Histoire

Peuples autochtones

Malgré qu’elle soit nommée d’après la Première Nation des Odawais, Ottawa est située dans le territoire traditionnel du peuple algonquin, un groupe étroitement lié aux Odawas et aux Ojibwés. Le territoire traditionnel du people Odawa se situe à l’ouest de la vallée de l’Outaouais, sur les rives du lac Huron. Par contre, le peuple a traversé la rivière pour s’engager dans la traite des fourrures.

Jusqu’à environ 8 000 avant notre ère, la vallée de l’Outaouais est couverte par la mer Champlain qui se forme après le retrait du glacier continental vers 11 000 avant notre ère. Les premières traces d’une présence humaine dans la région remontent à 6 500 avant notre ère.

Pour survivre, les Algonquins dépendent de la chasse à l’orignal et au cerf, du piégeage du castor, de la pêche et, dans une moindre mesure, de l’agriculture. Avec ses tributaires, la rivière des Outaouais, en algonquin, Kichi Sibi (« Grande rivière »), compose une voie pour les réseaux de commerce des peuples algonquins. Selon les découvertes archéologiques, ces réseaux s’étendent dans l’Est jusqu’au nord du Labrador et dans l’Ouest, jusqu’au lac Supérieur.

Établissement européen

En 1608, Étienne Brûlé est le premier Européen à explorer la rivière des Outaouais, suivi de Samuel de Champlain en 1613. Au cours de son voyage, Samuel de Champlain participe à une cérémonie algonquine aux chutes des Chaudières, près de l’Ottawa actuel. Du XVIIe siècle jusqu’au XIXe siècle, la rivière des Outaouais représente l’artère principale pour la traite des fourruresmontréalaise et pour l’exploration vers l’intérieur du continent. L’arrivée des explorateurs et des commerçants européens introduit des maladies comme la variole, qui dévaste les populations autochtones (voir Épidémie). De plus, l’avènement de la traite des fourrures attire les Algonquins dans un conflit avec les Cinq-Nations pour le contrôle des ressources et des routes de commerce (Voir Haudenosaunee). Vers 1650, affaiblis par la maladie et la guerre, les Algonquins perdent leur contrôle de la rivière des Outaouais.

Vers la fin du XVIIIe siècle, la présence européenne se limite à quelques postes de traite mineurs dans la région. En 1800, le Néo-Angleterrien Philemon Wright établit une première communauté agricole permanente sur le site de Hull, au Québec (alors le Bas-Canada). Des bûcherons itinérants sont attirés par le commerce du bois de construction équarri créé par Philemon Wright en 1806. Peu après, de l’autre côté de la rivière, dans le Haut-Canada, des colons agriculteurs commencent à arriver, dont les premiers sont Ira Honeywell, pendant l’hiver 1809-1810, dans le canton de Nepean, et Braddish Billings en 1812, dans le canton de Gloucester. Le groupe d’arrivants le plus nombreux est constitué des douze familles de soldats britanniques qui s’établissent à Richmond en 1818. Tout comme la famille Wright, beaucoup de ces premiers habitants joignent l’agriculture à l’exploitation forestière. Ils effectuent la récolte ou parfois le sciage des arbres ou approvisionnent en nourriture le commerce grandissant du bois de construction équarri.

Quant à Ottawa, la ville grandit à partir d’un campement sans nom établi en 1826 comme base de construction du canal Rideau par les Royal Engineers sous le lieutenant-colonel John By. Le campement est situé sur un promontoire de 30 m qui entoure les écluses près des chutes Chaudières à l’embouchure des rivières Rideau et Gatineau. Il attire immédiatement des maîtres d’œuvre, des ouvriers et une petite communauté de commerçants, d’hommes de métier et de professionnels. Vers 1827, une ville considérable appelée Bytown voit le jour.

