Suzanne Clément

Suzanne Clément, comédienne. (12 mai 1969-). Diplômée du Conservatoire d'art dramatique de Montréal en 1993, formée à la Stanislavsky Summer School (Cambridge, États-Unis), elle débute sur les planches la même année en campant Esméralda dans Le Bossu de Notre-Dame, mis en scène par Guy Freix au Centre national des Arts. Elle touche aussi bien à la comédie burlesque (Ti-Zoune, Montréal, et les autres avec le Théâtre du Petit Chaplin, 1995, où elle interprète Manda Parent) que classique (L'Avare, Théâtre Profusion/Nouvelle Compagnie Théâtrale, 1995) et se produit sur le plateau de la Compagnie Jean-Duceppe dans la reprise de C'était avant la guerre à l'Anse-à-Gilles de Marie LABERGE, mise en scène par Monique Duceppe en 1997. Cette dernière lui offrira en 2002 un rôle dans la pièce Fleurs d'acier de l'Américain Robert Harling, qui sera présentée en tournée la saison suivante. C'est également chez Jean-Duceppe qu'elle est dirigée, en 1998, par Serge DENONCOURT dans La Grande Magia d'Eduardo De Filippo. Cette rencontre se révélera déterminante pour la jeune comédienne, qui développera une relation privilégiée avec le Théâtre de l'Opsis.

Cette collaboration soutenue avec l'Opsis est marquée le personnage de Nina dans Je suis une mouette (non ce n'est pas ça) d'après Tchekhov (en coproduction avec le THÉÂTRE DE QUAT'SOUS, 1999), un spectacle de Denoncourt qui fera l'objet d'une tournée au Québec et en Europe. Suzanne Clément fréquente à nouveau Tchekhov en jouant Ania dans La Cerisaie (en coproduction avec le TNM, 2000), toujours sous la direction de Denoncourt, puis Irina dans Les Trois Sœurs de Tchekhov (2001), montées par Luce Pelletier et Denis Bernard. En 2004, Luce Pelletier la dirige ensuite dans La Sirène et le Harpon de Pierre-Yves Lemieux, mais surtout dans le rôle-titre d'Elektra d'Hugo Von Hofmannsthal (2004) : son interprétation viscérale et sentie de fille vengeresse compte parmi ses plus grandes prestations au théâtre.

En 2005, elle campe Véra, la séduisante mère rebelle dans Jouliks de Marie-Christine Lê-Huu, mis en scène par Robert Bellefeuille au THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI. Si l'actrice semble s'être depuis éloignée de la scène, elle a multiplié les rôles au grand et au petit écrans. À la télévision, on la remarque dans Sous le signe du lion (1997, 1999) et Cover Girl (2004-2005), mais elle est bien sûr associée désormais au rôle-titre de la série Les Hauts et les bas de Sophie Paquin, présentée à Radio-Canada de 2006 à 2009. Ce personnage de jeune professionnelle monoparentale aux tribulations sentimentales rocambolesques lui a valu plusieurs nominations au Gala Artis et deux PRIX GÉMEAUX.

Au cinéma, elle fait sa première apparition dans Le Confessionnal de Robert LEPAGE (1995). Elle tient des rôles substantiels dans L'Audition de Luc Picard (2005), puis dans La Brunante de Fernand Dansereau (2007), où elle campe aux côtés de Monique MERCURE une jeune femme marginale qui devient l'accompagnatrice improbable d'une dame atteinte de la maladie d'Alzheimer. Elle obtient le prix de la Meilleure actrice - rôle de soutien dans un film canadien aux Vancouver Film Critics Circle Awards pour C'est pas moi, je le jure ! de Philippe Falardeau (2008), dans lequel elle incarne une jeune mère de famille en mal de liberté qui abandonne le foyer pour vivre sa vie, donnant à cette interprétation une vérité et une intensité remarquables.