Piapot

Piapot, chef cri, également connu sous le nom de Payipwat (1816, sud des Prairies - 1908, réserve Piapot, Sask.). Durant les 92 années qu'a duré la vie de Piapot, les Prairies canadiennes connaissent des changements radicaux. Dans sa jeunesse, les Cris parcourent librement les plaines, où abondent encore les bisons. À sa mort, les Prairies sont colonisées par des vagues d'immigration massive, les bisons ont disparu et les premières nations sont isolées dans des réserves.

En qualité de chef de sa bande, il incombe à Piapot de guider son peuple durant ces périodes difficiles et de négocier les meilleures conditions possibles, tâches qu'il accomplit avec habileté. Il obtient des concessions des représentants des gouvernements en jouant de sa réputation d'adversaire dangereux, mais aussi de partenaire loyal.

Piapot signe le Traité no 4 en 1875, cependant, en 1883, une année de maladie et de famine sur sa réserve près de Indian Head (Saskatchewan) le convainc que son peuple ne survivra jamais à cet endroit. Grâce à sa volonté et à son habileté de négociateur, il réussit à obtenir de bien meilleures terres dans la vallée Qu'Appelle, où poissons et gibier abondent. Il y emmène sa bande en 1884. L'année suivante, Piapot s'assure d'une protection pour son peuple en déclarant sa loyauté au gouvernement pendant la rébellion du Nord-Ouest.

Néanmoins, il résiste à l'assimilation, refuse de se convertir au christianisme, et encourage fortement la préservation des coutumes et des croyances cries. En 1899, le ministère des Affaires indiennes le destitue de ses fonctions de chef pour avoir autorisé une cérémonie traditionnelle à laquelle le ministère s'était opposé. Cependant, sa bande continue de le considérer comme chef légitime jusqu'à sa mort, et sa mémoire est toujours honorée en Saskatchewan.