéral.

Paysage urbain

La beauté naturelle de la ville est mise en évidence par les montagnes comme toile de fond, la mer à proximité et la présence à l'intérieur des limites de la ville de régions sauvages comme Stanley Park. Les premiers arpenteurs, pour la plupart à l'emploi du CP, disposent généralement les rues selon une grille qui fait fi des caractéristiques naturelles du paysage telles que les pentes abruptes.

Hormis l'établissement de bornes d'incendie et un effort pour maintenir les industries polluantes en périphérie, la ville ne se soucie guère de l'aménagement du territoire avant la fin des années 1920, époque à laquelle elle charge l'entreprise américaine Harland Bartholomew and Associates d'établir un plan d'urbanisme. La ville adopte quelques-unes de ses propositions, telles qu'un règlement de zonage détaillé, mais elle ne peut les mettre en application avant la fin de la Deuxième Guerre mondiale. On voit cependant apparaître des modèles précis d'aménagement du territoire. Ainsi, les citadins les mieux nantis ont tendance à s'installer à l'ouest de la rue Cambie, où les promoteurs subdivisent les terres en gros lotissements, alors que les gens moins aisés habitent dans l'est, où les lotissements ne comptent parfois que 7,5 m de façade. Un boom immobilier amorcé au début des années 1990 entraîne les prix les plus élevés des maisons au Canada, même dans la partie moins en vogue de l'Est.

Depuis les années 1960, le vieux cœur de la ville subit d'importantes transformations. Les urbanistes soumettent des projets d'aménagement du territoire, les élus municipaux en discutent et en modifient quelques-uns, et les promoteurs privés financent la majorité des nouvelles constructions. Dans le centre-ville, une forêt de tours à bureaux et d'hôtels de 20 à 40 étages, y compris des ensembles tels que les centres Bentall, Royal, Pacific et Vancouver, remplacent les immeubles de vente au détail de deux ou trois étages datant d'avant la Première Guerre mondiale.

L’Université de la Colombie-Britannique, fondée en 1908 et située à Point Grey, qui est la porte d’entrée dans English Bay et dans la baie Burrard. Dans les années 1980, l’Université Simon Fraser (fondée en 1965) ouvre un campus satellite au centre de la ville (son campus principal est situé sur la montagne Burnaby). D’autres établissements postsecondaires comprennent : le collège Langara et le collège communautaire de Vancouver, l’Emily Carr University of Art and Design et, dans la région métropolitaine de Vancouver, le collège Douglas, l’Université polytechnique Kwantlen et l’Institut de technologie de la Colombie-Britannique.

Sur le plan architectural, parmi les nouveaux bâtiments les plus intéressants, citons la Provincial Court House, le Robson Square Conference Centre et la Canada Place. La Canada Place, point de repère construit pour Expo 86, comprend l'hôtel de 500 chambres Pan Pacific (1983-1986) et sert maintenant de centre d'affaires et des congrès ainsi que de terminal pour les paquebots de croisière. La ville est un terminal populaire pour les paquebots de croisière en route vers l'Alaska.

False Creek, qui donne sur English Bay et l’île Granville à l’intérieur de celle-ci, sont représentatives de la situation postindustrielle de la ville. Dès la fondation de cette dernière, cette région, qui jouit d'un accès facile au transport ferroviaire et maritime, abrite des terminus ferroviaires, des scieries, des ateliers d'usinage et des industries connexes. Dès les années 1950, les progrès technologiques de l'industrie du bois d'œuvre et le vieillissement des usines font de False Creek un centre industriel en déclin. Après de nombreuses études et controverses, la ville décide de construire des maisons de ville et des appartements en 1976 sur le côté sud-est de False Creek. Le Village des athlètes des Jeux olympiques de Vancouver de 2010 y est aussi construit. Le Village est maintenant un quartier résidentiel polyvalent accueillant environ 1 100 appartements.

La partie est de False Creek est créée comme site industriel en 1915 pour fournir des terrains au Canadian Northern Railway (aujourd'hui le Canadien National) et au Great Northern Railway (aujourd'hui le Burlington Northern). Elle fournit toujours de l’espace pour des gares de triage et diverses entreprises commerciales.