Pendant les années 1830, l’activité économique de la région est surtout axée sur le commerce du bois vers la Grande-Bretagne. Bytown devient un centre d’approvisionnement pour les travailleurs du bois et dépasse rapidement Wrightsville (ensuite appelée Hull) comme la ville principale de la vallée. Une nouvelle industrie apparaît dans les années 1850, alors que la puissance des chutes Rideau et Chaudières est employée pour scier les billes en bois d’œuvre pour le marché étatsunien. En 1855, Bytown est renommée Ottawa à la suite de sa constitution en ville, laquelle est souhaitée en partie pour se libérer de la surveillance du canton de Carleton.

Développement

Vers les années 1860, en plus de l’important commerce en bois de construction équarri, Ottawa possède l’une des installations d’usinage les plus grandes au monde, accompagnée d’activités importantes d’abattage, de flottage et de transport par barge. La ville est reliée au Grand Trunk Railway of Canada et aux réseaux ferroviaires étatsuniens; la voie ferrée en fait une candidate sérieuse pour devenir la capitale permanente de la Province du Canada. Cependant, la rivalité urbaine fait en sorte que le choix est dangereux politiquement, alors la question est dirigée vers la reine Victoria. Les dirigeants coloniaux s’assurent que son choix soit Ottawa, ce qui est annoncé le dernier jour de 1857. Nommée la capitale, la croissance de la ville s’accélère. Entre 1851 et 1871, sa population triple presque, passant de 7 760 à 21 545 individus. La construction d’édifices gouvernementaux et d’habitations pour les fonctionnaires récemment arrivés commence un boom en construction. L’édification des bâtiments du Parlement commence en 1859. Ils sont ouverts officiellement en 1866.

En 1867, la ville devient la capitale du nouveau Dominion du Canada. Vers 1890, on commence à exploiter le potentiel hydroélectrique des rivières de la ville. L’application industrielle principale de l’énergie hydroélectrique est dans l’industrie des pâtes et papiers, qui utilise les billes de qualité inférieure des forêts de plus en plus épuisées de la vallée. L’industrie du bois d’œuvre scié diminue de façon importante au cours du XXe siècle. En 1940, du fait de la création d’une énorme bureaucratie fédérale pour mener la guerre, le gouvernement fédéral devient le principal employeur, compensant le déclin de l’industrie du bois d’œuvre. Le Conseil national de recherches et le Conseil de recherches pour la défense et les deux universités de la région, constituent une base solide pour la croissance d’un secteur haute technologie au cours de la deuxième moitié du XXe siècle. Ce secteur apparaît en 1961 avec l’établissement de Computing Devices (plus tard, Leigh Instruments), les concepteurs du précurseur de l’enregistreur de bord en aéronautique. D’importance critique est la décision de Bell Northern Research (plus tard, Nortel) de s’établir à Ottawa; ses laboratoires ouvrent aussi en 1961. L’établissement d’autres compagnies encore, comme Corel et JDS Uniphase à partir des années 1980, a contribué à ce qu’Ottawa soit surnommée « Silicon Valley du Nord ». Malgré des difficultés au début du XXIe siècle, illustrées par Nortel, qui déclare faillite en 2009, le secteur de la haute technologie continue à jouer un rôle dominant dans l’économie de la ville, et se développe vers des domaines florissants comme la technologie propre.

Paysage urbain

La Commission de la capitale nationale (CCN), créée en 1959, est une société d’État dédiée à l’embellissement de la ville. Elle a enlevé du cœur de la ville des voies ferrées et des gares de triage, tout en conservant le canal pittoresque. La CCN entretient un vaste réseau de promenades dans la ville, bordées de millions de tulipes et d’autres plantes à fleurs. Elle entretient de nombreux parcs et, en hiver, la patinoire la plus longue au monde (7,8 km) sur le canal Rideau. Cependant, en 2013, le gouvernement conservateur de Stephen Harper réduit le budget de l’organisation et transfère par la suite son rôle de promouvoir la ville et les événements qui s’y déroulent au ministère du Patrimoine canadien.

