Plantes nuisibles

Les plantes nuisibles ou mauvaises herbes sont des plantes qui poussent dans des endroits où les humains n'en veulent pas. Leurs défauts sont variés. Ces plantes privent les plantes cultivées de lumière, d'eau et de substances minérales nutritives. Elles sont parfois toxiques pour les humains et les animaux domestiques. Elles sont des foyers de maladie des plantes, hébergent des insectes et des microbes, contaminent le lait ou d'autres produits agricoles, portent des épines et des piquants, causent des allergies comme le rhume des foins. Les plantes nuisibles ne se trouvent pas seulement dans les régions agricoles, mais aussi en forêt, dans les lacs, dans les aires de loisirs, le long des routes et dans d'autres lieux où l'homme est présent.

On en trouve pratiquement dans toutes les familles de plantes : chez les algues, les plantes vasculaires primitives, (p. ex. prêle des champs, Equisetum arvense, et la fougère aigle, Pteridium aquilinum), les plantes annuelles rampantes (p. ex. le pourpier, Portulaca oleracea), les hautes herbes vulgaires (p. ex. le chou gras, Chenopodium album), les vignes (p. ex. le petit liseron, Convolvulus arvensis), les parasites (p. ex. la cuscute, Cuscuta), les arbustes (p. ex. l'épine vinette, Berberis vulgaris) et les arbres (p. ex. l'érable du Manitoba, Acer negundo). Les plantes nuisibles partagent les qualités suivantes : croissance vigoureuse et luxuriante; maturation rapide; repousse vigoureuse après endommagement; production de graines abondante; germination intermittente des graines qui peut s'étendre sur plusieurs années; propagation souterraine de racines ou de rhizomes. Une mauvaise herbe ne possède pas toutes ces qualités à elle seule, mais peut en combiner plusieurs.

En agriculture, on estime que les plantes nuisibles créent plus de dommages que les insectes destructeurs et les maladies végétales combinées. Jusqu'au milieu des années 50, le binage et le sarclage étaient les principaux moyens de lutte contre les plantes nuisibles. Peu à peu, des moyens plus perfectionnés ont rendu la tâche plus facile, d'abord des machines tirées par les chevaux, puis ensuite par les tracteurs. Toutefois, on consacrait beaucoup de temps et d'énergie à la lutte contre les plantes nuisibles. Au début du siècle, la mise en oeuvre d'usines de nettoyage de graines de semence pour éliminer le risque de contamination par les plantes indésirables a marqué un progrès dans la lutte contre les plantes nuisibles.

La Loi sur les semences du Canada classe les semences selon leur teneur en graines de plantes nuisibles. Les semences exportées doivent contenir moins de graines de plantes nuisibles que le minimum spécifié, et les graines des espèces désignées comme nocives sont soumises à des règles encore plus strictes.

Lutte chimique

La lutte chimique à commencé vers 1950, quand l'usage du 2,4 s'est répandu. De nos jours, on permet la vente de plus de 100 produits chimiques comme herbicides au Canada. On en vend pour des millions de dollars chaque année, mais c'est quand même moins que ce qu'on dépenserait pour débarrasser les champs et les récoltes des plantes nuisibles. Les lois fédérale et provinciale sont prévues pour garantir que les herbicides soient commercialisés et utilisés de façon sûre. Les agriculteurs modernes essaient de maîtriser l'envahissement des plantes nuisibles en combinant les moyens chimiques et le labour. L'avènement des herbicides chimiques a modifié le problème des plantes nuisibles, mais ne l'a pas éliminé complètement.

Dans les Prairies, on a réduit la propagation de plantes nuisibles (p. ex. la moutarde sauvage, Sinapis arvensis), mais des espèces résistantes aux herbicides courants (p. ex. la sétaire verte, Setaria viridis) se sont beaucoup développées. Des changements similaires dans les populations de plantes nuisibles de différentes espèces se sont produits dans d'autres régions agricoles. Dans les années 70, plusieurs souches de plantes nuisibles résistantes aux herbicides ont commencé à apparaître. Le chou gras, le séneçon (Senecio vulgaris) et l'amarante repliée (Amaranthus retroflexus) ont des souches résistantes aux herbicides populaires à base de triazine.

Lutte biologique

La lutte biologique implique habituellement l'utilisation d'un insecte ou d'un champignon pour maîtriser une mauvaise herbe introduite. On a mis à l'essai de telles méthodes dans beaucoup de régions au Canada. À l'intérieur de la Colombie-Britannique, on a maîtrisé le millepertuis commun (Hypericum perforatum) avec des coccinelles. On essaie d'y éliminer également la centaurée noire (Centaurea) par l'action combinée d'insectes et de champignons. En général, les cibles sont les espèces vivaces des terrains en friche.

La partie sud des provinces des Prairies constitue la région agricole la plus vaste et la plus importante du Canada. Dans les terres cultivées de la Saskatchewan et du Manitoba, la sétaire verte était la mauvaise herbe la plus abondante (relevé de 1976 à 1979); venaient ensuite la folle avoine (Avena fatua) et la renouée liseron (Polygonum convolvulus). D'autres plantes nuisibles communes des terres agricoles canadiennes sont le pissenlit (Taraxacum officinale), le chardon des champs (Cirsium arvense), l'asclépiade commune (Asclepias syriaca), l'euphorbe ésule (Euphorbia esula), l'amarante (Amaranthus), le laiteron (Sonchus) et l'herbe à poux (Ambrosia).

Les plantes nuisibles croissent dans d'autres habitats : l'herbe à puces (Rhus radicans), dans les bois; le grand plantain (Plantago major) et le trèfle blanc (Trifolium repens), dans les pelouses. La mauvaise herbe aquatique non indigène, la myriophylle en épi (Myriophyllum spicatum), pose des problèmes complexes dans les lacs, les canaux et les ruisseaux dans toute la partie sud du Canada, tout comme l'élodée (Elodea canadensis), plante indigène du Canada, l'a fait en Europe dans les années 1800. Les plantes nuisibles peuvent avoir des qualités recherchées. Le trèfle blanc est une plante courante de pâture. Le mélilot (Melilotus) est dangereux au bord des routes, car il attire les abeilles près des voitures qui passent et cache les panneaux routiers, mais il est pourtant précieux comme plante de pâturage ou en foin et pour la production de miel. Voir aussi INSECTES UTILES; INSECTES NUISIBLES; PESTICIDES.