Description

L'Ours polaire (Ursus maritimus) est un grand carnivore à fourrure blanche et à peau noire. En général, l'ours polaire est le plus gros des huit espèces d'ours. Les adultes mâles sont généralement longs de 2,4 m à 2,6 m et pèsent entre 400 kg et 600 kg. Les adultes femelles sont moitié moins grosses; elles mesurent entre 1,9 m et 2,1 m en longueur et pèsent entre 200 kg et 300 kg.

Distribution et habitat

L'ours polaire se retrouve sur les cours d'eau glacés de l'Arctique circumpolaire. Il préfère les zones de la plate-forme continentale où le gel annuel recouvre de glace les eaux peu profondes et qui sont biologiquement plus productives que les eaux plus profondes du bassin polaire. On estime que la population mondiale d’ours polaires se situe entre 20 000 et 25 000 animaux, dont 64 à 80 pour cent se trouvent au Canada.Dans ce pays, les ours polaires fréquentent le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest et le Nunavut, ainsi que les régions septentrionales du Manitoba, de l’Ontario, du Québec et de Terre-Neuve et Labrador.

Alimentation

L'ours polaire se nourrit principalement de phoques marbrés et, à un degré moindre, de phoques barbus. Il apprécie également les phoques communs, les phoques à crête et, à l'occasion, les morses et les baleines blanches (ou béluga). Il attrape les phoques (voir Phoque et otarie) quand ceux-ci refont surface dans les trous d'aération, pourchasse les phoques pèlerins entrainés au large sur la glace marine et capture les phoques marbrés directement dans leurs tanières. Dans les régions comme la Baie d'Hudson, la glace marine fond complètement chaque été, forçant ainsi les ours à se retrancher sur la rive et à attendre que la glace se reforme. Sur terre ferme, l'ours polaire puise dans ses réserves de graisse l'énergie dont il a besoin. Même s'il y mange des baies, de l'herbe et d'autres aliments, ce type d'alimentation ne lui fournit pas un apport nutritionnel important.

Reproduction et développement

L'ours polaire atteint la maturité sexuelle vers l'âge de 4 ou 5 ans. Les accouplements ont lieu sur les glaces marines en avril et en mai. Les œufs fécondés ne se fixent pas avant la mi-septembre ou la mi-octobre. Les oursons naissent généralement dans une tanière aménagée dans la neige, sur la terre ferme, entre la fin novembre et le début janvier et pèsent moins de 1 kg. Selon l'endroit, les mères et les petits quittent les tanières entre la fin février et la fin avril pour retourner sur les glaces marines. Une portée compte généralement un ou deux oursons; les portées de trois oursons sont rares. Les oursons sont sevrés vers l'âge de 2 ans et demi.

Relation avec les humains

L'ours polaire revêt une réelle importance culturelle et économique pour les Inuits. Certaines communautés unuites continuent à pratiquer une chasse de subsistance et le nombre d’ours qu’ils peuvent tuer est basé sur un système de quotas régi par le gouvernement.

Défis

Espèce menacée

La protection des ours polaires est régie par l'Accord sur la protection des ours polaires de 1973, signé par les cinq pays où l'on retrouve l'ours polaire, soit le Canada, le Danemark, la Norvège, les États-Unis et l'ancienne Union soviétique (maintenant, la Russie). Dans le monde entier, l'ours polaire est une espèce « vulnérable » et se trouve sur la liste rouge des espèces menacées de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Le Comité sur la Situation des Espèces en Péril au Canada a a inscrit l'ours polaire sur la liste des espèces « préoccupantes » au Canada (voir Animaux en voie de disparition).

Préoccupations environnementales

On a toujours cru que l'écosystème marin de l'Arctique était relativement stable et prévisible à long terme. Cependant, l'Arctique se réchauffe. Chaque année, les glaciers fondent et les glaces marines sont de moins en moins épaisses, conséquences du changement de climat. L'ours polaire est une espèce hautement spécialisée qui dépend des glaces marines et est donc particulièrement vulnérable aux modifications de son environnement. On sait déjà que des modifications des glaces marines ont causé une baisse du nombre et de la productivité de quelques populations d'ours polaires. La perte des habitats causée par la disparition des glaces de mer est la principale préoccupation des spécialistes de la préservation.

On se soucie déjà des polluants organiques persistants (POP). Ces substances chimiques sont le produit de l'activité industrielle humaine et se détruisent difficilement de façon naturelle. Une fois relâchés dans l'environnement, les POP peuvent parcourir de grandes distances, portés par l'air ou par l'eau. Ils ont tendance à s'accumuler dans les régions polaires, comme l'Arctique, où ils sont emmagasinés dans les tissus adipeux des animaux. Même si leurs effets sur les ours polaires ne sont que partiellement connus, leur concentration chez certaines populations d'ours polaires est déjà suffisamment élevée pour interférer avec le processus de régulation hormonale, le système immunitaire et possiblement le système reproductif.

Activités humaines

Parmi les autres menaces potentielles pour les ours polaires, on note l'exploitation pétrolière (comme le site de la Mer de Beaufort), la prospection, le développement accru, le déglaçage et le transport de marchandises. De façon générale, les gens ne sont pas suffisamment informés des effets potentiels de ces activités sur les populations d'ours polaires.