Du côté nord de la crique, sur des terres occupées autrefois par les gares ferroviaires du CP, le gouvernement provincial a ouvert un stade de 60 000 places en 1983, première étape de la mise en valeur de BC Place. Le principal occupant de l'ancien emplacement d'Expo 86 est Concord Pacific Place, un complexe de tours à bureaux, d'espaces récréatifs et de tours d'habitations de luxe.

Le quartier résidentiel le plus ancien de la ville, soit l'extrémité est de Strathcona est un quartier où s’établissent traditionnellement les ouvriers et les bûcherons. Il devient éventuellement une communauté abritant de nombreuses minorités ethniques, dont la majorité appartient à la classe ouvrière. Plusieurs districts dont le quartier chinois, Japantown et Gastown sont connus en général comme étant le Downtown Eastside (DTES). Les entreprises locales ont souffert de la cessation du service de tramway en 1958 et du service de traversier sur la rive nord en 1959. Aussi, à la fin des années 1950, la ville commence un renouveau urbain et démolit quelques-unes des habitations les plus pauvres pour les remplacer par des projets de logements publics. Tel que mentionné plus haut, on retrouve parmi ces sites Hogan’s Alley. L’Association de propriétaires et de locataires de Strathcona s’oppose énergiquement à davantage de renouveau urbain craignant que cela détruise leur communauté. En 1967, la ville annonce son intention de construire une autoroute qui viendrait partager le quartier chinois. Une protestation contre le projet menée par les résidents locaux, les marchants du quartier chinois et les planificateurs communautaires, les défenseurs du patrimoine et les citoyens intéressés amène la ville à annuler le projet. Peu de temps après, le gouvernement fédéral d'accorder des fonds pour la restauration des installations existantes plutôt que d'entreprendre de nouveaux projets de remplacement sauvegarde ce qu’il reste de Strathcona.

Dans les années 1980, on observe un afflux d’individus dans le quartier, dont plusieurs composent avec des problèmes de santé mentale ou de toxicomanie. Ils s’installent dans la région en raison de l’offre de logements pour les personnes à faible revenu. Le DTES est un des quartiers les plus pauvres du Canada et est tristement connu pour ses taux élevés de criminalité, de violence et d’itinérance, de sida, d’utilisation de drogues illicites et d’une industrie du sexe qui prédomine. Depuis 2003, le DTES accueille aussi le premier site d’injection supervisé en Amérique du Nord. Aujourd’hui, les résidences et les propriétaires d’entreprises locales avec les trois paliers gouvernementaux ne ménagent pas leurs efforts pour revitaliser la région et pour mettre en valeur son dynamisme, sa diversité et son patrimoine. Le centre de Strathcone, qui repose sur la section est du DTES, s’embourgeoise.

Au cours des années 1960 dans le West End, des promoteurs privés, favorisés par de nouveaux règlements de zonage, se mettent à construire des tours d'habitations à l'endroit où des immeubles et des maisons de rapport appartenant autrefois aux premiers habitants fortunés de la ville ont été subdivisés en appartements et en garnis. Déjà en 1971, le West End est connu pour la densité de sa population, alors que, paradoxalement, Vancouver s'enorgueillissait jadis de ses résidences unifamiliales individuelles à propriétaire occupant. La plupart des maisons (et ceci est encore vrai pour la plupart des quartiers à l'extérieur du West End) sont des constructions à ossature de bois, d'où se dégage souvent l'influence du style architectural californien.

Population

Au cours de ses cinq premières années d'existence et de la décennie qui précède la Première Guerre mondiale, Vancouver connaît ses périodes de croissance les plus importantes avec l'arrivée d'immigrants des îles britanniques et de l'Ontario. L'expansion des années 1920, au cours desquelles Vancouver acquiert le statut de troisième ville du Canada, s'explique par l'annexion des municipalités-dortoirs avoisinantes de Point Grey et de South Vancouver en 1929, la croissance naturelle, un regain d'immigration en provenance de Grande-Bretagne et le début d'une importante immigration en provenance des Prairies.

