Le traité de Fort Stanwix, en 1768, est un traité autochtone entre les Haudenosaunee (aussi connus comme les « Six Nations » ou la « Confédération iroquoise ») et le superintendant des Affaires indiennes et du Nord canadien, sir William Johnson. Il s’agit du premier traité majeur négocié en accord avec la Proclamation royale de 1763. Cinq ans après que la Proclamation ait défini les montagnes Appalaches comme la frontière ouest des colonies, réservant ce faisant le vaste intérieur nord-américain aux Autochtones, le traité de Fort Stanwix repousse cette frontière à l’ouest de la rivière Ohio.

Le traité de Fort Stanwix tire son origine des entreprises de traite des fourrures en Pennsylvanie, qui se plaignent des dommages subis durant la rébellion de Pontiac. Ils demandent ainsi d’être indemnisés d’une nouvelle façon : avec les terres autochtones. William Johnson (lui-même spéculateur mobilier) veut créer, grâce au traité, une offre de terres majeure. Il cherche également à assurer la dominance continue de ses alliés de longue date, les Haudenosaunee.

Les Six Nations signent le traité dans leur territoire (au Fort Stanwix, à New York), et les paiements leur reviennent en majorité, même si les terres qu’ils cèdent en vertu du traité, soit la majorité de l’actuel Kentucky, du Tennessee, de la Virginie-Occidentale, du Maryland et de l’ouest de la Pennsylvanie, sont les terres ancestrales des Shawnee, des Delaware et des Cherokees. Cette cession provoque l’émergence de chefs Shawnee inflexibles, en particulier les frères Tecumseh et Tenskwatawa, dans le débat parmi les peuples autochtones des Grands Lacs et la vallée de l’Ohio à savoir qui possède l’autorité de signer des traités de cession de terres. Jusqu’à la fin de la guerre de 1812, ces chefs insistent pour que l’Angleterre honore sa promesse en vertu du traité de Fort Stanwix, qui veut que la rivière Ohio demeure la frontière est d’un territoire autochtone reconnu à l’international. À la mort de Tecumseh, durant la guerre, l’influence de la Confédération se désintègre.

Les peuples autochtones éprouvent un amer ressentiment quant au rôle des spéculateurs mobiliers dans la perte d’une grande part de leur territoire à la suite de la ratification du traité de Fort Stanwix. William Johnson espérait que le traité étancherait l’avidité des spéculateurs de l’Angleterre et des Treize colonies. C’est toutefois le contraire qui se produit : l’appât du gain fait apparaître de nouvelles entreprises de spéculation, comme l’Indian Company, qui compte parmi ses actionnaires le gouverneur du New Jersey et Benjamin Franklin.