Ottawa est un centre urbain entouré d’une beauté naturelle à couper le souffle. On trouve des rapides et des chutes dans le tracé des cours d’eau, qui sont protégés par des parcs et des promenades. Au XIXe siècle, la ville s’est développée autour de la « Basse-Ville » à l’est du canal, y compris le « mille historique » le long de la promenade Sussex, et le marché By. Avec la croissance de l’économie gouvernementale au cours des années 1860, la « Haute-Ville » est devenue le quartier du commerce et des affaires.

La Ferme expérimentale centrale (créée en 1886) sert de centre de recherche pour le ministère de l’Agriculture (maintenant Agriculture et Agroalimentaire Canada), située à la périphérie sud-ouest de la ville sur 400 hectares (ha) de terres. La ferme et la ceinture verte fédérale qui entoure la région sont des aménagements précieux.

À partir des années 1920, l’autorité fédérale s’approprie et redéveloppe le cœur de la capitale avec des parcs (Place de la Confédération) ou des édifices nationaux importants (le Centre national des arts, l’édifice de la Défense nationale et celui de la Banque du Canada). L’un des endroits les plus remarquables du centre-ville est le Centre Rideau, qui est conçu pour réanimer le marché de la consommation au détail, en déclin pendant les années 1960 et 1970. Ouvert en 1983, le Centre Rideau comprend un centre des congrès, un hôtel et un centre d’achats, en plus de servir de plaque tournante du transport en commun.

La ville fusionnée d’Ottawa inclut les zones de périphérie urbaine de Nepean, de Kanata, de Gloucester, du Rockcliffe Park, de Vanier et de Cumberland. Beaucoup de ces collectivités sont développées pendant les années 1970, à l’extérieur de la ceinture verte et en relation étroite avec l’industrie de la haute technologie.

L'Université Carleton (fondée en 1942) est située à l’extérieur du centre-ville, entre la rivière des Outaouais et le canal Rideau. L’Université d’Ottawa est fondée par les Oblats en tant que Collège de Bytown en 1848. Elle devient une institution à financement public en 1965. Il s’agit de la plus grande université bilingue au monde. Elle est située à quelques pas du Parlement, au centre-ville. L’Université Saint-Paul, gérée par l’Ordre des Oblats, est affiliée à l’Université d’Ottawa. Grâce au Collège algonquin et à son équivalent d’expression française, La Cité collégiale, la ville d’Ottawa est également le centre du réseau de collèges communautaires de la région.

Population

Pendant plus d’un siècle après son établissement, à peu près le quart de la population d’Ottawa est catholique romaine francophone, le quart en est catholique romaine irlandaise, et la majorité de la population restante est protestante d’origine britannique. Traditionnellement, la communauté protestante et britannique préfère la Haute-Ville du cœur de la ville et les régions de l’ouest et du sud du canton de Carleton, tandis que la communauté catholique romaine et la communauté française résident dans la Basse-Ville du cœur de la ville et les régions de l’est du canton. Les établissements religieux (églises, écoles et hôpitaux), les associations ethniques et même les organismes politiques ont consolidé cette tendance. L’Ottawa du XIXe siècle est un centre de liaison pour les militants catholiques et oranges-protestants, et devient la capitale de la Francophonie ontarienne et le centre des premiers conflits canadiens au sujet de la langue. Les manifestations contre le règlement 17, adopté par le gouvernement de l’Ontario en 1912, qui interdit le français comme langue d’enseignement après la deuxième année, étaient les plus bruyantes à Ottawa. Après que le Conseil scolaire des écoles séparées d’Ottawa refuse de mettre en œuvre le règlement, le gouvernement provincial le remplace par un conseil nommé, ce qui sera plus tard déclaré inconstitutionnel.