Après une brève augmentation pendant et après la guerre, le taux de croissance de la population s'amenuise. Le recensement de 1976 indique une baisse absolue dans la ville proprement dite, alors que la population du Vancouver métropolitain dépasse le million pour la première fois de son histoire. Les prix élevés des immeubles de la ville amènent les jeunes familles à s'établir dans les municipalités de banlieue, en particulier à Burnaby, à Coquitlam, à Delta, dans la ville et le district de Vancouver-Nord, à Richmond et à Surrey. D'après le recensement de 2011, la région métropolitaine compte plus de deux millions d'habitants alors que la population de la ville proprement dite ne se chiffre qu'à 603 502 habitants.

De 1901 (première année pour laquelle on dispose de statistiques) à 1951, la population se compose aux trois quarts de personnes d'origine britannique, pour la plupart nées au Canada, qui dominent l'élite.

Jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le groupe ethnique non britannique le plus important et le moins bien accepté se compose d'Asiatiques, principalement des Chinois et des Japonais (voir Canadiens d’origine japonaise). L'émeute antichinoise de 1887, l'émeute antiasiatique de 1907, la tension entourant l'incident de Komagata Maru de 1914 et la décision du gouvernement fédéral en 1942 d'expulser de la côte tous les Japonais démontrent bien l'hostilité des habitants de Vancouver, tout comme celle d'autres habitants de la Colombie-Britannique d'ailleurs, envers les Asiatiques.

Après la Deuxième Guerre mondiale, le relâchement des barrières à l'immigration et l'attrait d'une économie florissante attirent de nouveaux immigrants, qui font de Vancouver une ville plus cosmopolite. Alors que les personnes d’origine britannique forment toujours 30 % de la population de Vancouver d’aujourd’hui, ce nombre est égal au nombre de personnes d’origine chinoise. Près de la moitié de la population de la ville est d’origine asiatique, principalement chinoise, suivie par philippine, indienne, japonaise et vietnamienne. La ville de Vancouver possède aussi un nombre significatif d’habitants d’origine allemande, française, italienne et ukrainienne.

En 1979, la commission scolaire rapporte que près de 40 % des enfants qui fréquentent l'école élémentaire parlent une langue maternelle différente de l'anglais. Dans l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, plus de 45 % de la population vancouvéroise ont déclaré que leur langue maternelle était une autre que l’anglais ou le français, le cantonais, le mandarin, d'autres dialectes chinois, le Tagalog et le pendjabi étant les plus fréquentes.

Économie et main-d’œuvre

De nos jours, Vancouver est une ville postindustrielle. Selon l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011, ceux qui travaillent dans le secteur manufacturier ne représentent que 5 % de la main-d’œuvre de la ville. La plupart des résidents de la ville travaillent dans le secteur des services professionnels, scientifiques et techniques, suivi par les services de la santé et d’assistance sociale, de commerce de détail, d’hébergement et de restauration et les services éducatifs.

La géographie de Vancouver concourt dans une large mesure à façonner l’économie de la ville. Grâce à sa proximité avec l’Asie et à son excellent port en eau profonde et ses infrastructures de transport, Vancouver est la principale plaque tournante du commerce avec l’Asie. Les relations internationales de la ville en ont aussi fait un important centre financier. Toutes les grandes banques du Canada et plusieurs banques internationales ont des bureaux à Vancouver, y compris le siège social canadien de la HSBC basée à Londres. Le fait d’entretenir des liens étroits avec les États-Unis et l’Asie a aussi contribué à favoriser d’autres secteurs de l’économie vancouvéroise comme les médias numériques, les technologies de l’information et de la communication et les sciences de la vie. Les grandes sociétés comme Microsoft, IBM et Nintendo conservent des bureaux à Vancouver. La ville a longtemps accueilli les bureaux administratifs des compagnies minières procédant à l’extraction de minéraux dans les montagnes de la Colombie-Britannique.

