Historique et développement

Afin de répondre aux besoins en enseignement public, la Royal Institution for the Advancement of Learning est créé en 1801. En 1813, le marchand James McGill lègue son domaine à l’extérieur de Montréal et un fonds de 10 000 livres pour la création d’un collège dont il nomme fiduciaire la Royal Institution. Celle-ci obtient une charte pour l’University of McGill College en 1821. Les héritiers de McGill contestent son testament, mais les fiduciaires ont gain de cause au sujet du domaine. En 1829, ils prennent en charge la Montreal Medical Institution, une école rattachée à l’Hôpital général de Montréal, qui devient la nouvelle Faculté de médecine de l’université. Le litige entourant l’argent légué est finalement réglé en leur faveur. Le McGill College non confessionnel est construit sur la ferme du donateur. La Faculté des arts voit le jour en 1843.

En 1852, la Royal Institution fusionne avec le Collège McGill. Les administrateurs nomment John William Dawson, un jeune géologue de la Nouvelle-Écosse, au poste de directeur. Il s’emploie avec beaucoup de dynamisme à faire de McGill un établissement de réputation internationale. Son intérêt pour l’enseignement public l’amène à créer l’École normale McGill. Il prépare un plan pour que les écoles et collèges affiliés adoptent le programme d’études de McGill. En outre, il lance une tradition, celle de s’assurer la sympathie et l’appui financier de riches bienfaiteurs, tels que la famille Molson, lord Strathcona (voir Donald Alexander Smith) et sir William Macdonald. McGill ne reçoit que peu de financement public jusqu’au début des années 1960.

En 1885, les administrateurs adoptent formellement le nom « McGill University ». Le successeur de Dawson, William Peterson, favorise l’attrait de McGill pour les sciences médicales, biologiques et physiques. En 1898, il offre à Ernest Rutherford de l’Université de Cambridge un poste de professeur permanent à la Faculté de physique. Peterson encourage Henry Marshall Tory à fonder le McGill College à Vancouver (aujourd’hui l’Université de la Colombie-Britannique). Il persuade Macdonald de fonder le Macdonald College à Sainte-Anne-de-Bellevue, rattaché à McGill, en vue d’y enseigner l’agronomie, les sciences alimentaires et l’éducation.

Sous la direction de sir Arthur Currie, brillant commandant de corps canadien pendant la Première Guerre mondiale, l’école des études supérieures de McGill entreprend, de concert avec celle de Toronto, l’expansion des études de deuxième et troisième cycles au Canada. La médecine demeure prédominante entre les deux grandes guerres, avec des noms tels que James Bertram Collip et Wilder Penfield. La chimie doit beaucoup à Otto Maass et la physique, à John Stuart Foster. Le projet de sciences sociales de McGill, commencé en 1930 par Leonard Marsh, a grandement contribué à faire du Canada un État providence.

Cyril James, recteur de 1940 à 1962, mène la charge pour le financement des universités par le gouvernement fédéral. Pendant qu’il occupe son poste, les militaires démobilisés viennent gonfler le nombre d’inscriptions, qui passe de 3 400 en 1939 à plus de 8 000 en 1948. Après la guerre, l’éventail des programmes s’élargit, et, aujourd’hui, les différentes sciences humaines ont pignon sur rue à McGill. Stephen Leacock, Hugh MacLennan et Frank Scott apportent leurs contributions aux facultés des lettres et de droit. Dans les années 1960 et 1970, McGill survit à la contestation des étudiants et s’accommode du regain du nationalisme francophone.

Programmes

McGill fait partie du réseau universitaire du Québec tout en conservant beaucoup de latitude quant à sa tradition d’excellence en enseignement et en recherche. L’université abrite l’École d’éducation permanente, le Bureau des études supérieures et postdoctorales (BESP) et 10 facultés : arts, droit, génie, gestion, médecine, médecine dentaire, musique, sciences, sciences de l’agriculture et de l’environnement et science de l’éducation. Ces facultés proposent près de 300 programmes d’études. L’Université comprend également quatre hôpitaux d’enseignement où sont formés plus de 1 000 professionnels de la santé au total. D’ailleurs, McGill trône régulièrement en première position au classement des universités du magazine Maclean’s pour son doctorat en médecine.

Rayonnement

On compte parmi les anciens élèves éminents Leonard Cohen, William Shatner, Irving Layton, Hume Cronyn, John Ralston Saul, Charles Taylor, Maureen Forrester, Madeleine Parent, Hubert Reeves, Ken Dryden, James Naismith, Maude Abbott, Carrie Derick, les anciens premiers ministres sir Wilfrid Laurier, sir John Abbott et le premier ministre Justin Trudeau. En 2016, McGill a célébré son 140e boursier de la Fondation Cecil Rhodes et comptait 12 gagnants d’un prix Nobel parmi ses professeurs et ses anciens étudiants.

Sa devise est « Grandescunt Aucta Labore » (« Par le travail, toute chose augmente et croît ») et sa couleur officielle est le rouge. Environ 40 000 étudiants à temps plein et à temps partiel sont inscrits à McGill en 2016-2017.