Les Tsuut’ina (Tsuu Tina) ou Sarsis sont une bande athapascane ou dénée dont la réserve touche les limites sud-ouest de Calgary, en Alberta. On croit que le nom « Sarsi » vient d'un mot de la langue des Siksikas (Pieds-Noirs) signifiant hardiesse et vigueur. Les Sarsis s'appellent eux-mêmes Tsuut’ina (ou « Tsúùt’ínà ») dont la traduction littérale est « beaucoup de gens » ou « tous ceux (de la Nation) ».

Histoire

Territoire traditionnel tsuut'ina.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

Selon la tradition orale, les Tsuut’ina se sont séparés d'une bande du Nord, probablement les Dane-zaa, et se sont installés dans les plaines, où ils ont maintenu des contacts étroits avec les Siksikas, les Cris et les Stoneys. Leur assimilation à la culture des Plaines les distingue des autres groupes dénés du Nord, mais ils ont conservé leur langue athapascane, tsuut’ina (sarsi).

Langue

Le tsuut’ina (sarsi) est la langue athapascane parlée par les peuples du nord du Canada. Elle est considérée comme étant en danger. Selon le recensement de 2011 de Statistique Canada, seules 170 personnes environ identifient le sarsi comme étant leur langue maternelle. La même année, l’Université de Calgary développe un programme en collaboration avec le Tsuu T’ina Gunaha Institute pour aider à préserver et à revitaliser la langue. Ce programme vise à éduquer les enseignants au sujet du Tsuut’ina (sarsi) et de leur montrer comment intégrer la langue au système éducatif.

Population

Lors de son expédition scientifique (1857-1860) de l’Ouest canadien, le capitaine John Palliser estime la population des Tsuut’ina à 1 400 personnes. Les épidémies de variole (1837), de scarlatine (1864) et autres maladies, ainsi que les guerres, réduisent leur population à 450 au moment où ils s'installent dans la réserve en 1881. En 1924, ils ne sont plus que 160.

Entre 1996 et 2006, la population autochtone augmente de 45 % selon Statistique Canada. Ce taux de croissance plus élevé peut être causé par des taux de fécondité plus élevés et le fait que de plus en plus de gens s’identifient comme Autochtones. En 1996, le recensement compte 1 509 Tsuut’ina. En 2015, près d’une décennie plus tard, Affaires autochtones et du Nord déclare qu’il y a 2 259 Tsuut’ina inscrits au pays.

Culture et croyances

De tout temps, les Tsuut’ina croient en un pouvoir surnaturel qui s'acquiert lors d'un rêve ou d'une vision et qu'ils enchâssent dans la décoration d’un tipi ou un objet de médecine comme un ballot en peau de castor ou un calumet du guérisseur (voir Bourses sacrées). La recherche de pouvoir surnaturel et l’atteinte de certains traits de caractère comme la bravoure pour les hommes et la chasteté pour les femmes étaient deux qualités très valorisées. Dans la culture traditionnelle tsuut’ina, les mariages sont en général arrangés par la famille et les cadeaux échangés dénotent le statut de la famille.

Ces dernières années, si beaucoup d'entre eux sont catholiques ou protestants, les Tsuut’ina observent néanmoins les fêtes et les rituels traditionnels et culturels : les cérémonies du ballot en peau de castor et du calumet du guérisseur; la fête du déplacement de pierres, sans oublier le pow-wow de Noël. Leur rodéo annuel sur le dos d’un taureau qui se tient lors de la Journée nationale des Autochtones attire des gens de tout le continent et la participation des Tsuut’ina est devenue une partie intégrante du Stampede de Calgary.

Vie traditionnelle

Avant d’habiter dans des réserves, les Tsuut’ina campent dans des tipis et chassent à l'orée de la forêt durant l'hiver. En été, toutes les bandes se réunissent dans la prairie pour chasser le bison, cueillir des baies et s'adonner à des cérémonies, des danses et des festivals (voir Chasse au bison; Danse du soleil).

Aujourd’hui, les Tsuut’ina prennent une part active dans des secteurs économiques modernes comme l'élevage et l'immobilier, mais ils s'efforcent de faire revivre la culture et le mode de vie traditionnels à l'aide du Programme de culture tsuut’ina qui met en valeur l'histoire, le folklore et la langue.

Leadership

En 1877, le leader bien connu, le chef Bull Head signe à contrecœur le Traité n° 7, qui crée la réserve de 280 km2 où habitent maintenant les Tsuut’ina. Lors de sa visite de la réserve en 1921, l’anthropologue Diamond Jenness constate qu'ils forment cinq bandes : Big Plumes, Crow Childs, Crow Chiefs, Old Sarcees et Many Horses. Avant d'être confinée dans la réserve, chaque bande est dirigée par son chef. Aujourd’hui, un chef élu et des conseillers gouvernent la bande.

Un leader contemporain distingué des Tsuut’ina est le chef David Crowchild (né le 12 avril 1899; décédé le 10 avril 1982). Il devient chef en 1946 et crée une école et une ferme appartenant à la bande sur la réserve. Aujourd’hui, la réserve compte deux écoles administrées par la bande et fréquentées par la majorité des enfants, tandis que d'autres étudient dans les écoles publiques ou séparées à Calgary.