Le tourisme et les congrès contribuent grandement à l'économie de la ville, étant donné que les visiteurs y viennent pour profiter de ses beautés et de ses attraits ou pour se rendre ailleurs, comme au lieu de villégiature de Whistler. Tout comme les touristes, les cinéastes sont attirés par la beauté naturelle de Vancouver et de la Colombie-Britannique. L’industrie du cinéma s’articulant autour de Vancouver est la troisième en importance en Amérique du Nord, valant à la ville le surnom « Hollywood North ». S’inspirant des montagnes adjacentes, des forêts et de l’océan, Vancouver possède une forte et dynamique culture de plein air laquelle a généré une petite, mais considérable industrie produisant des vêtements de sport performants.

Transport

Le chemin de fer relie la ville au reste du Canada et en fait sans tarder le port le plus important de la côte du Pacifique au pays. Dès la création de la ville, des navires transpacifiques, notamment les paquebots Empress du Canadien Pacifique, y accostent régulièrement. Des compagnies de navigation côtière, y compris CP Navigation et Union Steamships, installent leurs bureaux centraux à Vancouver et des entreprises de l'Est établissent leurs filiales de la côte du Pacifique à Vancouver.

Le commerce intérieur se développe lentement en raison du manque de voies ferroviaires directes et des tarifs de marchandise discriminatoires, qui défavorisent les grossistes par rapport à Calgary et à Winnipeg pour assurer le commerce de la Colombie-Britannique continentale. Le gouvernement provincial réagit en offrant de l'aide aux nouvelles compagnies ferroviaires, notamment la Pacific Great Eastern et le Canadian Northern Pacific.

Après la Première Guerre mondiale, le transport maritime bon marché par le canal de Panama ouvre de nouveaux marchés au bois d'œuvre de la Colombie-Britannique sur la côte est américaine et rend l'Europe plus accessible. La fructueuse campagne de la province en faveur d'une réduction du tarif de fret permet à Vancouver de devenir un port d'exportation de céréales. Le port lui-même prend une expansion considérable et tombe sous la juridiction d'un organisme fédéral, le Conseil des ports nationaux, en 1936.

Dès 1963, Vancouver vient en tête des ports canadiens pour le tonnage, place qu'il occupe toujours. L’expédition des céréales et du bois d'œuvre, de la potasse et du charbon, nécessitent la construction d'installations portuaires spécialisées. On assiste donc au prolongement du port vers l'est jusqu'à Port Moody et vers le sud jusqu'au terminus de charbon (1970) et de conteneurs (1997) de Roberts Bank. En 2008, les différentes autorités portuaires de Vancouver, du fleuve Fraser et de North Fraser sont combinées pour former le Port Metro Vancouver, l'un des plus importants employeurs de la ville.

En raison de l'importance des pays côtiers du Pacifique, CP Air (aujourd'hui les Lignes aériennes Canadien International) établit son siège social dans la ville en 1949. Les transporteurs internationaux et intérieurs utilisent l'aéroport international, que le gouvernement fédéral agrandit considérablement après l'avoir acheté à la ville en 1961. Lorsque les Lignes font faillite en 2000, Air Canada reprend ses routes transpacifiques.

En 1992, le gouvernement fédéral cède le contrôle de l'aéroport à l'Administration de l'aéroport international de Vancouver qui, sous la marque « YVR », fait construire de nouvelles grandes pistes, ouvre un nouveau terminal international (1996) et agrandit le terminal national. Les vols en direction de l'Asie du Pacifique représentent environ 14 % de la circulation aérienne, mais les accords Ciels ouverts ont considérablement augmenté le nombre de vols directs vers les États-Unis, qui est toujours la destination la plus populaire. YVR annonce son intention d’améliorer ses installations et ses services dans le but de cibler le trafic en provenance d’Asie et du Pacifique en 2012.

