Simonne Monet-Chartrand, syndicaliste, activiste sociale, pacifiste, féministe, conférencière, rédactrice (née le 4 novembre 1919 à Montréal, QC; décédée le 18 janvier 1993 à Richelieu, QC). Femme de passion et de conviction, Simonne Monet-Chartrand a activement soutenu de nombreuses causes, notamment les droits des travailleurs et des syndicats, le féminisme, les droits de la personne et le pacifisme. Elle est cofondatrice de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et de l’Institut Simone de Beauvoir de l’Université Concordia. Elle fut par ailleurs directrice adjointe de la Ligue des droits de l'homme et de la Ligue des droits et libertés. Rédactrice et intervenante à Radio-Canada, elle a également rédigé de nombreux articles pour divers magazines et publié des livres sur le pacifisme et l’histoire des femmes au Québec, ainsi qu’une autobiographie en quatre volumes.

Éducation et famille

Née dans une famille aisée de la classe moyenne de Montréal, Simonne Monet-Chartrand poursuit sa scolarité à l’internat de l’école Marie-Rose de Montréal, dirigée par les Sœurs du Saint-Nom de Jésus et de Marie. Elle s’engage, dès ses études secondaires, dans la Jeunesse étudiante catholique (JEC) et en 1937, elle devient présidente de la branche féminine de cette organisation. C’est là qu’elle rencontre Michel Chartrand, le syndicaliste et activiste qu’elle épousera plus tard.

De 1939 à 1942, Monet est inscrite à l’Université de Montréal où elle étudie la littérature canadienne française et l’histoire du Canada et suit des cours dispensés par des personnalités renommées telles que Lionel Groulx et Guy Frégault. Son expérience universitaire a une incidence sur ses idées féministes et, comme d’autres femmes québécoises de l’époque (p. ex., Thérèse Casgrain), elle s’oppose au fait que les femmes de la province ne puissent voter (elles recevront ce droit en 1940). En 1942, Simonne Monet prend pour époux Michel Chartrand. Le couple aura sept enfants. Elle retourne plus tard aux études, à l’Université Concordia, en 1978.

Activisme

Femme d’action, Monet-Chartrand s’est fait l’avocate de nombreuses causes, notamment pour les syndicats et le droit des travailleurs, le féminisme, les droits de la personne et le pacifisme. En 1942, durant la crise de la conscription de la Deuxième Guerre mondiale, elle rejoint le Bloc populaire canadien, qui a été mis sur pied pour s’opposer à la levée de l’interdiction de la conscription pour le service à l’étranger. Dans les années 1950 et 1960, Monet-Chartrand est membre active de l’Union des familles de Longueuil et participe à la mise sur pied du Service de préparation au mariage, de l’École des parents, des associations parents-maîtres, des unions de familles et des coopératives.

Tout comme son mari, Monet-Chartrand fut aussi une syndicaliste militante. En 1949, on la retrouve siégeant au côté de son mari dans des comités de soutien aux grévistes de l’amiante et, plus tard, comme membre du comité sociopolitique de la Centrale des enseignants du Québec. Entre 1972 et 1975, Monet-Chartrand est directrice de l’information pour le Syndicat des enseignants de Champlain.

Monet-Chartrand a également participé à des mouvements féministes et pacifistes. En 1961, elle se joint au mouvement pacifiste la Voix des femmes et en 1962, elle aide à organiser le Train de la paix, une délégation du mouvement chargée de présenter des requêtes au gouvernement fédéral. L’année suivante, elle assiste à une conférence de la Fédération démocratique internationale des femmes à Moscou, au cours de laquelle l’Organisation des Nations unies se voit demander de consacrer toute une année à la paix, au désarmement nucléaire et à la coopération internationale. Monet-Chartrand cofonde la Fédération des femmes du Québec (FFQ) en 1966 et en 1968, elle coécrit un rapport présenté à la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme au Canada. Dix ans plus tard, en 1978, elle cofonde à l’Université Concordia l’Institut Simone de Beauvoir, consacré aux études féministes.

Monet-Chartrand se joint à la Ligue des droits de l’homme en 1963 et en sera la directrice adjointe de 1975 à 1978. En 1977, elle devient directrice adjointe de la Ligue des droits et libertés.

Radio-Canada

Dans les années 1950, Monet-Chartrand devient une personnalité médiatique en tant que consultante et intervenante pour plusieurs émissions de Radio-Canada. Dans les années 1960 et 1970, elle est rédactrice et recherchiste pour des programmes religieux et sur les femmes à Radio-Canada (Femina, Femmes d'aujourd'hui, 5D).

Écrits

En plus de ses nombreux écrits destinés à des conférences et aux colonnes de publications telles que La Vie en Rose, Les Têtes de pioche et Châtelaine, Monet-Chartrand a publié son autobiographie en quatre volumes, Ma vie comme rivière (1981–1992), deux volumes sur les femmes et les organisations féminines qui ont été pionnières au Québec (1990, 1994), L'espoir et le défi de la paix (1988), et un livre sur le mouvement pacifiste au Québec (1993).

Ma vie comme rivière (1981)
L’Espoir et le défi de la paix (1988)
Pionnières québécoises et regroupements de femmes d’hier à aujourd’hui (1990)
Les Québécoises et le mouvement pacifiste : 1939–1967 (1993)
Pionnières québécoises et regroupements de femmes : 1970–1990 (1994)

Héritage

En 1991, Les Artistes Pour La Paix ont décerné à Monet-Chartrand le titre d’« Artiste pour la paix de l’année ». Elle meurt le 18 janvier 1993 à son domicile, à Richelieu. Un film sur sa vie, Ma vie comme rivière, est sorti en 1996, suivi quatre ans après par la série télévisée Chartrand et Simonne (2000, 2003). Un certain nombre d’institutions ont été baptisées en son honneur, notamment une école, une bibliothèque et la Maison Simonne Monet-Chartrand, un abri pour femmes et enfants victimes de violences familiales.