Le golfe du Saint-Laurent est une grande mer intérieure (250 000 km2), à peu près triangulaire, qui reçoit en moyenne 10 100 m3/s d'eau douce du fleuve Saint-Laurent à sa pointe nord-ouest et qui communique avec l'Atlantique par le détroit de Belle Isle au nord-est et le détroit de Cabot au sud-est. Le profond chenal Laurentien s'étend de l'estuaire du Saint-Laurent, à partir de Tadoussac au Québec, jusqu'à la limite du plateau continental, en passant par le détroit de Cabot.

Au sud se trouvent les Îles de la Madeleine et l'Île-du-Prince-Édouard, séparées par les petits fonds des Îles de la Madeleine. Au nord du chenal s'étend l'île d'Anticosti. La rivière Saguenay et d'autres rivières de la Côte Nord constituent des affluents d'eau douce qui s'ajoutent à celles, de moindre importance, du Nouveau-Brunswick et de Terre-Neuve.

La plus grande partie de l'écoulement est entraînée dans le courant de Gaspé qui circule le long de la rive sud de l'estuaire, passe les petits fonds des Îles de la Madeleine pour contourner l'extrémité nord de l'Île du Cap-Breton et former le courant de la Nouvelle-Écosse. Les effets physiques et biologiques de ce courant d'eau douce sont détectés jusque dans le golfe du Maine. L'eau des bancs de Terre-Neuve entre dans le golfe par le côté est du détroit de Cabot, se déplace vers le nord-est le long de la côte ouest de Terre-Neuve et, aidée par le courant généré par le vent d'ouest le long de la rive nord, complète une rotation dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.

L'eau de l'Atlantique qui entre en profondeur par le détroit de Cabot compense le courant sortant des eaux en surface. Le refroidissement hivernal et les apports du plateau continental du Labrador par le détroit de Belle Isle entraînent la formation d'une épaisse couche de glace dans le golfe pendant au moins trois mois chaque hiver. Cette glace occasionne des dangers pour la navigation. Au plan économique, le golfe, y compris le fleuve Saint-Laurent et la voie maritime du Saint-Laurent, forme une voie de transport vers le coeur de l'Amérique du Nord industrielle, évacue ses déchets et fournit encore environ le quart, tant en poids qu'en valeur, des débarquements de poissons canadiens.

Avant l'arrivée des Européens, le golfe était fréquenté par des tribus autochtones nomades, comme celle des Mi'kmaqs, qui venaient y faire des pêches saisonnières. La Côte Nord était habitée par les Inuits, dont la résistance acharnée a longtemps empêché l'établissement d'un port sûr. Jacques Cartier explore le golfe en 1534, mais il y a tout lieu de croire qu'il avait été devancé dans la région par les pêcheurs Basques.