D’autres petites communautés d'immigrants européens, surtout juifs, allemands et italiens, commencent à s’installer à Ottawa autour du tournant du XXe siècle. Depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la ville a également vu un afflux d’immigrants de l’Asie, de l’Afrique, du Moyen-Orient et des Caraïbes. De nos jours, les personnes d’origine britannique constituent le groupe ethnique le plus nombreux à Ottawa, suivi par celles qui sont d’origine française, allemande, italienne et chinoise. La ville compte aussi de petites populations qui sont quand même significatives d’individus qui s’identifient comme Autochtones (Premières Nations, Inuit, Métis) Libanais, Haïtiens, Vietnamiens et Somaliens.

La majorité de la population ottavienne déclare sa langue maternelle comme étant l’anglais. Cependant, il existe une minorité significative de francophones. De plus, plus de 20 % de la population ottavienne déclare une langue non officielle comme langue maternelle. Parmi celles-ci, l’arabe, le cantonais, le mandarin et d’autres dialectes chinois, l’espagnol et l’italien sont les plus importantes.

Économie et main-d’oeuvre

Les premiers habitants d’Ottawa travaillent essentiellement dans le commerce du bois équarri, dans l’agriculture et dans la fourniture de services aux travailleurs qui construisent le canal. En 1861, 48 % des travailleurs occupent des emplois industriels, la plupart associés au sciage du bois d’œuvre. Le nombre de travailleurs au service du gouvernement, qui ne représente que 10 % en 1871, augmente du tiers environ en 1971, y compris de nombreuses femmes, tandis que les industries manufacturières diminuent à environ 6 %. De nos jours, la majorité des résidents ottaviens travaillent dans l’administration publique, suivie de postes en soins de santé et en aide sociale; en commerce en détail; en services professionnels, scientifiques et techniques; en services éducatifs; et en services d’alimentation et d’hébergement.

L’économie de la ville est dominée par deux secteurs majeurs (le gouvernement fédéral et la haute technologie) qui représentent, mis ensemble, plus de 35 % du PIB. Ces deux facteurs combinés ont fait en sorte que la population est parmi les plus éduquées du pays. Plus de 40 % de la population d’Ottawa entre 25 ans et 64 ans possède un diplôme universitaire, comparé à environ 25 % au niveau national. De plus, la ville se vante du nombre le plus élevé d’ingénieurs, de scientifiques et de personnes ayant un doctorat, par habitant, au Canada. Cette main-d’œuvre hautement instruite a aussi fait en sorte que le revenu familial médian à Ottawa se classe parmi les plus élevés des villes canadiennes.

Transport

Les rivières et les canaux sont les premiers corridors de transport de la ville et forment la base sur laquelle se fonde sa revendication de capitale économique du Canada central : le canal Rideau mène vers Kingston; la rivière Gatineau vers les Laurentides au Québec; la rivière des Outaouais vers Montréal, à l’est, et vers le lac Huron, à l’ouest. De nos jours, le transport se fait surtout par la route et par train; Ottawa se situe sur les deux lignes de chemin de fer transcontinentales et sur la route transcanadienne.

Les vols vers Ottawa atterrissent à l’aéroport international Macdonald-Cartier, dont les portes ont été ouvertes par le premier ministre John Diefenbaker le 30 juin 1960. Le 24 août 1964, l’aéroport devient l'Aéroport international d’Ottawa. Pour rendre honneur à deux pères de la Confédération, on le renomme pour John A. Macdonald et sir George-Étienne Cartier en juin 1993. Ottawa possède l’une des aérogares les plus occupées au pays, surtout du fait de son emplacement dans le triangle Montréal-Toronto-Ottawa.

Le transport public est offert par le quasi autonome OC Transpo, qui relève de la compétence de la ville.

