Tlichos (Plats-Côtés-de-Chien)

Les Tlichos, également appelés Plats-Côtés-de-Chien, forment un groupe autochtone qui s'appelle lui-même Doné, c'est-à-dire « le peuple ». Ils font partie de l'ensemble des Dénés qui regroupe les groupes de la grande famille linguistique athapaskane. Pour se distinguer des bandes dénées avoisinantes (Dénésulines, Escalves, Sahtu Got'ine et K'asho Got'ine), ils adoptent le nom de Tlicho qui veut dire « côté de chien », bien qu'il s'agisse d'une épithète crie désignant les locuteurs athapascans. Leur territoire s'étend à l'est du fleuve Mackenzie, depuis le Grand lac des Esclaves jusqu'au Grand lac de l'Ours dans les Territoires du Nord-Ouest. Au milieu du XIXe siècle, ils sont au nombre de 800 environ, alors qu'en 1970, on en compte quelque 1700, plus de 1900 en 1986 et plus de 2000 en 1996.

Des temps précédant l'arrivée des Européens jusqu'à nos jours, les Tlichos chassent le caribou de la toundra dans la forêt boréale en hiver, puis suivent le troupeau durant sa migration printanière jusqu'à la bordure des terres arides de la toundra, où ils le retrouvent à l'automne. L'orignal, le lièvre (qui vivent dans les forêts), les oiseaux aquatiques et les poissons migrateurs constituent aussi d'importantes sources de nourriture. Les liens de parenté étendue permettent aux familles de passer facilement d'une bande à une autre. Dans les temps anciens, plusieurs personnes font l'expérience de pouvoirs surnaturels acquis grâce à des esprits ayant revêtu une forme animale. Les prouesses de chasseur doublées d'un généreux souci du bien-être commun, la sagesse, les talents oratoires et les pouvoirs de « guérison » donnent à l'individu de l'autorité et du leadership.

Les Tlichos commencent à s'intéresser à la traite des fourrures vers le début du XIXe siècle. Cependant, ce n'est qu'en 1852 qu'est établi Fort Rae, situé sur le bras Nord du Grand lac des Esclaves. Il s'agit du premier poste de traite établi sur leurs terres. En 1859, les missionnaires catholiques entreprennent de les convertir. Au début du XIXe siècle, les Couteaux-jaunes les intimident et les attaquent. En 1823, le massacre par les Tlichos des Couteaux-jaunes de la bande de Long Leg met fin à la menace. Selon leur tradition orale, une paix durable est établie, quelques années plus tard, avec le concours des pouvoirs de guérison et de la force oratoire, lorsque leur chef Edzo et quelques compagnons rencontrent Akaitcho, le grand chef des Couteaux-jaunes et sa bande.

L'établissement d'écoles dans tous les villages des Tlichos à la fin des années 50 facilite leur accès à l'éducation à la manière du Sud et à leur formation dans des domaines non traditionnels. Fort Rae a été transformé en village permanent (voir Behchokò) où vivent des centaines de Tlichos. Ils ont aussi d'autres villages plus petits, dont Detah, près de Yellowknife, de même que des hameaux à Whatì (autrefois Lac la Martre et Wha Ti) et aux lacs Rae et Snare. Dans ces hameaux isolés, les activités traditionnelles de chasse, de pêche et de piégeage demeurent essentielles. Toutefois, depuis la fin des années 80, le piégeage est de moins en moins pratiqué et, dans le Nord, on prétend généralement que cette baisse serait une conséquence directe des mouvements pour la défense des animaux.

En 1921, les Tlichos et d'autres groupes de Dénés du Grand lac des Esclaves signent le traité n° 11. À la suite des pressions croissantes en faveur de l'exploitation de la vallée du Mackenzie dans les années 60 et 70, et plusieurs dispositions du traité n'ayant jamais été respectées, les Dénés exercent des pressions afin que le gouvernement fédéral assurent leurs droits politiques, fonciers et autres dans les Territoires du Nord-Ouest. À partir de 1981, sous la politique unie de la Nation dénée, les Tlichos participent à la négociation d'une revendication territoriale globale. Toutefois, les négociations sont rompues lorsque leurs chefs rejettent la version finale de l'entente en 1990. Ils se séparent de la Nation dénée et, en 1995, ils entament eux-mêmes les négociations de leur revendication territoriale, qui porte à la fois sur leur autonomie gouvernementale et leurs droits fonciers et de gestion. En 1998, les Tlichos s'attendaient à ce qu'une entente de principe soit conclue.

Voir aussi Autochtones : la région subarctique et des articles généraux sous la rubrique Autochtones.