Alfred Pellan, peintre (né le 16 mai 1906 à Québec, Québec; décédé le 31 octobre 1988 à Laval). En 1923, alors que Alfred Pellan est encore étudiant à l'École des beaux-arts de Québec (1920-1925), la Galerie nationale du Canada achète sa toile intitulée Un coin du vieux Québec. Aussi, A. Pellan obtient-il, en 1926, la première bourse d'études en beaux-arts du gouvernement du Québec, ce qui lui permet d'étudier à Paris, où il demeurera jusqu'en 1940.

Là-bas, les couleurs dans ses natures mortes et ses études de figures deviennent plus intenses, ses rythmes linéaires plus fluides, ses images plus abstraites. Durant son séjour à Paris, sa réalisation la plus extraordinaire sera de remporter le premier prix à l'exposition d'art mural de 1935. À son retour au Canada, à cause de la Deuxième Guerre mondiale, il s'installe à Montréal. Il rapporte de Paris des oeuvres qui seront louangées dans des expositions à Québec et à Montréal en 1940 mais, comme l'art cubiste et surréaliste de Pellan est considéré comme trop d'avant-garde, il en vendra peu. Pour survivre, il enseigne à l'École des beaux-arts de Montréal de 1943 à 1952. Les objections qu'il formule à l'endroit des fondements théoriques étroits et académiques de Charles Maillard, le directeur de l'École, poussent ce dernier à démissionner en 1945; s'installe alors une atmosphère plus libérale dans l'École.

Au milieu des années 40, Alfred Pellan commence à illustrer des recueils de poésie et conçoit des costumes et des décors pour le théâtre. Durant cette période, il développe son style de la maturité. Il est de plus en plus attiré par le surréalisme : son imagerie devient plus érotique et ses peintures, aux couleurs toujours saisissantes, deviennent plus grandes, plus complexes et plus texturées. Son refus d'adhérer à une quelconque école d'art l'amène à former en 1948 Prisme d'Yeux, un regroupement d'artistes dont le manifeste réclame un art libre de toute idéologie restrictive.

En 1952, Pellan reçoit une bourse de la Société royale du Canada et déménage à Paris, où il vivra jusqu'en 1955, année où il devient le premier Canadien à présenter une exposition individuelle au Musée national d'art moderne. À son retour au Canada, de nombreuses expositions ainsi que des commandes de murales établissent sa renommée dans l'ensemble du pays. On lui consacre plusieurs monographies et films (par exemple, G. Lefebvre, Pellan, 1986) et il remporte de nombreux prix et distinctions, dont le prix Paul-Émile-Borduas en 1984. En outre, il est fait officier de l'Ordre national du Québec en 1985.