Les cyclistes peuvent explorer la ville et faire la navette sur 600 km de pistes et de sentiers cyclables. Depuis 1984, Citizens for Safe Cycling, un organisme communautaire à but non lucratif, aide à établir un réseau de voies, de pistes et de sentiers cyclables plus sécuritaire et plus accessible pour les navetteurs de la ville. En hiver, les résidents ont également la possibilité d’éviter la circulation et de faire la navette pour se rendre au travail ou en classe en patinant sur le canal Rideau.

Communications

Le Canadian Public Affairs Channel (bilingue) est un réseau national basé à Ottawa, qui diffuse les activités quotidiennes du gouvernement fédéral. De plus, l’Aboriginal Peoples Television Network et l’Inuit Broadcasting Corporation ont des bureaux à Ottawa.

Des stations de radio indépendantes sont animées par des étudiants des deux universités de la ville et du Collège algonquin.

Trois journaux quotidiens sont publiés à Ottawa : Le Droit (en français), The Ottawa Sun (en anglais) et The Ottawa Citizen (en anglais). Ce dernier subit plusieurs changements de propriété. D’abord, il appartient à la famille Southham jusqu’à son acquisition en 1996 par Hollinger Inc. de Conrad Black, en 1996. En 2000, M. Black vend la grande partie de son empire médiatique à CanWest Global. Les journaux spécialisés incluent le Hill Times, un hebdomadaire traitant de la politique canadienne et de l’actualité sur la colline du Parlement, et Xpress, une publication de critique d’art gratuite.

Libertel de la capitale nationale, fondé par des individus à l’Université Carleton en 1992 et opérant toujours aujourd’hui, est l’un des premiers sites libertel au Canada. La plate-forme libertel, contrairement aux fournisseurs de services Internet commerciaux, appartient à ses membres et, vu qu’il est basé à Ottawa, les données sont protégées par les lois canadiennes sur la protection des renseignements personnels. Libertel est l’un des premiers fournisseurs d’Internet à Ottawa et continue d’offrir des services à accès commuté et à haute vitesse à des prix abordables. L’université est aussi le site de Schoolnet, à l’origine, un site pour le matériel généré par le gouvernement canadien. Aujourd’hui, il fournit une gamme de matériel éducatif et un lien de communication aux écoles canadiennes.

Gouvernement et politique

Politique municipale

Dès le début, Ottawa a un système de quartiers, sensible aux divisions internes tant linguistiques que religieuses de la ville. Le travail administratif est exécuté par des conseillers et les membres de comités jusqu’en 1908, moment où un système de contrôle par conseils et conseils de contrôle (le maire et quatre contrôleurs élus parmi l’ensemble des membres) est adopté. Le Conseil de contrôle d’Ottawa est créé pour imiter le système de commissaires de ville et est considéré au moment de sa création comme une marque de progrès et un système d’organisation efficace. Cependant, en pratique, cette organisation exclut la minorité catholique française de la ville et concentre le pouvoir municipal dans les mains de quelques personnes privilégiées. En 1978, la mairesse Marion Dewar abolit le Conseil de contrôle et adopte un système dans lequel le pouvoir est distribué parmi tous ceux qui siègent au conseil municipal d’Ottawa.

En 1969, une autorité régionale est mise en place pour planifier et fournir des services aux municipalités. Dès le 1er janvier 2001, une seule autorité composée d’un maire (élu parmi l’ensemble des membres) et de 23 conseillers (élus par quartier) administre la ville sur une base de conseil-comité. Chaque membre du conseil effectue un mandat de quatre ans.

Politique provinciale et fédérale

Depuis 1841, aux niveaux provincial et national, les communautés catholiques irlandaises françaises d’Ottawa votent surtout pour le Parti réformiste ou pour les libéraux. Les communautés anglo-protestantes votent pour les conservateurs. La présence du Nouveau Parti démocratique et des tendances sociales changeantes ont récemment altéré cette tendance, surtout dans les banlieues qui comprennent la grande partie de la population.

