Elizabeth II est la reine du Canada, du Royaume-Uni et des 14 autres royaumes du Commonwealth (née le 21 avril 1926 à Londres, au Royaume-Uni). La reine est à la tête du Canada, du Royaume-Uni et des 14 autres royaumes du Commonwealth depuis 1952. Elle est également le premier monarque à être couronnée reine du Canada et détient le plus long règne de l’histoire de la Grande-Bretagne et du Commonwealth.

Naissance

La princesse Elizabeth Alexandra Mary naît le 21 avril 1926 dans la maison de Londres de ses grands-parents maternels, Claude et Cecilia Bowes-Lyon, comte et comtesse de Strathmore. Ses parents sont le prince Albert, duc de York (futur George VI) et deuxième fils du roi George V et de feue Lady Elizabeth Bowes-Lyon.

Au moment de sa naissance, elle est la troisième héritière du trône; il semble donc improbable qu’elle devienne un jour reine. Son oncle, le futur Edward VIII, n’est pas encore marié, mais le peuple présume qu’il se mariera et engendrera une progéniture. Les lois de succession à l’époque stipulaient que tout fils né du duc et de la duchesse de York précéderait Elizabeth comme héritier. Malgré tout, les gens sont très intéressés par la naissance de la première petite-fille du roi George V. Cette dernière est baptisée dans la chapelle privée du palais de Buckingham le 29 mai 1926. Son parrain est l’ancien gouverneur général du Canada et son arrière-grand-oncle, le prince Arthur, duc de Connaught.

Premières années

Elizabeth n’a que huit mois lorsque ses parents s’embarquent pour une tournée mondiale de six mois en visitant l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Bien que la duchesse de York ait écrit dans son journal que de laisser l’enfant lui brisait le cœur, Elizabeth reste au Royaume-Uni sous les soins de ses grands-parents, comme le voulait la convention royale en cas de tournée mondiale de l’époque. Malgré les périodes d’absence fréquentes, Elizabeth, ses parents et sa jeune sœur, la princesse Margaret Rose (1930-2002), forment une famille proche qui adore passer du temps ensemble. George V a la réputation d’être très dur envers ses enfants. Cela ne l’empêche toutefois pas de gâter sa petite-fille. En effet, Elizabeth est très proche de ses grands-parents.

Crise d’abdication

Le 20 janvier 1936, George V décède, et l’oncle d’Elizabeth lui succède au trône en tant que roi Edward VIII. Son règne ne dure que 11 mois avant qu’il n’abdique le 10 décembre pour marier Wallis Simpson, une Américaine 2 fois divorcée. Cette abdication change la vie d’Elizabeth de façon radicale. Avec l’ascension de son père, le roi George VI, elle devient la première héritière du trône, et toute la famille déménage au palais de Buckingham. Les jeunes princesses sont loin d’être enchantées des changements engendrés par le couronnement paternel, qui mine le temps passé en famille et leur vie privée.

Éducation

Elizabeth et Margaret sont éduquées à la maison par une gouvernante, Marion Crawford, qui leur enseigne l’histoire, la géographie, la littérature et la composition. D’autres gouvernantes sont aussi mises à leur disposition pour les cours de français, de musique et de danse. La reine s’exprime de manière fluide en anglais comme en français. La grand-mère d’Elizabeth, la reine Mary, tient à cœur l’éducation de ses petites-filles. Aussi, elle les amène souvent dans les musées et les sites historiques pour approfondir leurs connaissances en l’histoire et les politiques des îles britanniques. Plus vieille, Elizabeth reçoit une éducation particulière pour l’aider à se préparer à sa future position de reine, éducation qui se manifeste en des leçons d’histoire et de science politique en compagnie du vice-recteur d’Eton College, sir Henry Marten, et en d’innombrables heures passées auprès de son père à apprendre de première main les devoirs d’un monarque constitutionnel.

Deuxième Guerre mondiale

Elizabeth et Margaret résident au château de Windsor, à l’extérieur de Londres, tout au long du conflit de la Deuxième Guerre mondiale. Durant cette période, Elizabeth continue à parfaire son éducation et commence à assumer des responsabilités officielles. À 14 ans, elle participe à sa première diffusion radiophonique en s’adressant aux enfants du Royaume-Uni et du Commonwealth dans le cadre de l’émission de la BBC Children’s Hour. Elle honore son premier engagement seule en 1943 en passant la journée avec le bataillon de chars des Grenadier Guards et en revêtant pour l’occasion le titre de colonel en chef honoraire. En 1944, elle devient conseillère d’État et commence à accompagner ses parents lors d’engagements royaux de part et d’autre du Royaume-Uni. En 1945, Elizabeth rejoint les rangs du Auxiliary Territorial Service en tant que subalterne et devient commandante junior vers la fin de la guerre. La reine est la seule chef d’État à avoir servi en uniforme durant la Deuxième Guerre mondiale.

