(Jaime) Robbie Robertson (né Klegerman). Guitariste, auteur-compositeur-interprète, comédien, producteur (Toronto, 5 juillet 1943, de parents mohawks et juifs); doctorat honorifique en littérature (Queen's), 2003; doctorat honorifique en littérature (York), 2005. Enfant, Robertson apprend à jouer de la guitare lorsqu'il est en visite à la réserve Six Nations près de Brantford, en Ontario. Adolescent, il se tourne vers le rock 'n' roll et, en 1960, il se joint aux Hawks de Ronnie Hawkins. Il demeure avec eux lorsqu'ils quittent Hawkins, en 1965, déménagent aux États-Unis et continuent sous le nom de The Band (1968-1976). Pour ce groupe, Robertson compose des chansons qui deviennent des classiques, notamment « The Weight », « The Night They Drove Old Dixie Down », « Up on Cripple Creek », « Rag Mama Rag », « Chest Fever », « Stage Fright » et « The Shape I'm In ». Robertson, dont le style mordant et le lyrisme violent le classent parmi les meilleurs guitaristes rock de l'époque, se fait aussi entendre (sans The Band) sur Blonde on Blonde (Col. C2S-841) de Bob Dylan, I Can Tell (Atlantic 8152) de John Hammond (1965) et sur le premier album de Jesse Winchester (1970) dont il signe également la production.

Bien que considéré comme le véritable créateur de The Band, Robertson ne participe pas aux multiples reprises du groupe dans les années 1980. Installé à Malibu, en Californie, il travaille pour le cinéma. Il est notamment producteur, acteur et compositeur de Carny (1980, trame sonore sur le 33 tours Warner XHS-3455), et producteur musical de Raging Bull (v.f. Comme un taureau sauvage), de The King of Comedy (v.f. La valse des pantins), de The Color of Money (v.f. La couleur de l'argent) et de The Gangs of New York (v.f. Les gangs de New York). En 1987, il fait paraître Robbie Robertson (Geffen XGHS-24160), coproduit avec Daniel Lanois.Cet album, dont les paroles et l'ambiance musicale évoquent les ancêtres maternels iroquois de Robertson, inclut les chansons « Showdown at Big Sky » et « Somewhere Down the Crazy River », populaires en 1988. L'album lui vaut une nomination aux Grammy Awards (É.-U.) en 1988 comme meilleur chanteur rock et pour les prix Juno du meilleur disque, du meilleur chanteur et du producteur (avec Lanois) de l'année 1989. Les ventes canadiennes dépassent 200 000 exemplaires. Un second album, Storyville (Geffen GEFD-24303), paraît en 1991 et reçoit deux nominations aux Grammys.

Robertson explore les sons de la musique des Premières Nations dans ses deux enregistrements suivants. Music for "The Native Americans" (EMI 1994), une collaboration avec Kashtin et d'autres musiciens des Premières nations, sert de trame sonore à un documentaire télévisé diffusé par PBS et se vend à plus de 75 000 exemplaires au Canada. L'album vaut à Robertson un prix Juno à titre de meilleur producteur. Contact from the Underworld of Redboy (Capitol 1998) lui fait gagner un Native American Music Award en 1999. On reconnaît que ces enregistrements aident la musique des Premières Nations à atteindre l'acceptation et la reconnaissance générales.

Les chansons de Robertson, décrites par Jay Cooks comme « des petits chapitres de la toute fraîche mythologie américaine, lyriques et amusants, funky et mystérieux », sont aussi enregistrées par Joan Baez, Eric Clapton, Jackie DeShannon, Aretha Franklin, Ronnie Hawkins, Emmy Lou Harris (qui utilise « Evangeline » comme chanson titre d'un de ses 33 tours, en 1981), Diana Ross and the Supremes et d'autres.

Robertson se joint à la direction de DreamWorks Records en 2000. Il supervise la reparution d'anniversaire de The Last Waltz. Il reçoit des prix d'excellence pour l'ensemble de ses réalisations de la National Academy of Songwriters (1997), aux Native American Music Awards (1998) et aux Aboriginal Achievement Awards (2003), ainsi que le Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle (2006). Il participe à l'émission télévisée diffusée par la SRC Life and Times (2001) et au documentaire Making a Noise (PBS).

Bibliographie

Bill FLANAGAN, « The Return of Robbie Robertson », Musician, 107 (sept. 1987).

Michael GOLDBERG, « The Second coming of Robbie Robertson », Rolling Stone, 513 (19 nov. 1987).

Jay COCKS, « The Half-breed rides again », Time (23 nov. 1987).

Shauna KENNEDY, « Power songs », Canadian Musician (déc. 1994).

Robert EVERETT-GREEN, « Still waltzing : Robbie Robertson got turned on to music on a Mohawk reserve », Globe and Mail (1er mars 2003).

Brian WRIGHT-MCLEOD, The Encyclopedia of Native Music (Tucson, Arizona, 2005).

Vidéographie

Going Home - Robbie Robertson : Bunting, dir.; Laser Light 82 016 (1998).

Behind the Music : Robbie Robertson : VH 1.