Le gouvernement fédéral, bien qu’il soit le plus grand propriétaire foncier, est exonéré des règlements administratifs et des impôts de la ville en vertu de la constitution. La mesure dans laquelle il est responsable de respecter les lois et d'offrir des subventions en remplacement d’impôts est une question récurrente, controversée et irrésolue entre la Couronne et la ville depuis 100 ans.

Fusion

En 2001, la fusion rassemble 11 municipalités et le gouvernement régional, qui est établi en 1969, sous l’autorité de la seule ville d’Ottawa. Tout de même, une frontière provinciale divise la région métropolitaine, dont à peu près les deux tiers se situent en Ontario et le tiers au Québec, où deux gouvernements régionaux (la Communauté urbaine de l’Outaouais, la Municipalité régionale de comté des collines de l’Outaouais) et un certain nombre de municipalités comprenant les villes de Gatineau, de Hull et d’Aylmer, fonctionnent. Le 1er janvier 2002, le gouvernement du Québec fusionne les municipalités de l’Outaouais en la seule ville de Gatineau.

Fusillade sur la colline du Parlement


À 9 h 52 le 22 octobre 2014, un malfaiteur armé ouvre le feu et tue le caporal Nathan Cirillo, membre des Argyll and Sutherland Highlanders (Princess Louise’s) de Hamilton qui assurait la garde au Monument commémoratif de guerre du Canada. Le tireur avance ensuite vers le Parlement, où il engage la GRC dans une fusillade et est abattu par le sergent d’armes Kevin Vickers.

Vie culturelle

Ottawa est une ville construite autour d’édifices du patrimoine, de sites historiques et de points d’intérêt. Par exemple, le Parlement du Canada sert de point central pour le gouvernement démocratique du pays, mais est également une attraction touristique très populaire. Depuis les vastes pelouses, les touristes peuvent s’émerveiller devant le style architectural gothique de la grande époque victorienne de l’édifice, qui surplombe la grande rivière des Outaouais. Ils peuvent aussi monter dans la Tour de la Paix et voir la Chambre des communes et le Sénat dans l’édifice du Centre lors de visites guidées gratuites toute l’année. La colline du Parlement est le site central des célébrations de la fête du Canada (1er juillet) et d’un certain nombre de spectacles son et lumière projetés sur la façade de l’édifice.

À quelques pas du Parlement se trouvent d’autres points d’intérêt, y compris la Cour suprême du Canada, la Monnaie royale canadienne, le Musée des beaux-arts du Canada et le Monument commémoratif de guerre du Canada.

Rideau Hall, construit en 1839, sert de résidence au Gouverneur général et est aussi ouvert au public. Le site comporte des jardins du patrimoine, où les dignitaires étrangers plantent des arbres pour marquer leur visite, et une patinoire extérieure en hiver.

Le gouvernement fédéral entretient bon nombre des institutions culturelles de la ville et ses installations, y compris les Musées nationaux, le Musée des beaux-arts, le Centre national des arts et Bibliothèque et Archives Canada.

Les trois plus grandes institutions culturelles situées au centre-ville ou près de celui-ci sont le Musée canadien de l’histoire (établi en 1856), le Musée des beaux-arts du Canada et le Musée canadien de la guerre. Le Musée de l’histoire est reconnu pour sa collection de totems, la plus grande au monde. En 2017, le Musée ouvrira sa Salle de l’histoire canadienne. Le Musée de la guerre, le musée fédéral le plus récent à ouvrir ses portes, en 2005, est un monument sombre à l’architecture remarquable, qui solennise l’histoire et l’expérience de guerre de l’histoire canadienne.

