Pierre Falcon (dit Pierriche, Pierre le rimeur), poète, troubadour, est né le 4 juin 1793 à Elbow Fort, dans la Terre de Rupert, près de l’actuelle Swan River, au Manitoba, et est mort le 26 octobre 1876 à Grantown, la ville actuelle de Saint-François-Xavier, au Manitoba. Bien qu’il travaille comme marchand de fourrures, fermier et magistrat, Pierre Falcon est connu comme l’auteur de plusieurs poèmes et ballades qui racontent des événements et des expériences de premiers colons métis. Le lac Falcon situé à la frontière entre le Manitoba et l’Ontario est nommé en son honneur.

Éducation et carrière

De parents cris et français, Pierre Falcon est le fils d’un employé de la Compagnie du Nord-Ouest (CNO). À la fin des années 1790, on l’envoie vivre avec membres de sa famille dans le Bas-Canada. Il s’y fait baptiser et il y fait ses études. Il retourne dans son village natal en 1808. Pierre Falcon travaille à la CNO de 1808 à 1821 et après à la Compagnie de la Baie d’Hudson de 1821 à 1825, suite à la fusion des deux entreprises. En 1812, il se marie avec Marie Grant, fille de Cuthbert Grant père, Nor’Wester et partenaire à la CNO. Marie Grant, est la sœur de Cuthbert Grant, chef des Métis et surveillant des Plaines (Warden of the Plains) nommé par la CBH. En 1825, Pierre Falcon s’installe à Grantown (ville actuelle de Saint-François-Xavier, au Manitoba), où il devient cultivateur, et ensuite, il y est nommé magistrat en 1855.

Poète et Troubadour

Surnommé Pierriche (Pierre le rimeur), Pierre Falcon a le talent de composer spontanément des chansons que lui inspire tout événement local comme des aventures de chasseurs ou de voyageurs. La Chanson de la Grenouillère, par exemple, est une ballade composée à l’occasion du violent incident de Seven Oaks, le point culminant de la longue rivalité entre les deux commerçants de fourrures CNO et CBH, qui a entraîné la mort de 20 personnes. Parmi ses autres chansons qui ont survécu, on trouve La Danse des bois-brûlés (1816), qui raconte la deuxième partie de l’incident de Seven Oaks. Bien que la paternité de la chanson ne soit jamais confirmée, on l’attribue à Pierre Falcon. La chanson Le Général Dickson (1837) parle d’un aventurier qui quitte Grantown la même année et trouve un royaume autochtone en Californie. Les Tribulations d’un roi malheureux (1869), chanté sur l’air de The Wandering Jew de Fromental Halévy, proteste contre l’entrée de William McDougall dans la Colonie de la rivière Rouge.

Les ballades de Pierre Falcon sont chantées dans les Prairies par les Métis accompagnées d’un violon (crincrin) et sont portées dans tout le pays par les voyageurs, du fleuve Saint-Laurent au fleuve Mackenzie. Beaucoup de ses chansons sont perdues, car elles ne sont pas écrites, mais toutes les ballades ayant survécu se retrouvent dans Songs of Old Manitoba (1960) de Margaret Arnett MacLeod. En 2009, l’Institut Gabriel Dumont lance un CD et un livre nommés Pierriche Falcon : The Michif Rhymester, qui présentent des interprétations des chansons de Pierre Falcon en anglais et en français-michif. L’Institut Gabriel Dumont fait aussi paraître un essai, rédigé par Paul Chartrand, ancien membre de la Commission royale sur les peuples autochtones, sur l’importance des œuvres de Pierre Falcon, du nationalisme des Métis et de la langue michif.

Voir aussi : Musique des Métis; Métis, établissements; Rébellion de la rivière Rouge.