Siberry, Jane

 Jane Siberry. Auteure-compositrice-interprète, guitariste, entrepreneure (Toronto, 12 octobre 1955). B.Sc. (Guelph) 1979. Encore enfant, elle joue du piano et se tourne vers la guitare pendant son adolescence, se produisant au début comme chanteuse folk en solo à Guelph (notamment au Carden Street Café) tout en étudiant la biologie à l'Université de Guelph. Elle forme avec Wendy Davis le duo Java Jive (qui devient un trio avec l'addition du contrebassiste John Switzer), puis chante de nouveau en solo aux festivals folk de l'Ontario.

Elle finance elle-même son premier microsillon de style folk contemporain, Jane Siberry (1980-1981, Street SR-002), qui est suivi de 1984 à 1989 de quatre albums « pop art » pour Duke Street Records : No Borders Here (DSR-31006), The Speckless Sky (DSR-31019), The Walking (DSR-31040) et Bound by the Beauty (DSR-31058). Le 45t. « Mimi on the Beach » (1984) se mérite l'or, « One More Color » (1985) connaît un succès modeste, et les ventes de The Speckless Sky au pays dépassent les 50 000 exemplaires. Parmi d'autres chansons connues de Siberry, citons « Map of the World (Part II) », « Ingrid (and the Footman) », « The Walking », « Bound by the Beauty » et « Everything Reminds Me of My Dog ».

Jane Siberry refait la tournée des festivals folk canadiens plusieurs fois au cours des années 1980, et elle donne également des spectacles avec son ensemble (Switzer, le guitariste Ken Myhr, le batteur Al Cross, la violoncelliste et claviériste Anne Bourne, et d'autres) dans les boîtes de nuit et les salles de concert du Canada ainsi qu'à l'Expo 86. Elle participe à deux documentaires mis sur le marché en 1987 par Cambium Productions, One More Color et I Muse Aloud. En 1989, elle effectue en solo une tournée des festivals folk.

Elle fait ses débuts aux États-Unis en 1984 au Ritz, à New York, et ses débuts en Europe en 1988 à l'Institute of Contemporary Art de Londres. Lors d'une tournée comprenant une cinquantaine de concerts en 1990, elle se produit en compagnie de Myhr et de Teddy Borowiecki (piano) au Japon, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Grande-Bretagne, aux États-Unis et au Canada. Une des plus renommées parmi les interprètes pop canadiens qui ont pris leur essor au milieu des années 1980, Siberry est comparée au début par la critique internationale à Joni Mitchell, à la Britannique Kate Bush et à l'Américaine Laurie Anderson. Par la suite, elle devient elle-même un modèle de comparaison pour les jeunes chanteuses, ce qui inspire le commentaire suivant dans la revue Toronto (mars 1988) : « Aucune musicienne aussi peu pressée, autant guidée par les yeux de l'esprit, d'une liberté aussi désarmante vis-à-vis des formalités du genre pop ou aussi mystifiante à l'occasion que Jane Siberry, ne peut servir de point de référence précis à quelqu'un d'autre qu'elle-même. »

Siberry enregistre plusieurs autres albums dans son style distinctif. When I Was a Boy (CD 26824 WEA), 1993, renferme sa chanson « Calling All Angels », qui a été utilisée dans les longs métrages Until the end of the World et Pay It Forward. On a pu entendre d'autres chansons de Siberry dans d'autres films, par exemple, « One More Colour » dans The Sweet Hereafter. Maria (CD 45915 Reprise), 1995, son dernier album Reprise, met en vedette des chansons improvisées jouées par des musiciens de jazz.

Siberry forme sa propre société d'enregistrement sur Internet à Toronto, Sheeba Records, en 1996; sur cette nouvelle étiquette, elle publie un catalogue de montage d'enregistrements, d'ouvrages et d'autres produits à partir de 2003. Teenager (Sheeba Records 96CD001), 1996, est suivi par Child (62156-2 Sheeba), 1997. Elle explore un collage de sons dans A Day in the Life NYC (SHECD-002) en 1997. La chanteuse enregistre The New York Trilogy (SHE003, 006-7-8) en 1999, dans sa ville éponyme. Elle s'aventure dans des spiritualités traditionnelles dans Hush (SHE008) qui est paru en 2000; City (SHE010) sorti en 2001, est une compilation de ses collaborations.

Siberry s'est produite partout au Canada et aux États-Unis, y compris dans le cadre de nombreuses représentations dans des clubs de Toronto et de New York et elle a participé aux festivals folk d'Edmonton et d'Ottawa en 1999. Ses tournées l'ont menée également au Royaume-Uni (2001) et au Japon (2003). Bon nombre de ses spectacles incluaient des récitations parlées.

Siberry a aussi chanté lors d'enregistrements sur cassette faits par Don Freed (On the Plains) et David Ramsden (Quiet Please! There's a Lady on Stage), sortis tous deux en 1990. Plus tard, elle a collaboré avec Peter Gabriel, k.d. lang et d'autres. En 2005, le Conseil des Arts du Canada lui a décerné son Victor Martyn Lynch-Staunton Award.

Marie-Lynn Hammond l'a décrite comme « une créature éthérée dotée d'une voix éthérée, affectionnant des coiffures bizarres et ébouriffées et des harmonies encore plus bizarres et ébouriffées »; elle ajoutait : « Ses chansons évoluent entre deux pôles : des tranches de vie encadrées de biais et une abstraction impénétrable. Au mieux, ses paroles, ses mélodies et son style vocal sont pleins de virages à angle droit, de merveilleuses petites apparitions et d'un humour grinçant ("Je serais probablement célèbre aujourd'hui si je n'étais pas une aussi bonne serveuse de restaurant") » (This Magazine, août 1990).

Écrits

Swan: Three Poems (Toronto 1998)

« True independence », Canadian Musician, Aug 1999

Bibliographie

Liam LACEY, « Jane Siberry puts poetry into fine musical motion », Globe and Mail (Toronto, 18 sept. 1984).

Carla STRAESSLE, « Jane Siberry », CanMus, VII (mars 1985).

Peter GODDARD, « Jane Siberry », Toronto Star (27 sept. 1985).

Trevor HUGHES, Jane Siberry: Part One (Toronto 1985)

Nicholas JENNINGS, « The Eccentric charms of a pop poet », Maclean's (7 oct. 1985).

Liam LACEY, « See Jane Siberry run : how a new star copes », Globe and Mail (Toronto, 23 oct. 1985).

Christopher JONES, « Plain Jane », Toronto Life (sept. 1989).

Perry STERN, « One more color », Music Express, 142 (nov.-déc. 1989).

Nicholas JENNINGS, « Bound for glory », Maclean's (9 oct. 1990).

Ian MENZIES, « The art of Jane Siberry », Canadian Musician, déc. 1995.

Lucinda CHODAN, « Jane Siberry », Canadian Musician, avril 2000.

Stephanie NOLEN, « Queen of Sheeba reclaims her voice », Globe and Mail (Toronto, 28 août 2000).

« The Artist's Life: Jane Siberry », Globe and Mail, (Toronto, 1er déc. 2001).