Tagish

Les Tagish sont une nation (voirPREMIÈRES NATIONS) comptant 1335 personnes dont le territoire traditionnel comprenait une série de lacs faisant partie des sources du FLEUVE YUKON et qui drainent le plateau intérieur dans le Nord de la Colombie-Britannique et dans le Sud du Yukon. Au XIXe siècle, Tagish constitue leur principal village, situé au confluent des lacs Tagish et Marsh, mais en raison de leur vie semi-nomade, ils n'y habitent qu'une partie de l'année. Après 1900, la plupart des Tagish, attirés par le chemin de fer, s'établissent en permanence à Carcross. Certains demeurent encore à Tagish, tandis que d'autres ont opté pour Whitehorse.

Économie traditionnelle

Traditionnellement, les Tagish étaient des chasseurs et pêcheurs des forêts boréales. Vers 1800, cependant, la quasi-disparition de la loutre de mer, causée par la traite des fourrures euroaméricaine, crée une demande pour les belles fourrures des animaux de l'intérieur. Les Tagish augmentent donc leurs activités de piégeage et agissent aussi comme intermédiaires entre les Athapascans, habitant plus loin à l'intérieur des terres, et les TLINGITS de la côte qui, jusqu'à la RUÉE VERS L'OR DU KLONDIKE (1898-1899), empêchent les Tagish de passer les cols des montagnes pour commercer directement avec les Blancs. On doit la découverte de l'or du Klondike à George Carmack, un Blanc qui prospectait la région des Hans accompagné d'un groupe de Tagish avec lesquels il vivait. La plupart des Tagish sont aujourd'hui des travailleurs salariés, mais ils s'adonnent encore à la chasse et à la cueillette.

À l'origine, la majorité de leurs ancêtres parlaient un dialecte tagish-tahltan-kaska de souche athapascane. Cependant, au début du XIXe siècle, avec l'accroissement de la traite des fourrures, la ruée vers l'or et le déplacement vers l'intérieur de deux clans des Tlingits de la côte, ceux du Loup (Aigle) et du Corbeau, de nombreux Tagish marient des membres de ces groupes et en adoptent graduellement la langue. Aujourd'hui, ils parlent presque tous l'anglais. Angela Sidney, une conteuse bien connue, décorée de l'Ordre du Canada en 1986, était la dernière à parler couramment le tagish. Décédée en 1991, elle a laissé plusieurs ouvrages qui font partie d'un corpus de plus en plus imposant de textes d'auteurs autochtones du Yukon.

Vie religieuse et culturelle

À la fin du XIXe siècle, chaque clan tlingit construit à Tagish une maison (voirHABITATION) de style côtier, qu'il orne de ses emblèmes. Les Tagish adoptent des Tlingits le concept de rang social associé à un groupe prédéterminé de noms propres qui se renouvelle à chaque génération par la réincarnation et est confirmé par des potlatchs commémoratifs complexes (voirAUTOCHTONES : LA CÔTE DU NORD-OUEST et POTLATCH). Ils conservent un riche répertoire de littérature orale, de chants et de danses reflétant l'étiquette sociale et les règles de moralité et instruisant les jeunes sur la façon de vivre en harmonie avec les puissants esprits de la nature qui régissent l'approvisionnement en gibier et en poisson.

Tout en demeurant fidèles à une partie de leur héritage traditionnel, les Tagish du XXe siècle sont devenus des guides accomplis de chasse au gros gibier, des pilotes, des fonctionnaires, des professionnels de la santé, des anthropologues ou détiennent d'autres emplois salariés. Leurs chefs ont aussi pris l'initiative d'assurer des services sociaux répondant aux besoins des Indiens inscrits ou non (voirINDIENS) et de fonder le Conseil des Indiens du Yukon (CIY), lequel a parrainé les négociations de leurs REVENDICATIONS TERRITORIALES qui ont abouti à une entente en 1993. Ils sont maintenant membres du Conseil des Premières Nations du Yukon (CPNY), créé en 1995 pour remplacer le CIY. La mission du CPNY est de mettre sur pied un gouvernement des Premières Nations du Yukon qui coexisterait avec les gouvernements territorial et fédéral.

VoirAUTOCHTONES : LA RÉGION SUBARCTIQUE et les articles généraux sous la rubrique autochtones.