Dans le domaine des arts, Ottawa se vante de deux théâtres, le Théâtre Centrepointe à Nepean et le Cumberland Town Hall Theatre. Avant ces deux ajouts majeurs, le seul endroit qui appartient à l’ancienne ville est une petite « boîte noire » dans la Cour des Arts du centre-ville, une installation multiusage convertie du vieux palais de justice du comté. La Cour des Arts comprend aussi la Galerie d’art d’Ottawa et accueille également de nombreux groupes d’art, y compris le groupe canadien prééminent de danse contemporaine, Le Groupe Dance Lab (voir Le Groupe de la Place Royale).

En plus de la Galerie d’art d’Ottawa, la nouvelle ville possède des galeries à Nepean et à Kanata, ainsi que la Galerie Karsh-Masson à l’ancien hôtel de ville d’Ottawa. Ces galeries sont complémentées par une autre, petite, mais prestigieuse, à l’Université Carleton.

La nouvelle ville soutient également la Great Canadian Theatre Company, une compagnie et une installation professionnelles; le Ron Maslin Playhouse, qui accueille le Kanata Theatre; et La Nouvelle Scène, qui accueille quatre compagnies de théâtre résidentes d’expression française. L’installation et la compagnie la plus ancienne d’Ottawa, Ottawa Little Theatre, sont un organisme à but non lucratif géré complètement par des bénévoles.

Le Centre national des Arts (CNA) accueille l’Orchestre du CNA et l’Orchestre symphonique d’Ottawa, et des compagnies itinérantes. Opera Lyra, qui fonctionne à la Cour des Arts, est l’organisme d’opéra professionnel de la ville et se produit également au CNA. Son organisme de théâtre musical, Orpheus, fonctionne au théâtre Centrepointe. La ville a également de nombreux groupes instrumentaux, comme Thirteen Strings, et des ensembles de chorales, comme la Ottawa Choral Society. Ces groupes sont complémentés par une salle de concert et un programme musical complet à l’Université d’Ottawa.

La musique atteint aussi de grands auditoires par le biais de festivals de musique locaux, y compris Chamberfest Ottawa, le plus grand événement de musique de chambre en Amérique du Nord, et ceux qui présentent le blues, le jazz, la musique folklorique, ainsi que la musique du Festival franco-ontarien qui s’y tient de façon annuelle.

Ottawa est l’emplacement du Festival biennal Danse Canada et du Festival International d’Animation d’Ottawa, le plus grand événement de son genre en Amérique du Nord. D’autres festivals annuels incluent le Festival de la jeunesse, le Festival des tulipes et le Bal de Neige. En 2001, Ottawa et Hull accueillent les Jeux de la francophonie, un événement international qui présente les sports et la culture.

Les écrivains bien connus qui résident à Ottawa incluent John Metcalf, Charlotte Gray, Elizabeth Hay et Alan Cumyn (finalistes au prix Giller), et Brian McKillop (finaliste au Prix du Gouverneur général). La ville a aussi une revue nationale de poésie (Arc), un certain nombre de maisons d’édition indépendantes (dont la plus grande est Oberon Press), et deux presses en français.

Il existe une longue tradition de cinématographie à Ottawa grâce à Crawley Films, à l’Office national du film du Canada et au Festival International d’Animation d’Ottawa. Les artistes du film et de la vidéo qui travaillent dans la ville peuvent perfectionner leur art chez Independent Film Makers Co-operatives of Ottawa (créé en 1991) ou au Centre d’art médiatique SAW Video (créé en 1981).

Ottawa accueille les Sénateurs d’Ottawa de la Ligue nationale de hockey et les 67 d’Ottawa, une équipe de hockey junior A. Les Sénateurs d’Ottawa s’entraînent au Centre Canadian Tire, dans la banlieue de Kanata. En 1996, le club de football Ottawa Rough Riders cesse ses activités, mais lors de la saison 2014, la ville accueille le retour du football avec une nouvelle équipe, les Ottawa Redblacks. À partir de 2015, Ottawa réintègre la ligue de baseball CanAm avec une équipe double A appelée les Ottawa Champions, à la suite d’autres tentatives infructueuses.