Les Outaouais (ou Odawas), sont un peuple de langue algonquienne vivant au nord du territoire des HURONS à l'époque de l'arrivée des Français dans la région en amont des Grands Lacs. Selon une tradition des Outaouais, que partagent les Ojibwés et les Potawatomis, ces trois groupes formaient jadis un seul peuple. La division des Algonquiens de la région supérieure des Grands Lacs semble s'être faite à Michilimackinac, point de rencontre des lacs Huron et Michigan. Les Outaouais, ou « les traiteurs », demeurent près de Michilimackinac, tandis que les Potawatomis, « ceux qui font ou entretiennent un feu », vont vers le sud en remontant le lac Michigan et que les Ojibwés, ou « rôti à en être plissé », vont vers Sault Ste. Marie, au nord-ouest.

Peuplement et économie Comme celle des autres peuples de la région des Grands Lacs, l'économie des Outaouais repose sur l'agriculture, la pêche, la chasse et le commerce. Ils entretiennent des liens étroits avec les Hurons, leurs voisins, et constituent, en réalité, un élément vital du soi-disant « empire commercial huron ». Lorsque les IROQUOIS détruisent la HURONIE au milieu du XVIIe siècle, les Outaouais s'enfuient vers l'ouest. Vingt ans plus tard, ils retournent dans l'ÎLE MANITOULIN, mais continuent d'occuper des villages ailleurs sur les rives des Grands Lacs. Ils établissent leurs principaux villages près du fort français à Michilimackinac, mais bon nombre d'entre eux émigrent vers la région de Detroit quand les Français y construisent un fort, en 1701. Au cours du combat final pour la possession du Nord-Est de l'Amérique du Nord, les Outaouais appuient les Français.

Après la défaite de ces derniers, les Outaouais organisent, sous la direction de PONTIAC de la région de Detroit, un soulèvement de toutes les bandes contre les Anglais qui menacent d'empiéter sur leurs territoires. Si l'insurrection échoue, elle incite néanmoins les Anglais à émettre la PROCLAMATION ROYALE DE 1763, qui reconnaît aux bandes autochtones le droit légal de revendiquer la propriété des terres qu'elles occupent. Cette proclamation, élément crucial des droits fonciers des autochtones au Canada, s'applique encore aujourd'hui (voirTRAITÉS INDIENS; REVENDICATIONS TERRITORIALES).

Les Outaouais (ou Odawas, comme ils préfèrent se nommer) combattent aux côtés des Britanniques pendant la guerre de l'Indépendance américaine et la guerre de 1812, sous la direction de Jean-Baptiste Assikinack, qui est un de leurs chefs. Après la signature de traités avec les Américains dans les années 1820 et 1830, plusieurs Outaouais du Michigan s'installent dans l'île Manitoulin. Assikinack, devenu un catéchiste catholique, convainc bon nombre d'insulaires d'embrasser la foi chrétienne. Bien qu'Assikinack accepte de céder l'île Manitoulin au gouvernement de la Province du Canada en 1862, plusieurs Outaouais s'y opposent et la partie orientale de l'île, à Wikwemikong, demeure un territoire non cédé.

Population Comme ils tendent à s'installer dans des communautés mixtes, il est difficile de recenser la population des Outaouais. Plusieurs de leurs descendants sont identifiés en tant qu'Ojibwés ou Potawatomis. En 1996, le Canada compte 7386 Outaouais inscrits. Aux États-Unis, quelque 5000 d'entre eux vivent dans des réserves au Michigan, au Wisconsin et en Oklahoma.

Au XIXe siècle, de nombreux Outaouais exploitaient leurs propres fermes ou travaillaient comme ouvriers agricoles ou comme bûcherons. Depuis 1945, certains d'entre eux ont déménagé de Wikwemikong à Sudbury et à Toronto pour y trouver des emplois. Daphne ODJIG, artiste autochtone réputée, est l'arrière-arrière-arrière-petite-fille d'Assikinack.

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