Stoneys-Nakodas

Les Stoneys-Nakodas ou îyârhes Nakodabis, « Sioux des montagnes Rocheuses », sont apparentés sur les plans culturel et linguistique aux ASSINIBOINES des plaines, mais, en Saskatchewan et au Montana, leur langue et leur culture diffèrent. Ils parlent le dialecte nordique de la langue dakota. Leur tradition orale soutient que leurs ancêtres ont vécu depuis les temps immémoriaux dans les contreforts des montagnes Rocheuses. Selon les premiers écrits historiques (les RELATIONS DES JÉSUITES), les Stoneys-Assiniboines se sont séparés de la nation Dakota-Lakota un peu avant 1640, et on en déduit qu'ils ont immigré avec les CRIS vers l'ouest au moment où la TRAITE DES FOURRURES s'étendait le long de la rivière Saskatchewan. En 1670, Henry KELSEY, un employé de la COMPAGNIE DE LA BAIE D'HUDSON, voyage avec des trappeurs stoneys-assiniboines. L'autre récit d'une rencontre avec ces Indiens est celui du marchand Anthony HENDAY qui relate avoir vu des camps de Stoneys-Assiniboines à l'occasion d'un voyage en Alberta en 1754. De son côté, le père de Smet rapporte en 1840 que les Stoneys des montagnes Rocheuses se sont séparés des Assiniboines des plaines vers 1790, mais il faisait peut-être allusion à des groupes, comme la bande des Bearspaws, qui, selon la tradition orale, ont fui vers l'ouest pour échapper aux épidémies de variole.

Vie sociale et économique

Les bandes de Stoneys-Nakodas, généralement composées de familles élargies, habitent les contreforts des montagnes Rocheuses depuis le cours supérieur de la rivière Athabasca jusqu'au mont Chief dans le Montana. Ces gens des forêts et des contreforts chassent le bison et autre gros gibier. Après l'établissement d'Edmonton House (1795) et de ROCKY MOUNTAIN HOUSE (1799), ils font la traite de fourrures, de peaux et de viande fraîche et sont d'une importance inestimable en tant que guides pour les marchands de fourrures, les explorateurs (lord Southesk, John PALLISER, James HECTOR), les arpenteurs (voirCANADIEN PACIFIQUE et COMMISSION GÉOLOGIQUE DU CANADA) et les missionnaires. Ils sont initiés au christianisme par les missionnaires méthodistes après 1840.

En 1873, les révérends GEORGE et JOHN McDOUGALL fondent la mission méthodiste de Morleyville sur la rivière Bow. Les Stoneys, sous la direction des chefs Jacob Bearspaw, John Chiniki (ou Chiniquay) et Jacob Goodstoney, acceptent le Traité N° 7, à Blackfoot Crossing en septembre 1877. La première réserve de 282 km2, adjacente à la mission de Morleyville, est arpentée en 1879. Plus tard, les bandes Bearspaw et Wesley revendiqueront d'autres terres de réserve au sud et au nord. Les réserves de Bighorn (Kiska Waptan), à l'ouest de Nordegg, et d'Eden Valley, à l'ouest de Longview, sont créées en 1948, après des années de pétitions et de négociations. Des descendants des Stoneys des bois vivent aussi dans les réserves Alexis et Paul, à l'ouest d'Edmonton, établies en 1876 en vertu du Traité N° 6.

L'agriculture et l'élevage ont remplacé leur mode de vie traditionnel fondé sur la chasse, la pêche et le piégeage le long des contreforts des montagnes Rocheuses.

Base économique actuelle

La vie économique des Stoneys-Nakodas repose sur le piégeage, la chasse au gros gibier, les services de guides, l'élevage, l'exploitation forestière, l'artisanat, des emplois de manoeuvres et diverses professions. À Morley, les bandes Bearspaw, Chiniki et Wesley jouissent d'un haut niveau de vie grâce aux redevances qui leur sont versées par l'industrie du gaz naturel. Ils exploitent aussi différentes entreprises commerciales (des magasins, des restaurants, des stations-service, un centre de rodéo, un terrain de camping et le Nakoda Lodge). Leur vie sociale est centrée sur la famille et sur les activités culturelles : POW-WOWS, JOURS DE LA DISTRIBUTION, RODÉOS, stampedes et réunions de bandes. Les membres des trois peuplades nakodas habitent Morley, Bighorn et Eden Valley. En 1996, leur population comptait plus de 3400 personnes.