Uranium

L'uranium (U) est l'élément le plus lourd qu'on trouve dans la nature, jamais à l'état métallique, mais toujours en combinaison avec l'oxygène, sous forme d'oxydes ou de silicates. C'est un métal dur, dense, malléable et d'un blanc argenté. C'est un élément assez commun de la croûte terrestre. Il est moins abondant que le cuivre, le nickel ou le zinc, mais il est 500 fois plus abondant que l'or. On le trouve à peu près partout en quantités infinitésimales : dans les océans, les cours d'eau et les eaux souterraines, dans la plupart des sols et des roches, et même dans la nourriture et les tissus humains. Ses propriétés radioactives en font un élément des plus utiles au genre humain.

Découverte de l'uranium

L'oxyde d'uranium est d'abord décelé en 1789 par M.H. Klaproth dans le minerai appelé pechblende (voir MINÉRAL). Henri Becquerel découvre sa propriété radioactive propre beaucoup plus tard (1896). Par la suite, la découverte, en 1898, du polonium et du RADIUM mène au développement de l'industrie du radium, dans laquelle le Canada joue un grand rôle. L'uranium est récupéré en tant que sous-produit du radium jusqu'en 1939. On lui trouve peu d'applications, sauf comme colorant céramique. Des progrès majeurs en PHYSICS nucléaire permettent de constater que les atomes d'uranium peuvent être séparés pour libérer une grande quantité d'énergie. On a tôt fait de s'apercevoir que cette énergie peut être exploitée pour produire de l'ÉLECTRICITÉ et des armes nucléaires. Aujourd'hui, l'énergie nucléaire répond à presque 20 p. 100 des besoins en électricité du Canada et à environ 60 p. 100 de ceux de l'Ontario. L'électricité est produite par des réacteurs CANDU, de fabrication canadienne, alimentés en grande partie par de l'uranium canadien.

L'uranium est d'abord découvert au Canada au milieu du XIXe siècle sur la rive Nord du lac Supérieur. Cependant, sur le plan économique, c'est Gilbert LABINE qui fait la première découverte canadienne d'uranium lorsqu'il repère, en 1930, le gisement Port Radium au Grand lac de l'Ours (Territoires du Nord-Ouest), d'abord exploité pour sa concentration en radium. On assiste à des découvertes majeures par la suite dans la région d'URANIUM CITY dans le Nord de la Saskatchewan (à la fin des années 40) et, de façon plus significative, dans la région d'ELLIOT LAKE dans le Nord de l'Ontario (au début des années 50). Le crédit de cette dernière découverte revient au géologue Franc Joubin, appuyé par le financier J.H. HIRSHHORN. Jusqu'au début des années 80, la majeure partie de la production canadienne d'uranium provient des camps d'Uranium City et d'Elliot Lake.

À partir des années 70, le Canada axe ses efforts d'exploitation d'uranium dans la région du bassin de l'Athabasca, dans le Nord de la Saskatchewan, où plusieurs grands gisements relativement riches ont été découverts. Certains sont mis en chantier au cours des années 80 et au début des années 90, tandis que des gisements d'uranium à teneur encore plus élevée font l'objet d'une évaluation environnementale; on vise la mise en production pour le début du XXIe siècle. Comme on prévoit la fermeture du dernier gisement d'uranium d'Elliot Lake au milieu de l'année 1996, on croit que le bassin de l'Athabasca en Saskatchewan demeurera la seule source d'uranium au Canada jusqu'au tournant du siècle.

La demande

La demande en uranium commence lors du lancement, en 1942, du projet Manhattan, un programme d'armes nucléaires des forces alliées. La plupart des industries de production d'uranium sont mises sur pied au début des années 50, surtout aux États-Unis, au Canada et en Afrique du Sud. La production atteint un sommet en 1959, année où le Canada compte 23 mines d'uranium, dont 19 usines de traitement du minerai. L'uranium occupe alors le quatrième rang parmi les principaux produits d'exportation du Canada, après le papier journal, le blé et le bois d'oeuvre. La production chute au début des années 60, et la reprise escomptée en raison de la demande d'uranium pour la production d'ÉNERGIE NUCLÉAIRE tarde à se concrétiser. Ce n'est qu'au milieu des années 70 que les prix et les activités du marché atteignent un niveau suffisant pour permettre une expansion considérable de l'exploration et du développement. À la fin des années 70, l'industrie est solidement rétablie. Au début des années 80, la production connaît un autre déclin dans certains pays, surtout aux États-Unis, en raison d'une augmentation de la demande en uranium plus faible que prévue. Si on parle d'exportations cumulatives, les États-Unis, le Canada et l'Afrique du Sud totalisent presque 75 p. 100 de la production occidentale jusqu'en 1986 avec l'Australie, la France, le Zaïre, le Niger et le Gabon qui comptent parmi les autres grands producteurs occidentaux.

Dans les années 80, pendant la deuxième étape d'attrition et de consolidation de l'industrie de l'uranium occidentale, le Canada prend la tête de la production et de l'exportation d'uranium. Environ 85 p. 100 de la production annuelle du Canada est exportée, surtout aux États-Unis, au Japon et en Europe de l'Ouest. À la fin des années 80, l'industrie occidentale de l'uranium fait face à un problème de taille à cause de l'effondrement du régime communiste en Union soviétique et en Europe de l'Est. La barrière rigide entre les industries des pays de l'Ouest et des pays de l'Est tombe et les grands surplus de production de ces derniers commencent à perturber les marchés occidentaux. La dissolution de l'Union soviétique, en 1991, et la fin de la guerre froide entraînent le démantèlement des armes nucléaires et de l'utilisation de l'ancien uranium militaire pour la production d'énergie nucléaire civile. Les États-Unis instaurent des mesures commerciales tandis que l'Union européenne impose de manière moins formelle des restrictions sur l'utilisation dans l'Ouest de l'uranium provenant des anciens pays de l'Est.

Équilibre mondial

Ces mesures contribuent à amortir le choc sur les marchés d'uranium occidentaux tandis que les producteurs d'uranium des pays de l'Est s'ajustent à l'économie de marché. En 1995, on se rend compte que les besoins en uranium représentent le double de la production actuelle d'uranium dans le monde, ce qui provoque une montée spectaculaire des prix de l'uranium. Il appert que l'exploitation de nouvelles mines à moindre coût en Saskatchewan est nécessaire pour maintenir un équilibre mondial entre l'approvisionnement et la demande en uranium au cours des prochaines années. Ces facteurs laissent croire que le Canada restera à la tête des fournisseurs d'uranium pendant bon nombre d'années à venir.