Mariage

Elizabeth rencontre le prince Philip de Grèce durant son enfance, mais ce n’est que lors d’une visite au Dartmouth Naval College, en 1939, que son intérêt pour lui se manifeste. Ils correspondent tout au long de la Deuxième Guerre mondiale, et Philip profite parfois d’un congé de la Royal Navy pour aller au château Windsor.

Le 9 juillet 1947, le palais de Buckingham annonce les fiançailles d’Elizabeth et de Philip. Au Canada, le premier ministreWilliam Lyon Mackenzie Kingconvoque le Conseil privé afin de faire approuver l’union de la future reine du Canada. Le couple se marie à Westminster Abbey, à Londres, le 20 novembre 1947. La cérémonie est diffusée sur les ondes radiophoniques de la BBC à un auditoire international de plus de 200 millions de personnes, permettant du même coup aux Canadiens de célébrer cette union. William Lyon Mackenzie King envoie au couple royal de l’argenterie antique comme cadeau de mariage (après consultation avec l’ancienne vice-reine, la comtesse d’Athlone) et un manteau de vison pour la princesse.

Maternité

Le premier enfant du couple, le prince Charles, naît au palais de Buckingham le 14 novembre 1948. Une fille, princesse Anne, vient au monde le 15 août 1950, suivie dix années plus tard par le prince Andrew (19 février 1960) et, un peu plus tard encore, le prince Edward (10 mars 1964). Elizabeth annonce son intention d’être mère à temps plein et allaite Charles jusqu’à ce qu’elle contracte la rougeole alors qu’il n’a que deux mois. La santé décroissante de George VI, toutefois, force Elizabeth à prendre le lourd horaire royal sur ses épaules durant les premières années de sa progéniture. En tant que reine, ses multiples tournées du Commonwealth ont fait en sorte que ses enfants ont passé de longues périodes de leur vie entourés de nounous et de leur grand-mère, la reine Elizabeth, reine mère.

Première tournée du Canada

Elizabeth visite le Canada pour la première fois à l’automne 1951 en compagnie de Philip. Le couple royal représente le roi George VI, qui vient tout juste de subir une opération pour un cancer du poumon. L’intérêt des Canadiens pour la tournée est immense, car le prestigieux couple formé par Elizabeth et Philip, tout comme William et Catherine en 2011, amène un vent de changement sur la monarchie. Ils sont le premier couple à se rendre au Canada par voie aérienne plutôt que maritime, et n’hésitent pas à prendre part aux activités typiquement canadiennes. Ils assistent ainsi à une partie de hockey au Maple Leaf Gardens, à une démonstration du Stampede de Calgary et de danse carrée à Rideau Hall. Ils sont accueillis à bras ouverts par les Canadiens de tous les milieux, même si Elizabeth semble plus réservée et timide que son très sociable époux. À son retour au Royaume-Uni, Elizabeth dit ceci de son séjour canadien : « Je doute qu’il y ait sur terre un territoire plus rempli d’espoir, de joie et d’un peuple beau, loyal et généreux… Ce pays et ce peuple chaleureux tiennent une place dans notre cœur, et leur chaleur toujours nous attirera vers leurs rives. »

Ascension au trône

George VI décède le 6 février 1952 alors qu’Elizabeth et Philip sont en visite au Kenya. La princesse, alors âgée de 25 ans, succède automatiquement au trône en tant que reine Elizabeth II. La nouvelle reine et son mari retournent sans attendre au Royaume-Uni, et l’ascension se fait sous l’accord bienveillant du peuple. Son père et son grand-père n’ont pas été élevés en vue de monter sur le trône, mais Elizabeth, elle, est l’héritière du trône depuis son plus jeune âge et jouit ce faisant d’une popularité extraordinaire.

À l’époque, le Canada n’a pas encore élu son nouveau gouverneur général. C’est donc le juge en chef Thibaudeau Rinfret qui proclame « la grande et puissante princesse Elizabeth Alexandra Mary » reine et « vassale suprême du Canada ». En décembre 1952, le titre canadien officiel de la reine est décidé à la conférence des premiers ministres du Commonwealth à Londres : Elizabeth II, par la grâce de Dieu, reine du Royaume-Uni, du Canada et de ses autres royaumes et territoires, chef du Commonwealth, défenseur de la foi.

