Jeunesse et début de carrière

Sam Katz voit le jour en 1951 à Rehovot, en Israël. Ses parents, Chaim et Zena Katz, sont des survivants de l’Holocauste qui immigrent au Canada alors qu’il est en bas âge. Il passe la plus grande partie de sa jeunesse dans le North End, quartier ouvrier de Winnipeg.

Sam Katz détient un baccalauréat en économie de l’Université du Manitoba. Peu de temps après l’obtention de son diplôme, il s’installe à Brandon, au Manitoba, où il ouvre un magasin de vêtements, amorçant ainsi une carrière d’entrepreneur à la notoriété croissante en province.

Au fil des années, Sam Katz se retrouve à la tête de nombreuses entreprises de divertissement et de production de spectacles qui attirent à Winnipeg certains des artistes les plus en vue, des groupes rock aux comédies musicales de Broadway.

En 1994, il devient président et chef de la direction des Goldeyes, club de baseball de Winnipeg. Plusieurs années plus tard, il orchestre la construction du stade de baseball pour l’équipe au centre-ville, qui s’appelle aujourd’hui Shaw Park.

Sam Katz est marié à Leah Katz et a quatre enfants, dont deux filles nées de son premier mariage à Baillie Burke.

Élection municipale de 2004

Lacampagnemunicipalede 2004à Winnipeg débute lorsque le populaire maire de Winnipeg, Glen Murray, démissionne à mi-mandat en vue de poser sa candidature à la chefferie dupartilibéralfédéral. C’est ainsi qu’est déclenchée une élection partielle à la mairie.

Inexpérimenté en matière de politique municipale, Sam Katz annonce sa candidature à la dernière minute et fait l’objet de critiques pour sa plateforme qui se fait avare de détails. Optant pour le slogan « I like results. I likeSam. » (J’aime les résultats. J’aime Sam), Sam Katz promet de légères réductions d’impôts fonciers et des entreprises, doublées d’améliorations modestes aux services de la ville tels que la police communautaire. Sacampagne – et plus tard son bureau de mairie – sont gérés par des organisateurs politiques actifs au sein despartisconservateursfédéraux et provinciaux.

Le 22 juin, Sam Katz remporte une victoire écrasante contre huit candidats, dont quatre anciens conseillers municipaux. Récoltant 43 % des voix, il devient le 42e maire de Winnipeg et le premier de confession juive.

Mairie

La première décision de Sam Katz à titre de maire consiste à mettre un frein à la première phase du système d’autobus rapide de Winnipeg, qui fait alors l’objet de débats depuis des décennies et qui a été approuvé et financé par l’ancien maire Glen Murray. Il réoriente plutôt des millions en fonds d’infrastructure fédéraux et provinciaux vers des clubscommunautaires. En résultent la démission du directeur du transport en commun de la ville et la remise en question, pour la majorité des deux premiers mandats à la mairie de Sam Katz, de l’existence même du système de transport en commun rapide proposé par la Ville.

Au cours de son premier mandat, il lance également une initiative visant à réduire les formalités administratives au sein de la mairie, tout en procédant à un gel des taxes foncières.

Opposé à peu de candidats sérieux, Sam Katz se fait facilement réélire aux élections municipales de 2006, avec 62 % des voix. Au cours de son deuxième mandat, il chapeaute des accords de financement pour reconstruire ou étendre les grandes artères de la ville, et veille à l’acquisition du tout premier hélicoptère de police de la ville.

La campagne la plus difficile de Sam Katz a lieu dans le cadre des élections générales de 2010, qui sont le théâtre d’un duel l’opposant à Judy Wasylycia-Leis, ancienne députée du Nouveau Parti démocratique (NPD). Épaulé par un personnel de campagne conservateur chevronné, il fait valoir ses réussites en tant que maire, tout en s’engageant à se montrer ferme face au crime. Soutenue par les syndicats et le NPD, Judy Wasylycia-Leis promet quant à elle de limiter les hausses de l’impôt foncier à 2 % par an.

Sam Katz remporte un troisième mandat avec 55 % des voix, contre 43 % pour son adversaire.

Au cours de ce mandat, Sam Katz supervise la première hausse des impôts fonciers de la ville en plus d’une décennie, ainsi que le plan de construction d’un nouveau stade pour les Blue Bombers, l’équipe de football de Winnipeg. Cette période est également dominée par des allégations de conflits d’intérêts et de corruption, ternissant son dernier mandat et les années qui suivent.

Le 20 juin 2014, alors que s’accumulent les questions au sujet de projets immobiliers de la mairie, Sam Katz annonce qu’il ne cherchera pas à obtenir un quatrième mandat.

Controverse

À compter de 2012, une série de projets fonciers et de développement complexes impliquant Sam Katz en tant que maire, un ami proche servant à titre d’administrateur principal de la Ville de Winnipeg et plusieurs entreprises locales de construction et de développement suscite de nombreux examens critiques de la part de sociétés externes de comptabilité et de conseil, ainsi qu’une enquête de la GRC qui se poursuit toujours.

Parmi ces projets figure un échange de terrains sous-tendant la construction d’un nouveau poste d’ambulanciers sur un terrain n’appartenant pas à la Ville. En 2013, une vérification d’Ernst and Young détermine qu’une société de développement immobilier de Winnipeg entretenant des liens personnels et commerciaux avec Sam Katz jouit d’un avantage compétitif injuste, et que le projet est très mal géré. Aucune infraction criminelle n’est toutefois constatée dans cette affaire.

Le projet de rénovation du siège social des services policiers de la Ville de Winnipeg fait ensuite l’objet de soupçons, en raison de coûts bien supérieurs à son budget et d’allégations de corruption. En 2014, peu de temps après le départ de Sam Katz de la mairie, la GRC amorce une enquête sur ces allégations. En date de mai 2017, aucune d’entre elles n’a été prouvée devant les tribunaux.

Vie après la politique

Après avoir quitté ses fonctions de maire, Sam Katz se tourne vers ses diverses entreprises et son ancien poste de président des Goldeyes de Winnipeg. En 2016, les Goldeyes remportent le championnat de l’American Association of Independent Professional Baseball (association américaine de baseball professionnel indépendant).

Alors que l’intérêt du public, des médias et de la police quant aux projets immobiliers réalisés pendant son administration demeure vif, Sam Katz maintient un profil bas en dehors du stade de baseball.