Sites archéologiques de Blanc-Sablon

La région de Blanc-Sablon est située à l'extrémité est du Québec, tout près de la frontière du Labrador. Des travaux archéologiques s'y déroulent depuis près de 100 ans et ont permis d'y découvrir plus de 250 sites, ce qui en fait un des plus terroirs les plus riches de ce genre dans le Nord-Est américain. Les vestiges de cinq cultures y ont été repérés, l'Amérindienne (voir Autochtones du Subarctique), la Paléoesquimaude/Inuit, la Basque, la Française et l'Anglaise. Des familles amérindiennes ont commencé à fréquenter les lieux il y a de cela 9000 ans, et cette présence a perduré jusqu'à nos jours. Les Paléoesquimaux sont arrivés dans la région il y a environ 3000 ans et sont repartis 1000 ans plus tard. Bien qu'ils aient nécessairement côtoyé les Amérindiens, ils ne semblent pas avoir vraiment commercé avec eux.

Au début du 16e siècle, des pêcheurs et des explorateurs européens viennent exploiter les richesses de la mer et rencontrent pour la première fois des autochtones. Des sites amérindiens mis au jour à Blanc-Sablon témoignent de ces premiers contacts. À cette période, leur culture matérielle repose encore en grande partie sur la taille de la pierre, mais dans les vestiges de leurs habitations, on commence à trouver quelques artefacts basques et bretons.

Par la suite, les pêcheries européennes connaissent un essor fulgurant. Les Français s'installent à Brador, un village voisin, afin de se livrer à une exploitation quasi industrielle du phoque (voir Chasse au phoque), et c'est de là que sont administrées toutes leurs possessions de la région. Parallèlement, la pêche à la morue se développe et plusieurs entreprises s'implantent dès la fin du 18e siècle. Tout au cours du 19e siècle, Blanc-Sablon est un des hauts lieux de cette pratique dans les eaux froides de l'Atlantique nord.

C'est ainsi que les richesses de cette mer, rude mais somptueuse, ont permis à nombre de gens de s'installer et de vivre sur les rivages de Blanc-Sablon. Ce qui étonne le plus aujourd'hui, c'est la quantité immense de vestiges architecturaux qu'ils ont laissé derrière eux (foyers de pierre, pourtours d'habitation, voies de circulation, plateformes de séchage, fondations de maison, etc.), le tout entremêlé de plusieurs millions d'artefacts qui témoignent de toute la profondeur temporelle et de toute la diversité culturelle de ce coin de pays que l'on qualifie parfois d'éloigné de nos jours, mais qui fut, un temps, un centre d'échanges de portée internationale. L'importance de Blanc-Sablon a été reconnue en 2007, lorsque l'endroit à été désigné lieu historique national.