Pêche sur la glace

ILa glace fournit une plateforme saisonnière pour pratiquer la pêche au filet, au harpon ou à la ligne. Les gens du Nord de l'Europe et de l'Amérique du Nord utilisent ces façons de pêcher, hiver comme été, depuis la nuit des temps.

Pêche au filet

Le filet est employé pour la pêche commerciale et par ceux qui ont besoin d'une grande quantité de poissons pour nourrir leur famille et les meutes de chiens, ou pour approvisionner les éleveurs de renards ou de visons. Il est plus facile d'installer les filets avant que la glace ne s'épaississe. Une ligne est tendue sur une longueur de 50 m ou plus sous la glace; on perce ensuite des trous dans la glace et on fait passer la ligne d'un trou à l'autre au moyen d'un long bâton. Cette ligne est ensuite utilisée pour tirer une corde qui étend le filet, les flotteurs et les poids sous la surface.

Une autre méthode consiste à se servir d'une navette, petit instrument de bois en forme de traîneau qu'on glisse le long de la surface inférieure de la glace. Sous la glace, la navette traîne une corde derrière elle et, lorsqu'on tire sur la corde, un levier se redresse; au moment où la corde est relâchée, le levier se rabat de telle sorte qu'il s'appuie contre la glace et pousse la navette vers l'avant. On peut voir le mouvement de la navette si la glace est claire ou on peut tendre l'oreille si la glace est couverte de neige. Lorsque la corde a été tirée sur une longueur suffisante, on perce un trou au-dessus de la navette et on la retire.

Pour récupérer le poisson, on tire le filet dans le sens opposé. Les filets doivent être déployés bien au-dessous de la surface, sinon les flotteurs resteront pris dans la glace. Les cordes qui retiennent le filet sont attachées à de longues perches qui les enfoncent profondément dans l'eau, car si elles adhèrent à la glace nouvellement formée dans le trou, elles risquent d'être coupées lorsqu'on voudra briser la glace.

La pêche au harpon

La pêche au harpon remonterait au paléolithique. Les peuples autochtones de l'Amérique du Nord excellent à ce genre de pêche : les Inuits harponnent la truite des lacs et l'omble chevalier à travers la glace. La foëne (kakivak) utilisée dans l'Est de l'Arctique est munie d'une pointe centrale pour transpercer le poisson et de fourchons latéraux renversés pour le retenir. Afin d'attirer le poisson, on agite des leurres en os, en andouiller ou en ivoire. Au Canada, la foëne est encore employée dans l'Arctique, mais elle est interdite plus au sud, sauf pour la capture des anguilles hivernant dans les estuaires des provinces de l'Atlantique et pour la pêche sportive au Québec.

La pêche à la ligne

Les hameçons nous viennent d'outils primitifs comme les hameçons droits qui datent du paléolithique et qui étaient destinés à être avalés par le poisson. Les leurres faits de métal brillant et émaillé ont remplacé dans une large mesure l'hameçon appâté conçu pour être avalé. Au Canada, la pêche sur la glace est un passe-temps très répandu; on la pratique du Labrador à la vallée de l'Okanagan, du détroit de Lancaster au lac Sainte-Claire.

Les cannes à pêche et les moulinets peuvent être des instruments très élaborés ou de simples diabolos de bois. Il y a trois façons de les utiliser : dans la première, le pêcheur, assis dans un abri, surveille l'hameçon et tire dessus lorsqu'il est avalé par le poisson; dans la deuxième, le pêcheur regarde la ligne afin de détecter tout mouvement indiquant que le poisson mord à l'hameçon; dans la troisième, le pêcheur tire sur l'hameçon en donnant de petits coups secs afin de ferrer la proie.

On utilise aussi des lignes fixes. L'hameçon est généralement appâté d'un morceau d'éperlan ou de fretin. Parfois, un moulinet à ressort est utilisé ou un système à bascule.

Une variété de poissons font l'objet de captures : perches, achigans et brochets dans le lac Érié; requins du Groenland au large de Pond Inlet; inconnus dans un chenal du delta du Mackenzie; dorés jaunes dans la baie de Quinte; poulamons à Sainte-Anne-de-la-Pérade; truites mouchetées dans les étangs de la région d'Halifax.

La plupart des Canadiens ont accès à des bassins où cohabitent plus d'une des espèces suivantes : grand CORÉGONE, perchaude (voir PERCHE), doré jaune (voir BROCHETON), lingue (lotte), BROCHET du Nord et TRUITE arc-en-ciel.