Vie

Jusqu’à l’âge de six ans, il vit avec sa famille près de Coral Harbour avant d’emménager plus tard dans la région de Lake Harbour, maintenant appelée Kimmirut. Jusqu’à sa quarantaine, il même une vie semi-nomade centrée sur la chasse et la pêche, voyageant le long de la côte sud-ouest de l’île de Baffin. Vers la fin des années 1950, Pudlo Pudlat s’installe à Kiaktuuq, près de Cape Dorset, afin de se remettre de la tuberculose. C’est là qu’il rencontre James Houston, le directeur fondateur de la West Baffin Eskimo Co-operative, et qu’il commence à faire de l’art. Encouragé par James Houston, puis par son successeur Terry Ryan, il se met à la sculpture. Cependant, une blessure au bras rend cette activité trop difficile pour lui, et il passe au dessin en 1959 ou 1960. Il s’adonne ensuite à la gravure, à la peinture à l’acrylique et au dessin avec des crayons à mine de graphite, au crayon de couleur et au crayon-feutre.

Art

Pudlo Pudlat a l’opportunité unique d’observer les transformations de l’existence traditionnelle inuite dans les années 1950, passant d’un mode de vie semi-nomade à la sédentarité, et aussi par l’introduction de la technologie moderne dans l’Arctique. Cette transformation se reflète dans son art, où les avions, les hélicoptères et les poteaux de téléphone interagissent de façon étrange avec le paysage arctique et ses animaux. Parmi ses juxtapositions insolites, on peut citer par exemple un individu perché sur un bœuf musqué prenant un avion au lasso, ou un huard conduisant un canot à moteur. L’œuvre de Pudlo Pudlat symbolise de plusieurs façons les paradoxes produits par la rencontre entre les cultures inuite et occidentale. Un tableau sans titre datant des années 1980, par exemple, présente un amas de maisons primitives en avant-plan. Derrière elles se trouvent un poteau de téléphone et une antenne placés sur d’immenses rochers, et le long d’un horizon dépourvu d’arbres on distingue tout juste les sombres silhouettes de deux chasseurs portant des lances et des couteaux. Surplombant le tout, deux jets traversent le ciel entre des nuages bleus. Ce tableau est quelque peu empreint d’un étrange surréalisme produit par le mélange du mode de vie traditionnel inuit avec les technologies et aménités modernes. Dans son dessin en couleur de 1990, Old and New, des chasseurs en canot pagaient sur l’eau vers une gigantesque oie entourée par ses petits alors qu’un jet passe dans le ciel. Dans Old and New, ce qui frappe surtout, ce n’est pas seulement l’oie drôlement immense, mais aussi la différence de taille presque comique entre les technologies modernes, le monde naturel et les êtres humains.

La plupart des musées canadiens comptent dans leurs collections des œuvres de Pudlo Pudlat, notamment le Musée des beaux-arts du Canada et certaines institutions internationales. Son art a aussi été objet d’expositions individuelles à travers le Canada, ainsi qu’aux États-Unis et en Europe. En 1990, le Musée des beaux-arts du Canada organise une exposition rétrospective de ses dessins, intitulée Pudlo : trente années de dessin, et organise une autre exposition majeure, Pudlo Pudlat: A Celebration, en 1993. La même année, une autre exposition individuelle de son art, intitulée Pudlo Pudlat: A Meeting of Cultures, a lieu à la Collection McMichael d’art canadien.

Voir aussi Art inuit.