Couronnement

Elizabeth II est couronnée en tant que reine à Westminster Abbey le 2 juin 1953, et marque l’histoire en étant le premier monarque à être couronnée chef du Commonwealth et reine du Canada. Sur sa robe se trouvent les symboles des royaumes du Commonwealth, dont des feuilles d’érable brodées pour le Canada (voir aussi Emblèmes du Canada).

La décision sans précédent de la reine de permettre aux caméras de télévision de filmer le couronnement permet à tout le Commonwealth d’assister aux célébrations. Puisque les enregistrements sont envoyés au Canada pour être diffusés pour la CBC, le couronnement devient ainsi la première émission diffusée de façon transatlantique. Le premier ministre Louis St. Laurent assiste au couronnement à Londres, alors que le gouverneur généralVincent Massey préside les célébrations sur la Colline du Parlement, où sont rassemblées plus de 100 000 personnes. D’autres fêtes sont également célébrées un peu partout au Canada, dont à St. John’s, à Terre-Neuve, qui tient la plus grande parade de son histoire, et à Toronto, qui offre un spectacle spécial à l’Exposition nationale canadienne.

Rôle politique au Canada

Le Canada est une monarchie constitutionnelle ayant la reine comme chef d’État. La Couronne détient le pouvoir de gouverner, mais celui-ci est confié au gouvernement, qui dirige le pays au nom du peuple. La Couronne devient ainsi un niveau gouvernemental au-dessus des partis politiques, et se réserve certains pouvoirs comme l’élection du premier ministre, l’ouverture du Parlement, la prorogation du Parlement et le déclenchement d’une élection. Les lois qui sont passées à la Chambre des communes et au Sénat doivent recevoir l’assentiment royal avant d’être mises en vigueur. Au Canada, la Couronne est représentée par le gouverneur général au fédéral et par le lieutenant-gouverneur au provincial. Lors de ses passages au Canada, toutefois, la reine exerce directement son pouvoir en tant que chef d’État. En 1957, lors de sa première visite canadienne après son accession au trône, la reine ouvre le Parlement et prononce le discours du trône en personne. En 1976, la reine déclare les Jeux olympiques d’été ouverts à Montréal.

Chef du Commonwealth

Dès le début de son règne, la reine se dévoue à son rôle de chef du Commonwealth. Elle est le monarque ayant le plus voyagé dans l’histoire, et a visité toutes les nations du Commonwealth, à l’exception du Cameroun et du Rwanda. Pendant des décennies, la question de l’apartheid sud-africain domine les rencontres des dirigeants du Commonwealth et permet à la reine d’exercer son rôle de chef. Durant les années 1980, le premier ministre canadien Brian Mulroney soutient les sanctions économiques contre le régime d’apartheid, mesures que la première ministre britannique Margaret Thatcher refuse d’appliquer. La reine appuie la position de Brian Mulroney et soutient la libération de prison du futur président sud-africain Nelson Mandela.

Révolution tranquille au Québec

Jusque dans les années 1960, la monarchie est populaire au Québec, car la Couronne est vue comme une protectrice des droits des minorités. Lors de la visite de la reine à Montréal en 1939, on estime à deux millions le nombre de personnes présentes. En 1953, des fêtes sont tenues dans la ville de Québec en l’honneur du couronnement de la reine. Toutefois, la Révolution tranquille des années 1960 change l’attitude du peuple devant la monarchie du tout au tout et fait de la reine un symbole de l’oppression britannique. En 1964, la reine s’adresse à l’Assemblée législative du Québec en français, déclarant : « Il m’est agréable de penser qu’il existe dans notre Commonwealth un pays où je puis m’exprimer officiellement en français. » Malgré ses bons sentiments, la reine fait face à des foules de protestataires qui lui tournent le dos et lui crient de rentrer chez elle. La police réprimande durement ces émeutes en ce jour qui est désormais connu sous le nom de « Samedi de la matraque ».

Monarchie au Canada anglais

Au Canada anglais durant la même période, la monarchie inspire l’indifférence plutôt que l’hostilité. En 1959, la journaliste de la CBC Joyce Davidson commente, dans le cadre du Today Show de la NBC : « Comme la plupart des Canadiens, je suis indifférente à la visite de la reine, » faisant référence à la tournée de six semaines de la reine et du prince Philip dans toutes les provinces et tous les territoires du pays. Le public canadien réagit toutefois avec outrage, et des sondages montrent que la majorité des Canadiens en 1959 ont hâte à la visite royale.

