Jeunesse et formation

Sara Riel est la fille aînée d’une fratrie de 11 enfants d'une famille métissecatholique fervente et privilégiée. Son frère Louis, qui devient le chef métis, est le frère aîné.

Elle fréquente l'internat de la colonie de la rivière Rouge, une colonie qui borde le Manitoba actuel et le Dakota du Nord. Élevée dans la doctrine catholique et des traditions culturelles d'une école de finition européenne, Sara Riel montre du talent dans les beaux-arts. Elle parle anglais, français, cri et michif.

Lorsque le riche père de Sara Riel meurt en 1864, la famille n’a pas de récoltes et fait face à la sécheresse et à la famine. Elle reste à l'école pendant que ses plus jeunes frères et sœurs se retirent. Malgré la discrimination croissante contre les travailleurs métis, ses frères et sœurs plus âgés trouvent un travail payé. En 1865, Sara Riel rejoint les Sœurs grises, un ordre qui a une longue tradition d'acceptation de personnes de diverses classes et origines culturelles.

Carrière

Sara Riel devient la première Sœur grise Métisse à rivière Rouge en 1868. Elle commence à enseigner à l'école de jour des Sœurs grises à St. Norbert, mais les religieuses la déplacent dans trois paroisses distinctes au cours des années suivantes, craignant pour sa sécurité. Elles craignent que les activités de résistance de son frère Louis contre la Compagnie de la Baie d'Hudson (CBH) et les autorités anglo-protestantes fassent d’elle une cible.

Avec des sympathies contradictoires, Sara Riel est ambassadrice de bonne volonté auprès de sir Adams George Archibald, premier lieutenant-gouverneur du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest (1870-1872). En 1871, elle se joint à la mission des Sœurs grises à Île-à-la-Crosse, dans le nord de la Saskatchewan, où se trouve un poste de traite isolé de la CBH. Durant les courts étés et les hivers rigoureux de la région subarctique canadienne, Sara Riel passe de longues heures à enseigner à l'école, à s'occuper des patients de l'hôpital, à travailler à la ferme et dans les jardins et à préparer les repas. L'école, officiellement reconnue comme internat en 1897, devient plus tard un pensionnat.

En tant que seule missionnaire anglophone à l'Île-à-la-Crosse, Sara Riel sert de liaison entre la mission, la CBH, les travailleurs métis et les peuples dénés et cris. Elle met en place les premiers cours d'anglais à l'Île-à-la-Crosse et croit que ces compétences linguistiques aideront les étudiants métis à améliorer leur statut et leurs possibilités. Mais les parents métis, dont beaucoup sont des chasseurs-marchands marginalisés qui sont contrariés par le pouvoir de la CBH, estiment que Sara Riel impose l'anglais à leurs enfants. Quand ils exigent la fermeture de l'école à ce sujet, elle cesse d'enseigner la langue impopulaire.

Sara Riel devient marraine de plusieurs enfants de l'Île-à-la-Crosse entre 1876 et 1880. Elle tente de financer un orphelinat en utilisant des terres qu'elle a reçues en tant que Métis en vertu de la Loi du Manitoba, mais les Sœurs grises ne peuvent pas posséder de propriété. Le Conseil des Sœurs grises décide que la parenté Métis en difficulté de Sara Riel a besoin de l'argent plus que les Sœurs, et l'orphelinat n'est jamais construit. Au lieu de cela, Sara Riel crée une organisation laïque, ayant beaucoup de succès, pour les étudiantes et les aînés qui travaillent comme traducteurs, enseignants et comme agents de liaison culturelle pour les missions catholiques.

Vie privée

Sara Riel souffre d'une pneumonie sévère en novembre 1872. Croyant mourir, elle reçoit ses derniers sacrements. Son pasteur prie sa patronne, la mystique française Marguerite Marie Alacoque, pour une guérison. Sara Riel recouvre immédiatement la santé et elle croit qu'un miracle s’est produit. Elle passe le reste de sa vie sous le titre de sœur Marguerite Marie.

Elle s'éloigne de la communauté métisse de la rivière Rouge. Sara Riel reste proche de son frère, même si sa résistance au gouvernement pour l'autonomie des Métis semble contredire sa position pro-anglophone en tant qu’agente de liaison et traductrice de la CBH. Son frère et elle partagent des lettres tendres au fil des ans au sujet de leurs vies; 40 sont disponibles, en français, aux archives de la Société historique de Saint-Boniface, à Winnipeg, au Manitoba.

Sara Riel souhaite souvent que son frère rejoigne le sacerdoce. Elle est dévastée d'apprendre qu'il a épousé une jeune Métisse, Marguerite Monet, en avril 1881. Pendant ce temps, elle écrit des lettres qui décrivent sa santé qui se détériore et fait part d’une prémonition que la mort est proche.

Décès

Sara Riel décède de la tuberculose à l'âge de 35 ans le 27 décembre 1883 à Île-à-la-Crosse. Des dirigeants de la CBH, des Sœurs grises, des Oblats de Marie Immaculée à la rivière Rouge, des travailleurs et des étudiants métis et des peuples dénés et cris assistent à ses funérailles. La supérieure catholique de Sara, sœur Agnes, écrit à la mère de Sara Riel, Julie Lagimodière : « Des gens sont venus de partout pour prier auprès d’elle ... Elle disait : ‟Démontre-leur de l'amour et ils feront la même chose en retour.” »

Selon le prêtre Jules Le Chevalier, dans son livre Batoche : les missionnaires du nord-ouest pendant les troubles de 1885 (1941), le frère de Sara Riel accuse les Sœurs grises de l'Île-à-la-Crosse de laisser mourir Sara dans la misère. Craignant une attaque possible pendant la rébellion du Nord-Ouest, elles s'enfuient vers une petite île, au nord de Patuanak, en Saskatchewan, le 27 avril 1885. Elles reviennent à l'Île-à-la-Crosse le 29 mai de la même année.