Territoire et population

Jadis une nation importante possédant de vastes territoires dans l’est de la baie Barkley, les Uchucklesaht ont été décimés par les maladies et la guerre dans les années qui ont suivi les premiers contacts avec les Européens. Au milieu du 19e siècle, leur territoire est déjà confiné à l’inlet Uchucklesit.

Aujourd’hui, les Uchucklesaht possèdent deux réserves au sud-ouest de Port Alberni : Cowishulth et Hilthatis (Ehthlateese). Cowishulth est sur le côté ouest de la baie Barkley, près de l’inlet Uchucklesit. Hilthatis est situé à la tête de l’inlet Uchucklesit.

Selon les registres de la tribu, celle-ci compterait 299 citoyens uchucklesaht, dont trois seulement vivent à Hilthatis.

Vie traditionnelle

Les Uchucklesaht vivaient probablement en bandes constituées de petites familles. Ils chassaient en fonction des saisons et des mouvements migratoires de certains animaux. Les mammifères marins et les poissons, tels que le saumon, étaient des éléments particulièrement importants de l’alimentation des Uchucklesaht.

Société

La société des Uchucklesaht était jadis gouvernée par les chefs héréditaires. Aujourd’hui, les chefs héréditaires partagent la gouvernance avec des représentants élus. Ayant acquis l’autonomie gouvernementale en 2011, les Uchucklesaht ont le pouvoir d’édicter des lois concernant leurs citoyens et leur communauté.

Culture

Les Nuu-chah-nulth ont une riche culture cérémonielle, caractérisée par l’organisation de festins et d’activités telles que des chants, des danses, des concours et des représentations théâtrales (voir aussi Potlatch).

Les Nuu-chah-nulth sont également réputés pour leurs magnifiques objets en bois, notamment leurs canots, leurs mâts totémiques, leurs maisons multifamiliales et bien d’autres produits fabriqués à la main à partir du bois de cèdre (voir aussi Art autochtone de la côte nord-ouest).

Langue

Les Uchucklesaht parlent un dialecte dérivé du nuu-chah-nulth (nuučaan̓uɫ). Ce dialecte est menacé. En 2011, on ne comptait en effet que deux personnes qui le parlaient encore couramment. Des programmes et des politiques assimilationnistes, tels que les pensionnats indiens, subis par les Autochtones pendant des décennies, ont provoqué l’érosion de la pratique de l’uchucklesaht. Des efforts ont cependant été déployés au cours des dernières années pour revitaliser cette langue (voir aussi : Nuu-chah-nulth : Langue; Langues autochtones au Canada).

Religion et spiritualité

Le système de croyances nuu-chah-nulth est centré sur l’existence d’un créateur et d’esprits dont les pouvoirs peuvent être utilisés pour amener la paix et porter chance à la communauté. Les Nuu-chah-nulth croient que toute forme de vie est associée à un esprit, et qu’elle doit donc être respectée et appréciée. Les chamans se chargeaient de la santé spirituelle des gens en pratiquant la médecine traditionnelle et en organisant des rituels visant à guérir des maladies et à rétablir l’équilibre spirituel (voir aussi Autochtones : religion et spiritualité).

Histoire coloniale

Les Nuu-chah-nulth entrent en contact avec les marchands de fourrures européens dans les années 1770. Le mode de vie traditionnel des Uchucklesaht commence alors à changer avec l’installation prolongée et croissante de colons européens sur leurs territoires traditionnels. Les Uchucklesaht sont envoyés dans des réserves et soumis à la Loi sur les Indiens, aux pensionnats indiens et autres programmes et politiques fédérales visant à assimiler les Autochtones.Les Nuu-chah-nulth s’efforcent aujourd’hui de préserver et de revitaliser leur langue, leur culture et leur spiritualité.

Vie contemporaine

Les Uchucklesaht, tout comme plusieurs autres nations nuu-chah-nulth, ont signé le traité Maa-nulth, qui leur permet de jouir de l’autonomie gouvernementale depuis avril2011 (voir aussi Revendications territoriales globales : traités modernes). Ces nations autonomes ont certains pouvoirs dans le domaine de la citoyenneté et des activités législatives à l’intérieur de leurs territoires traditionnels. Les Uchucklesaht gèrent divers services économiques, commerciaux, sanitaires et communautaires pour leur communauté.

Ils font également partie du Conseil tribal des Nuu-chah-nulth, une association fondée en 1958 qui offre divers services aux près de 10 000 membres enregistrés, notamment des services de protection de l’enfance, d’éducation, de formation à l’emploi et d’autres initiatives socioéconomiques visant à soutenir la santé et le développement.