Le Parti vert du Canada, l’un des partis politiques du paysage fédéral, considère que l’environnementalisme est la solution pour développer une société durable.

Idéologie

Fondé en 1983 et inspiré par la réussite de ses partis-frères en Nouvelle-Zélande et en Allemagne, le Parti vert cherche à élargir le traditionnel débat gauche-droite en mettant un accent particulier sur la protection de l’environnement et la préservation des ressources naturelles. En 2002, le Parti vert adopte les six principes fondamentaux de la Charte des Verts mondiaux : la sagesse écologique, la justice sociale, la démocratie participative, la non-violence, le développement durable et le respect de la diversité.

Au Canada, le chef fondateur du parti est Trevor Hancock, qui dirige l’organisation de 1983 à 1984, suivi de Seymour Trieger (1984-1988), de Kathryn Cholette (1988-1990), de Chris Lea (1990-1996), de Wendy Priesnitz (1996-1997), de Harry Garfinkle (1997), de Joan Russow (1997-2001), de Chris Bradshaw (2001-2003), de Jim Harris (2003-2006) et d’Elizabeth May (depuis 2006).

Orientation politique

Au fur et à mesure que l’activisme écologique passe des mains des groupes d’intérêts à celles d’un nouveau parti politique, des questions apparaissent : quelle sorte de parti est-ce et où se situe-t-il dans le paysage politique? Le Parti vert préconise-t-il une idéologie complètement nouvelle? Comment pourra-t-il aller au-delà d’un problème unique et adopter un point de vue global qui couvre un large éventail d’enjeux sociaux?

Si le Parti vert penche vers la gauche, comment peut-il se différencier d’un parti social-démocrate tel que le Nouveau Parti démocratique? De nombreux activistes du Parti vert se défendent d’être « de gauche ou de droite », voyant plutôt l’organisation comme un amalgame de politiques progressistes sur le plan social, conservatrices sur le plan fiscal et écologiques en matière d’environnement. Depuis 2006, la chef Elizabeth May guide le parti dans une direction plus centriste.

D’autres sujets de débat fondamentaux surgissent, notamment en ce qui a trait à la centralisation – ou la décentralisation – de la prise de décisions au sein du parti et à la manière de coordonner les partis verts des provinces avec le parti national.

Difficultés en début d’existence; réussites récentes

Le Parti vert présente des candidats aux élections fédérales depuis 1984. Au cours de chacune des quatre premières élections, le parti présente moins de 100 candidats. La situation change en 2004, sous la direction de Jim Harris, alors qu’il compte des candidats dans chacune des 308 circonscriptions fédérales.

Depuis, le parti ne cesse de prendre de l’importance. En 2004, il recueille plus de 582 000 voix (soit 4,3 % de l’ensemble des voix). En 2006, le parti recueille plus de 664 000 voix (4,5 %); ce résultat déçoit pourtant de nombreux membres, qui s’attendaient à une performance beaucoup plus spectaculaire du parti sous la direction d’Elizabeth May, leader de renom. Deux ans plus tard, aux élections de 2008, le parti connaît un regain considérable, obtenant plus de 937 000 voix (6,8 % de l’ensemble des voix).

Lors des élections fédérales de 2011, le Parti vert ne récolte que 576 221 voix (soit 3,9 % de l’ensemble des voix). Toutefois, c’est une importante victoire pour Elizabeth May, qui remporte un siège dans la circonscription britanno-colombienne de Saanich-Gulf Islands et devient ainsi la première députée à représenter le parti au Parlement. Depuis, Elizabeth May a été nommée parlementaire de l’année (2012) par ses collègues de la Chambre des communes, députée la plus assidue (2013) et meilleure oratrice (2014). À partir de décembre 2013, May ne fera plus cavalier seul à la Chambre des communes; en effet, un second représentant fédéral se joint à elle, en la personne de Bruce Hyer, ancien député néodémocrate ayant rejoint les rangs de son parti.

Des partis verts provinciaux existent dans la majorité du Canada. Certains d’entre eux ont d’ailleurs réalisé d’importants progrès au cours des élections les plus récentes. Le Parti vert de Colombie-Britannique remporte son premier siège à l’Assemblée législative lors des élections provinciales de 2013. Les verts remportent également un siège au Nouveau-Brunswick en 2014, puis à l’Île-du-Prince-Édouard en 2015.

Difficultés

Le Parti vert doit surmonter, au cours de son histoire, de nombreux obstacles dans sa quête pour s’imposer sur la scène politique canadienne. La stratégie des partis au Parlement est en règle générale de ne pas tenir compte des verts, les diffuseurs excluent parfois le parti des débats télévisés mettant en vedette les principaux leaders et les systèmes électoraux n’attribuent pas les sièges proportionnellement au nombre de votes. En 2011, près de 4 % des électeurs appuient le parti, dont les députés élus représentent pourtant moins de 1 % de la Chambre des communes. C’est pourquoi certains citoyens hésitent à voter pour le parti puisque, pour eux, il s’agit d’un vote perdu. En ce qui concerne le Parti vert, un système électoral plus proportionnel pourrait véritablement changer la donne.

Le Parti vert est passé du statut de parti marginal à un statut de petit parti important (avec des sièges à la Chambre des communes et dans trois législatures provinciales). Le parti doit encore trouver un espace idéologique suffisant dans l’éventail politique canadien.