Les banlieues de Vancouver sont reliées au transport en commun depuis le tournant du siècle. Les premiers tramways électriques au Canada font partie de la ligne interurbaine vers New Westminster (1891) et Chilliwack (1910) (voir Tramways). Dès les années 1950, en raison de la popularité grandissante des autobus et des automobiles privées, le service aux passagers est abandonné, mais on transporte toujours des marchandises sur cette ligne. En 1986, le SkyTrain, qui roule sur une voie surélevée (sauf au centre-ville, où la voie est souterraine) commence à desservir une grande partie de Vancouver, de Burnaby et de New Westminster. En 1994, l’aérotrain est prolongé pour desservir la banlieue en croissance de Surrey. En 2009, le nouveau Canada Line relie le centre-ville à l'aéroport et à la banlieue de Richmond.

Communications

Vancouver est le centre d'une industrie de l'édition en pleine activité. Par exemple, Douglas & McIntyre (fondé en 1971). De plus, les Presses de l'Université de la Colombie-Britannique sont un important éditeur d'ouvrages universitaires et un grand nombre de petits éditeurs se spécialisent dans les études régionales, les livres pratiques et la littérature.

Laville est desservie par deux quotidiens, le Sunet le Province, un certain nombre de journaux spécialisés, y compris l’hebdomadaire alternatif gratuit le Georgia Straight et un large éventail de journaux locaux et ethniques. Des publications indépendantes et populaires en ligne comme The Tyee et The Vancouver Observer représentent la réponse de Vancouver à la concentration des médias.

Administration et politique

Vancouver est unique parmi les municipalités de la Colombie-Britannique puisqu’elle est constituée sous le régime de la Charte de Vancouver (1953). Cette loi provinciale confère à la ville nombre de pouvoirs qui diffèrent de ceux accordés par la Loi sur les municipalités de la Colombie-Britannique. Toutefois, la ville demeure assujettie au gouvernement provincial qui doit ratifier chaque modification apportée à celle-ci. Par exemple, en 2009, le maire, Gregor Robertson doit demander à la province pour modifier la Charte, modification qui permettrait à la ville d’emprunter 458 millions de dollars pour compléter la construction du Village des athlètes en vue des Jeux olympiques d’hiver de 2010.

De 1929, moment où les municipalités de banlieue de Point Grey et de Vancouver-Sud ont fusionné à la ville, jusqu’en 1936, la ville de Vancouver est gérée par un maire et des échevins, élus dans 12 quartiers. La ville abolit le système de vote par quartier par plébiscite populaire en 1935 et adopte un système à grande échelle, c’est-à-dire que les candidats élus représentent la ville dans son ensemble. Aujourd’hui, le maire et ses dix conseillers, qui sont élus au suffrage universel pour une durée de trois ans, dirigent le conseil municipal. Un maire suppléant est choisi chaque mois parmi les conseillers.

Le conseil municipal de Vancouver, contrairement à la plupart des municipalités canadiennes, fonctionne avec un système de partis. Ce modèle provient de la formation de la Non-Partisan Association (NPA), une coalition de centre droit de libéraux et de conservateurs du milieu des affaires de 1937 et qui s’oppose à la domination des représentants de la Co-operative Commonwealth Federation de gauche. La domination de la NPA n’est confrontée qu’en 1972 à l'Electors Action Movement (TEAM) et, dernièrement, à plusieurs groupes de gauche, principalement la Coalition of Progressive Electors (COPE), dont le candidat, Larry Campbell, devient maire en 2002, huit des dix conseillers municipaux à ses côtés représentant son parti. Cette administration permet l’ouverture, dans la partie est du centre de la ville, du premier établissement d’injection sûr en Amérique du Nord. La NPA reprend le pouvoir en 2005, mais en 2008, Vision Vancouver, parti relativement nouveau, remporte la course à la mairie ainsi que sept des dix sièges au conseil.

