Shawn A-in-chut Atleo, Chef national de l'APN (2009–2014), activiste, homme d'affaires (né le 16 janvier 1967 à Ahousaht (Colombie-Britannique).

Shawn Atleo a été élu deux fois Chef national de l'Assemblée des Premières Nations (APN). Chef héréditaire de la Première nation Ahousaht, en Colombie-Britannique, il a aussi exercé les fonctions de chef régional de l'APN (Colombie-Britannique). Il est également devenu le premier chancelier autochtone d'une université de la Colombie‑Britannique. En tant que dirigeant, Atleo met l'accent sur l'éducation et le potentiel de la jeunesse autochtone, la réforme des traités et des revendications des peuples autochtones, la gestion de l'environnement et le partage des ressources, ainsi qu'une démarche unitaire et coopérative.

Shawn Atleo naît en 1967 dans la collectivité d'Ahousaht. Elle est située sur la côte ouest de l'île de Vancouver, dans la région du détroit de Clayoquot. Il compte parmi les trois chefs héréditaires de la Première nation Ahousaht, principale nation Nuu-chah-nulth. Atleo fonde plusieurs entreprises dans la région de Nanaimo, dont Umeek Human Ressource Development, institut de consultation et de formation professionnelle pour adultes. En 2003, il obtient une maîtrise en éducation de l'Université technologique de Sydney, en Australie (en partenariat avec l'Université de la Colombie-Britannique). Son mémoire porte sur l'apprentissage des adultes et le changement mondial.

De 2003 à 2009, Atleo exerce les fonctions de chef régional de l'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique (APN, Colombie‑Britannique). À ce titre, il joue un rôle important dans le cadre de nombreuses initiatives. Il dirige notamment une délégation de l'APN en Indonésie, pour contribuer à rebâtir les collectivités autochtones de Banda Aceh, dévastées par un séisme et par un tsunami survenus dans l'océan Indien, en 2004. Atleo joue un rôle clé dans la création du First Nations Leadership Council en 2005. Cette mesure favorise la collaboration entre l'APN, C.‑B., le Sommet des Premières nations (SPN) et l'Union des chefs indiens de la Colombie‑Britannique (UBCIC). Elle accroît ainsi l'influence politique exercée par les regroupements des Premières nations en Colombie‑Britannique. La même année, avec Phil Fontaine (alors Chef national de l'APN), il négocie l'accord politique entre les Premières nations et la Couronne fédérale portant sur la reconnaissance et la mise en œuvre des gouvernements des Premières nations. L'accord prévoit la création d'un comité directeur mixte qui reçoit le mandat de travailler sur l'autonomie gouvernementale des autochtones, entre autres. En 2008, Atleo est nommé chancelier de la Vancouver Island University (autrefois nommée Malaspina University‑College). Il devient la première personne autochtone à occuper le poste de chancelier d'une université de la Colombie‑Britannique.

Fort de sa grande expérience politique, Atleo pose sa candidature au titre de Chef national lors des élections de 2009, mais il ne s'est pas encore fait connaître à l'extérieur de la Colombie‑Britannique. Malgré cet aspect, il est élu en 2009, puis réélu en 2012. En tant que Chef national, Atleo met l'accent sur l'unité, l'éducation, la fin de la violence faite aux femmes, la création de collectivités durables, l'accès aux recettes de l'exploitation des ressources, la protection de l'environnement, la mise en œuvre des traités, la reconnaissance des titres ancestraux et la réforme complète des revendications des peuples autochtones. Le 24 janvier 2012, il joue un rôle déterminant lors d'une réunion des représentants de la Couronne et des Premières nations. À cette occasion, tous s'entendent sur la nécessité de modifier la Loi sur les Indiens. Ce rassemblement prévoit aussi des discussions sur la réforme de l'éducation et le développement économique. Cependant, il ne donne lieu à aucun engagement spécifique. En vertu d'une déclaration commune, le gouvernement fédéral et l'APN promettent de publier un rapport de progrès le 24 janvier 2013.

À l'approche de cette date, Atleo et l'APN essuient des critiques grandissantes, car ils n'ont pas fait suffisamment valoir les enjeux des Premières nations auprès du gouvernement fédéral. Cette dissension au sein de l'APN est portée à l'attention du pays, en raison des protestations du mouvement Idle No More et du jeûne de la chef Theresa Spence, à la fin de 2012 et au début de 2013. Les pressions du public obligent la tenue d'une séance de travail le 11 janvier 2013 entre le premier ministre et Atleo, ainsi que d'autres membres de l'APN. Les participants promettent alors de tenir d'autres réunions à l'avenir et d'entamer un « dialogue de haut niveau » sur les traités et les revendications territoriales. Cependant, plusieurs chefs boycottent ces pourparlers. Certains d'entre eux proposent même une motion de blâme à l'égard d'Atleo. Deux jours après la réunion, Atleo prend un bref congé de maladie, invoquant le surmenage, le stress et des troubles de santé. Toutefois, il reprend ses fonctions le 24 janvier 2013. Le 2 mai 2014, Atleo a démissionné comme chef national de l’APN, au milieu de la controverse en raison de son soutien au projet de loi C-33, loi sur le contrôle par les premières nations de leur système d’éducation. Trois jours plus tard, le gouvernement a annoncé qu’il allait retarder l’adoption de la législation jusqu’à ce que l’APN clarifie sa position sur les réformes proposées.

En plus d'exercer ses activités politiques au Canada, Shawn Atleo participe à des initiatives et à des dialogues internationaux. En tant que chef régional de l'APN (Colombie-Britannique), Atleo prend part à des débats concernant la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Il siège également au caucus des peuples autochtones de l'Organisation des États américains. Atleo est membre du World Future Council. Cette organisation caritative milite en faveur des droits des générations futures, grâce à la défense de leurs intérêts et à la création d'organismes comme l'AREA (African Renewable Energy Alliance).

Prix et honneurs

Doctorat honorifique en éducation (Université Nipissing), 2010
Doctorat honorifique en technologie (British Columbia Institute of Technology), 2012
Doctorat honorifique en droit (Université Bishop’s), 2012
Doctorat honorifique en droit (Université Queen’s), 2012
Doctorat honorifique en droit (Université Ryerson), 2012
Prix de l'éducation Indspire (autrefois les Prix nationaux décernés aux Autochtones), 2013