Durant les années 1960 et 1970, toutefois, de plus en plus de figures importantes du Canada expriment des sentiments similaires à ceux de la journaliste. En 1967, le haut commissionnaire britannique au Canada, sir Henry Lintott, écrit que ses conversations avec le premier ministre Lester Pearson lui ont révélé que ce dernier « croit désormais que les jours de la monarchie au Canada sont comptés et que le Canada devrait avoir son chef d’État le plus tôt possible ». Dans les années 1970, de moins en moins de références sont faites quant au rôle de chef d’État de la reine, ce qui contribue à donner l’impression que la monarchie est en déclin.

Malgré tout, le futur de la Couronne au Canada est protégé par la Loi constitutionnelle de 1982 : l’article 41(a) stipule que tout changement qui concerne la reine, le gouverneur général ou le lieutenant-gouverneur d’une province nécessitait l’assentiment de toutes les législatures provinciales, en plus de celles du Sénat et de la Chambre des communes.

Couronne et Premières Nations canadiennes

La Couronne jouit d’une relation spéciale avec les Premières Nations canadiennes depuis la ratification par le roi George III de la Proclamation royale de 1763, qui garantit les droits territoriaux aux Autochtones. Tout comme au Québec avant la Révolution tranquille, beaucoup des chefs autochtones voient la Couronne comme une protectrice des minorités. Les visites de la reine au Canada incluent des rencontres avec les chefs des Premières Nations et la participation à plusieurs événements culturels. En 1970, la reine rend visite à des communautés reculées du cercle arctique avec Philip et leurs deux enfants aînés, Charles et Anne. Cette tournée d’envergure marque officiellement le centenaire des Territoires du Nord-Ouest, mais permet aussi à la reine de bâtir une relation avec les Inuitset d’affirmer la souveraineté du Canada dans l’Arctique par sa présence dans la région.

Intérêt renouvelé pour la monarchie canadienne

La visite de la reine au Canada en 2010 amorce une période d’intérêt renouvelé pour la monarchie canadienne. La reine et le prince Philip célèbrent la fête du Canada sur la colline Parlementaire devant une foule de 70 000 personnes. Dans son discours bilingue, la reine affirme : « Tout au long de ma vie, j’ai été témoin de plus de la moitié de l’histoire de ce pays depuis sa Confédération. J’ai regardé avec la plus grande admiration le Canada grandir et évoluer tout en restant fidèle à son histoire, à son caractère distinctif et à ses valeurs. » L’année suivante, William et Catherine, le duc et la duchesse de Cambridge, voyagent de part et d’autre du Canada dans le cadre de leur première tournée outre-Atlantique en tant que couple marié. Le succès de la tournée de 2011 suggère un avenir prometteur pour la monarchie une fois terminé le présent règne de la reine. En 2012, la reine reste au Royaume-Uni pour le jubilé de diamant, mais le 60e anniversaire de son ascension demeure l’occasion pour tout le Commonwealth de célébrer son règne et ses réalisations. Ses enfants et ses petits-enfants la représentent dans le cadre du jubilé de diamant un peu partout dans le Commonwealth. L’accueil est chaleureux lorsque le prince de Galles et la duchesse de Cornwall visitent le Canada lors du week-end de la fête de Victoria.

Apport militaire

En tant que chef d’État, la reine est officiellement commandant en chef des Forces canadiennes et colonel en chef honoraire des 13 régiments canadiens : le Argyll and Sutherland Highlanders of Canada (Princesse Louise), le Calgary Highlanders, le Canadian Grenadier Guards, les ingénieurs militaires canadiens, le 48th Highlanders of Canada, le Governor General’s Foot Guards, le Governor General’s Horse Guards, le King’s Own Calgary Regiment, le Régiment de la Chaudière, le Rocky Mountain Rangers, le Royal New Brunswick Regiment, le Royal 22e Régiment (les Vandoos) et le Stormont, Dundas and Glengarry Highlanders. La reine est aussi capitaine en chef de l’Artillerie royale canadienne.

Philanthropie et intérêts

La reine parraine plus de 600 œuvres de charité et autres organismes culturels et philanthropiques, dont 33 situés au Canada. Les parrainages canadiens de la reine incluent la Société canadienne du cancer, la Canadian Nurses Association, Save the Children Canada, la Royal Canadian Humane Association, Queen’s Plate et la Royal Agricultural Winter Fair, à Toronto. D’autres monarques et leur famille ont étendu le parrainage royal aux hôpitaux depuis le XVIIIe siècle. Le parrainage royal d’organismes de défense des animaux (voir aussi Animaux, questions relatives aux) reflète l’amour de la reine pour les chiens, l’équitation et les courses de chevaux.