Cours

La rivière Saskatchewan naît de la confluence des rivières Saskatchewan Nord et Sud, qui prennent toutes les deux leurs sources dans les Rocheuses. Ces deux rivières suivent un cours presque parallèle jusqu’à ce que la Saskatchewan Sud traverse Medicine Hat, en Alberta, où elle bifurque vers le nord-est pour aller rejoindre la Saskatchewan Nord, juste à l’est de Prince Albert, en Saskatchewan. À partir du confluent des deux rivières, la rivière Saskatchewan s’écoule vers l’est jusqu’au lac Tobin, formé par le barrage E.B. Campbell, pénètre dans le delta (les marais de Cumberland), passe Cumberland House, traverse la frontière entre la Saskatchewan et le Manitoba, arrose The Pas, et se déverse dans le lac Cedar.

Flore et faune

Le delta de la rivière Saskatchewan est le plus grand delta intérieur d’eau douce d’Amérique du Nord. Il abrite de nombreux mammifères, notamment des wapitis, des cerfs de Virginie, des ours noirs, des rats musqués, des castors, des visons, des loutres, des lynx et des loups, ainsi que plus de 200 espèces d’oiseaux, notamment le canard colvert, le fuligule à collier, la sarcelle à ailes bleues, le fuligule à dos blanc et la bernache du Canada. On y trouve également 48 espèces de poissons, notamment le doré jaune, le grand brochet et l’esturgeon jaune, une espèce en voie de disparition. Pour protéger cette grande diversité d’espèces et les populations d’oiseaux aquatiques, le delta, ainsi que le lac Tobin, ont été désignés habitat d’importance nationale pour la sauvagine. D’autres zones humides dans le bassin de la rivière Saskatchewan offrent également des habitats essentiels aux oiseaux aquatiques.

Problèmes environnementaux

La qualité de l’eau de la rivière Saskatchewan dépend essentiellement de celle de ces affluents en amont – les rivières Saskatchewan Nord et Sud – qui traversent des centres urbains et des zones agricoles très productives et qui sont donc contaminées par des engrais, des pesticides et des eaux usées municipales. De nombreux barrages hydroélectriques et plusieurs canaux de diversion servant à l’irrigation ont par ailleurs été aménagés le long des rivières Saskatchewan Nord et Sud. La rivière Saskatchewan est elle-même équipée de trois barrages hydroélectriques, deux sur le lac Tobin, dans l’est de la Saskatchewan, – la centrale hydroélectrique de Nipawin et le barrage E.B. Campbell –, et une à l’extrémité du delta – la centrale de Grand Rapids –, entre le lac Cedar et le lac Winnipeg. La présence de ces barrages et la modulation associée des débits se sont traduites par une diminution de la fréquence des inondations des zones humides et des marais dans le delta. Cette diminution est réputée problématique puisque ce sont les inondations qui alimentent normalement les zones humides en y déposant des éléments nutritifs.

Histoire

Les Autochtones habitent depuis plus de 10 000 ans dans le bassin de la rivière Saskatchewan qu’ils utilisent comme voie importante de transport entre l’est et l’ouest.Le bassin comprend les territoires traditionnels de la Confédération des Pieds-Noirs à l’Ouest, des Assiniboines (principalement au sud de la rivière), des Cris, des Ojibwés et des Métis. Les Assiniboines et les Cris ont joué un rôle important dans l’exploration et le développement de la traite des fourrures par les premiers Européens.

Entre 1690 et 1692, Henry Kelsey, un employé de la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH), devient le premier Européen à explorer la rivière Saskatchewan. La CBH ne s’intéressera cependant à ce cours d’eau que lorsqu’Anthony Henday, un autre employé, étendra le commerce jusque dans le bassin du cours supérieur, en 1754. Fort Paskoyac, premier d’une série de postes de commerce établis sur la rivière Saskatchewan, est construit en 1750 par Louis-Joseph de La Vérendrye où se situe aujourd’hui The Pas. Cumberland House, construit en 1774 par Samuel Hearne sur le cours inférieur de la Saskatchewan, est le premier poste de CBH situé dans les terres. C’est aujourd’hui le plus ancien village de la Saskatchewan. Les Français et les commerçants de la Compagnie de la Baie d’Hudson demeurent des rivaux durant toute la durée de la traite des fourrures. La traite des fourrures a de plus un impact négatif sur le style de vie des Premières Nations, notamment avec l’introduction de maladies européennes telles que la variole, la rougeole et la scarlatine. Ces maladies provoquent en effet des épidémies qui déciment les populations autochtones.