La rivière Arctic Red, qui coule sur 499 km en direction nord-nord-ouest, prend sa source dans les glaciers des Mackenzie monts-Nord; elle serpente à travers quatre chaînes de montagnes avant d'atteindre les basses terres du fleuve Mackenzie, traversant le cercle polaire et rejoignant le Mackenzie fleuve juste au sud de son delta. Au total, son bassin hydrographique a une superficie de quelque 23 200 km2. Tsiigèhnjik, son nom gwich'in, signifie « rivière de fer ». Le nom Arctic Red tire sans doute son origine des eaux limoneuses de la rivière.

Contrairement à bon nombre de rivières de montagnes, elle coule paisiblement sur la majeure partie de son cours. Ses vallées, entourées de hautes montagnes, fournissent un riche habitat au mouflon blanc, au caribou, à l'ours grizzli et au faucon pèlerin. Quant à son bassin, il abrite le peuple Gwichya Gwich'in. La communauté de Tsiigehtchic vit au confluent de la rivière avec le fleuve Mackenzie.

À la fonte des neiges en mai, les niveaux d'eau peuvent s'élever de 10 m et les blocs de glace du redoutable Mackenzie peuvent remonter jusqu'à 70 km dans la rivière Arctic Red. Sur leur passage, ils laissent des marques sur les arbres situés le long de la rive, qui atteint alors une hauteur de beaucoup supérieure à celle de l'été.

Alexander Mackenzie est le premier Européen à avoir aperçu la rivière Arctic Red en 1789, mais le peuple des Gwich'in y pratiquait déjà la chasse et la pêche depuis des milliers d'années. Aujourd'hui, les résidents de Tsiigèhtchic continuent de trouver les éléments essentiels à leur vie à même ce milieu riverain : le bois, issu des forêts d'épinettes, le poisson, l'orignal, la sauvagine, ainsi qu'une voie de communication vers leurs zones de trappage ancestrales. En 1993, la rivière a été désignée rivière du patrimoine canadien.