William Henry Steeves, sénateur (1867-1873), homme politique, négociant et marchand de bois (né le 20 mai 1814 à Hillsborough, au Nouveau-Brunswick; décédé le 9 décembre 1873 à Saint John, au Nouveau-Brunswick). Fidèle partisan de sir Samuel Leonard Tilley et des forces fédéralistes au Nouveau-Brunswick, William Henry Steeves est au nombre des délégués envoyés aux Conférences de Charlottetown et de Québec en 1864. Il se porte à l’appui de certaines réformes politiques ayant trait à la mise en place d’un gouvernement responsable et au traitement des maladies mentales.

Jeunesse

Bénéficiant d’une éducation de grande qualité – et donnant à plusieurs l’impression d’avoir des connaissances beaucoup plus poussées que celles transmises dans les écoles publiques locales, fait qu’il attribuera plus tard aux efforts de son professeur formé en Écosse –, William Henry Steeves grandit à Hillsborough. Son épouse Mary, de qui il aura six enfants, et lui ont en commun le même arrière-grand-père.

William Henry Steeves devient avec ses frères Gilbert et Joseph l’un des associés de la maison des frères Steeves, un commerce d’exportation de bois d’œuvre et de marchandises. Il déménage à Saint John, où il poursuit son commerce du bois et s’initie à la vie commerciale et financière de cette ville.

Carrière politique

En 1846, William Henry Steeves devient l’un des deux premiers députés de l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick à représenter le comté d’Albert. Réélu en 1850, il soutient l’année suivante un projet de loi en faveur d’un gouvernement responsable, projet de loi qui n’est ultimement pas adopté. Qu’à cela ne tienne, William Henry Steeves redouble d’efforts pour réformer le processus politique.

William Henry Steeves est nommé au Conseil législatif en décembre 1851, déclinant toutefois le poste d’arpenteur général qu’on lui offre l’année suivante. Lorsqu’un gouvernement réformiste lui propose le même poste en 1854, il l’accepte. Exposé aux critiques d’autres députés qui estiment que la nomination aurait dû provenir des représentants élus, il est contraint à la démission.

William Henry Steeves n’est pas au chômage longtemps. En mars 1855, il est nommé premier président du ministère des Travaux publics, nouvellement créé. Il appuie, dans le cadre de ses fonctions, plusieurs projets de chemin de fer, en particulier ceux qu’il considère avantageux pour Saint John. Dans les années 1860, il prend part aux discussions entourant la construction du chemin de fer Intercolonial, notamment dans le cadre d’une proposition d’aide financière par la Grande-Bretagne, qu’une délégation du Nouveau-Brunswick étudie à Québec en septembre 1862.

Hormis une courte période (1856-1857) pendant laquelle les chefs du gouvernement Charles Fisher et Samuel Leonard Tilley perdent le pouvoir, William Henry Steeves conserve la présidence jusqu’en 1861. Il devient alors ministre sans portefeuille du gouvernement fédéraliste de Samuel Leonard Tilley, jusqu’au remplacement de celui-ci en avril 1865.

Confédération

Ayant par le passé soutenu l’union des provinces maritimes et la Confédération, William Henry Steeves est fin prêt pour assumer ses fonctions de délégué du Nouveau-Brunswick à la Conférence de Charlottetown en septembre 1864, ainsi qu’à la Conférence de Québec le mois suivant. À en croire les archives, il n'a, à l'occasion de ces conférences, prononcé aucun discours d'importance.

Lors de l’élection par la colonie d’un gouvernement antifédéraliste en 1865, William Henry Steeves parvient malgré tout, grâce à son influence dans le comté d’Albert, à inciter les électeurs à appuyer les candidats en faveur de l’union. On le récompense pour son soutien indéfectible à la Confédération par un siège au nouveau Sénat du Dominion en 1867.

Voir aussi Le Nouveau-Brunswick et la Confédération.

Après la Confédération

Pendant ses années au Sénat, William Henry Steeves s’intéresse de plus en plus au traitement des maladies mentales. Cet intérêt est peut-être éveillé par le travail de son frère, le Dr James Thomas Steeves, qui deviendra plus tard surintendant de l’asile d’aliénés provincial de Saint John. William Henry Steeves favorise l’adoption de lois qui contribuent à améliorer les conditions des personnes atteintes de maladies mentales.

Parmi les descendants de William Henry Steeves figurent certains grands noms comme le 18e duc de Somerset, le Dr Laurence Johnston Peter (auteur du « principe de Peter »), et le politicien Jack Layton.

Héritage

Malgré une carrière beaucoup moins turbulente et controversée que celle de certains de ses contemporains, William Henry Steeves, par son appui indéfectible à sir Samuel Leonard Tilley et à la cause fédéraliste, a incontestablement contribué à l’entrée du Nouveau-Brunswick dans la Confédération.