Vancouver connaît sa première expérience de gouvernement métropolitain régional en 1913 avec la formation du Vancouver and District Joint Sewerage and Drainage Board. Les organismes métropolitains responsables de la compagnie des eaux, de la santé publique et de l'aménagement régional apparaissent plus tard. La croissance des municipalités de banlieue encourage le gouvernement provincial à créer un organisme élu, le Greater Vancouver Regional District (GVRD). En 1967, le GVRD assume la plupart des fonctions incombant aux premières agences, auxquelles se sont ajoutées de nouvelles responsabilités, telles que le financement de capitaux, les règlements de construction, le logement et le contrôle de la pollution de l'air. En 2007, il prend le nom Metro Vancouver qui comprend 23 membres au total, dont 21 municipalités, une circonscription et la Tsawwassen First Nation.

Vie culturelle

La Art, Historical and Scientific Association (l'un des premiers groupes organisés) fonde un musée en 1894. À l'occasion du centenaire de la Colombie-Britannique en 1958, la ville commence à construire un nouveau musée, un musée maritime, les archives de la ville, et, grâce au fonds de l'exploitant forestier, Harvey R. MacMillan, un planétarium. Quand le CP ouvre un opéra en 1891, Vancouver devient une halte régulière pour les compagnies théâtrales et les artistes de concert en tournées.

La diversité des résidents de la ville a contribué à la riche scène culturelle cosmopolite de Vancouver. Par exemple, la ville compte l'Orchestre symphonique de Vancouver et le Vancouver Opera. L'orchestre symphonique joue à l'Orpheum Theatre, tandis que les théâtres itinérants interprètent leurs pièces musicales dans The Centre in Vancouver for Performing Arts (auparavant le Ford Theatre, inauguré en 1995). Parmi les plus petits lieux de présentation figurent l'Arts Club Theatre et le Vancouver East Cultural Centre (connu sous le nom du Cultch).

La Vancouver Art Gallery (fondée en 1931) occupe ses locaux actuels situés dans l'Old Courthouse depuis 1983. L'architecte, Arthur Erickson et sa firme s’occupent de concevoir le projet de réinstallation.Celui-ci est aussi le concepteur du Museum of Anthropology (fondé en 1976) situé sur le campus de l'Université de la Colombie-Britannique. Ce musée très prisé des touristes et établissement de recherche est reconnu pour sa collection d'articles autochtones. Tout aussi saisissant, mais d'une autre façon, est le Library Square (1995), construit à l'image du Colisée de Rome, qui abrite la bibliothèque centrale publique.

La région de Vancouver offre de nombreuses possibilités de loisirs de plein air, notamment le ski et, à longueur d'année, le nautisme, le golf et la plongée sous-marine. La ville compte plus de 200 parcs, dont le plus grand et le plus important, Stanley Park, possède de nombreuses installations récréatives, notamment une promenade de 8,85 km au bord de la mer, endroit préféré des marcheurs et des joggers. Les visiteurs y trouveront aussi une collection de totems de renommée mondiale dans le Stanley Park, à Brockton Point et au Klahowya Village, qui offre une expérience complète de la culture autochtone grâce aux arts et à des représentations.

En février et en mars 2010, la ville est l’hôte des XXIe Jeux olympiques et paralympiques d’hiver. Équipe Canada réalise une performance historique et mémorable avec un total de 26 médailles, dont 14 d’or, ce qui établit un nouveau record pour le plus de médailles d’or remportées au cours des mêmes Jeux olympiques d’hiver.

Vancouver est une ville avec plusieurs équipes de sport professionnel. Les Lions de la Colombie-Britannique jouent dans la Ligue canadienne de football depuis 1954 et ont gagné la Coupe Grey à six reprises. En 2011, les Whitecaps FC de Vancouver joignent la Ligue majeure de soccer, alors que les Canucks de Vancouver jouent dans la LNH depuis 1970.

Le 14 juin 1994, une émeute éclate dans le centre-ville de Vancouver après que les Canucks aient perdu 7 des finales de la Coupe Stanley contre les New York Rangers. Plusieurs commerces sont pillés et subissent des dommages. Le 15 juin 2011, après que les Canucks s’inclinent à 7 devant les Bruins de Boston, le cœur du centre-ville est une fois de plus plongé dans une émeute. Plus d’une centaine de personnes sont blessées et il y a des dommages considérables matériels dans toute la ville.