Tahltan

Les Tahltans, peuple autochtone de langue athapascane, occupent une zone entourant la rivière Stikine, dans le Nord-Ouest de la Colombie-Britannique. Bien qu'ils se désignent eux-mêmes par plusieurs appellations, le mot « Tahltan » vient de la langue de leurs voisins, les TLINGITS. Le nom tlingit de l'emplacement du village situé à l'embouchure de la rivière Tahltan a servi à désigner de façon générale toutes les bandes identifiées aujourd'hui comme étant tahltanes. À la fin du XIXe siècle, un groupe de survivants SÉKANIS de langue athapascane immigrent dans la région et se joignent aux Tahltans à Telegraph Creek. Ce n'est qu'en 1905 que des RÉSERVES INDIENNES tahltanes sont établies dans cette région éloignée de la Colombie-Britannique. Depuis 1972, ces deux groupes sont administrés séparément par la bande des Iskuts (510 personnes, y compris les Sékanis vivant au lac Kinaskan) et la bande des Tahltans (1377 personnes). Telegraph Creek demeure leur village principal.

Système social

Les Tahltans sont répartis en six grandes divisions géographiques reconnues, chacune comprenant deux moitiés, Corbeau et Loup, divisées à leur tour en trois CLANS matrilinéaires. Un quatrième clan est issu des mariages entre Tahltans et Tlingits. Chaque clan a son propre territoire et son propre chef héréditaire, de même que son répertoire de noms, de contes, de chants, de danses et d'emblèmes qu'on déploie lors des cérémonies marquant les rassemblements de familles dans les principaux villages. Le chef de clan gère les activités de chasse et de piégeage, attribue un territoire particulier à chaque famille et arbitre les disputes, le cas échéant. Les chefs de familles et de clans détiennent aussi les droits héréditaires les plus importants. Ces individus forment une classe supérieure et assurent leur position grâce à leur conduite convenable, à leurs capacités et à leur richesse. Il n'existe cependant aucune nette distinction entre eux et les Tahltans ordinaires. Les esclaves, acquis par capture ou échange, viennent toujours d'autres bandes autochtones. Vers 1875, les chefs de clans acceptent de se regrouper sous un seul chef, en l'occurrence celui du clan Kachadi, qui est nommé grand chef.

Habitation

L'été, ils passent plusieurs mois dans des villages de pêche où ils vivent en commun dans de grandes maisons à pignons qui leur servent également de fumoirs. Les murs sont faits de perches de pin et d'épinette, et le toit est couvert de l'écorce de ces mêmes arbres. Cette saison de rassemblement est marquée par des fêtes, des visites et des échanges. À la fin août, ils se dispersent en groupes de quelques familles vers les camps de chasse des hautes terres, où ils vivent dans des abris en appentis faits de branchages et d'écorce. Pendant tout l'hiver, ils piègent et chassent la marmotte, l'écureuil et le gros gibier, comme la chèvre et le mouflon de montagne, le caribou, l'orignal et l'ours. Ils préparent leurs abris pour l'hiver en y rajoutant des branchages et en les remblayant.

Voyage
En hiver, ils se déplacent à l'aide de raquettes. Bien qu'il leur arrive de construire des canots d'écorce et des radeaux, ils ne sont pas des artisans accomplis dans ce genre de travail et disposent plutôt d'un choix de mocassins de bonne fabrication pour marcher en terrains accidentés. Vers 1850, ils commencent à recourir au chien comme animal de bât et, plus tard, pour tirer les traîneaux.

Économie

Le commerce entre bandes est important chez les Tahltans. Ils échangent des objets en cuir, des obsidiennes et des raquettes contre du cuivre, de l'huile d'oulachon et des coquillages apportés de la côte par les Tlingits dans les camps situés entre Telegraph Creek et la rivière Tahltan. La plupart des familles tahltanes considèrent ce centre de traite autour de Telegraph Creek comme le quartier général de la bande et s'y rendent au moins une fois par année. Ils traitent également avec les KASKAS et les Sékanis de l'intérieur. Après 1874, les marchands blancs participent à ce commerce et supplantent ainsi les Tlingits de la côte.

Au milieu du XIXe siècle, les activités de prospection le long de la Stikine contribuent à réduire la population des Tahltans et à changer profondément leur mode vie. Les nouvelles denrées et le travail salarié transforment leur économie traditionnelle et leurs activités saisonnières. Les missionnaires qui s'installent parmi eux au début des années 1900 bouleversent leurs croyances religieuses. Ils conservent malgré tout les éléments fondamentaux de leur culture, ce qui leur assure un noyau de traditions grâce auquel ils connaîtront un renouveau culturel et linguistique dans les années 80 et 90.