Présents du Roi

À la fin du XVIIe siècle, la pratique d'offrir régulièrement des cadeaux aux partenaires de commerce et alliés autochtones, commencée par le gouverneur MONTMAGNY en 1648, est institutionnalisée sous l'appellation « Présents du Roy » à l'occasion d'une rencontre annuelle avec le gouverneur général de la Nouvelle-France à Montréal. Cette distribution au Canada avait lieu à Montréal et, après 1713, à Port Toulouse au Cap-Breton pour les Nations des Maritimes. Le protocole adopté, soit la cérémonie du CALUMET , était souvent associé à la remise de cadeaux. On ne doit pas confondre les présents ordinaires du roi avec les indemnités payées aux alliés de guerre et aux guides, ou avec les présents offerts pour sceller des alliances, pour traverser les territoires de chasse et pour obtenir la permission de construire des forts, des postes de traite et des missions sur des terres reconnues par l'administration française comme des propriétés autochtones, bien que sous la gouverne et la protection de la France.

En 1702, Louis XIV commence à s'inquiéter que les présents du roi soient considérés comme un paiement obligatoire, une sorte de tribut « comme prix de notre amitié » . En 1707, l'ordre est donné de diminuer les présents « petit à petit, jusqu'à ce qu'on puisse les éliminer complètement » .

Malgré cela, le montant augmente à chaque décennie jusqu'à la conquête britannique. Les Britanniques décident d'éliminer la pratique, mais sir William JOHNSON, surintendant des Affaires indiennes, convainc le régime militaire de continuer à offrir des présents annuels. Les présents du roi étaient indispensables pour garder la coopération des autochtones pendant la GUERRE DE L'INDÉPENDANCE AMÉRICAINE et la GUERRE DE 1812. La pratique demeure une composante essentielle des relations entre militaires et peuples autochtones jusqu'en 1830. On tend de plus en plus à la remplacer par les sommes versées annuellement au titre des divers TRAITÉS de cession de terres conclus à compter de 1784.