Enfance et formation

Os-Ke-Non-Ton naît dans le clan de l’ours de la Nation mohawk. Fils et petit-fils de grands chefs (appelés sachems), il est destiné à devenir lui aussi un sachem. Lorsque ses parents décèdent, il est élevé par des proches et envoyé dans un pensionnat indien.

Os-Ke-Non-Ton cultive un lien très fort avec le territoire; il chasse et campe d’ailleurs dans la forêt de façon périodique. Il aime aussi la musique, et on le trouve souvent en train de chanter sur la plage de Norway Point, dans le canton de Lake of Bays, où il travaille comme guide.

Lorsqu’il chante, on entend sa voix à des milles à la ronde, jusqu’à l’hôtel Wawa, à l’extérieur de Norway Point près de l’endroit où il campe. C’est d’ailleurs lors d’une randonnée dans la forêt que la soprano et récitaliste Leonora James-Kennedy découvre les talents de chanteur d’Os-Ke-Non-Ton.

Os-Ke-Non-Ton déménage donc à New York, où il se bâtit une réputation comme chanteur et acteur professionnel.

Carrière musicale et scénique

Dans les années 1920, Os-Ke-Non-Ton se produit à l’Exposition nationale canadienne et aux concerts pour le Fresh Air Fund organisés par le Toronto Star au Bigwin Inn, à Lake of Bays. Puis, de 1924 à 1939, il joue le rôle du médecin dans la pièce Hiawatha de Samuel Coleridge-Taylor, présentée au Royal Albert Hall à Londres, en Angleterre (voir aussi Hiawatha). Os-Ke-Non-Ton apparaît également en 1926 dans une production de l’opéra Shanewis, composé par Charles Wakefield Cadman.

Os-Ke-Non-Ton chante partout en Europe et aux États-Unis, en plus de participer à une foule de productions dans des rôles hors scène. Il est le premier Autochtone à jouer hors scène la voix de Dieu dans une production présentée à Broadway. En 1924, il mène une congrégation catholique à l’extérieur où lui et d’autres danseurs autochtones interprètent une cérémonie de plantation des sept variétés de maïs. Les représentations autochtones de ce type sont très populaires à l’époque en Europe, parce qu’elles confirment les stéréotypes anti-modernistes que l’on associe aux peuples des Premières Nations. Malgré tout, Os-Ke-Non-Ton, vêtu de sa tenue traditionnelle, arrive à mettre la culture mohawk en vedette pendant ces représentations.

Quatre des 78 tours d’Os-Ke-Non-Ton sont répertoriés dans En remontant les années : l’histoire et l’héritage de l’enregistrement sonore au Canada, des débuts à 1930 (1975), un ouvrage de l’archiviste sonore Edward B. Moogk.

Militantisme et activités de bienfaisance

Os-Ke-Non-Ton est une âme charitable; il prend d’ailleurs à sa charge deux enfants en famille d’accueil. Pendant les Fêtes à Cabbagetown, il offre des cardigans aux sans-abri. Il défend également la culture et l’histoire des Premières Nations, se rendant même dans des écoles torontoises pour faire des présentations.

Carrière de chef spirituel

Os-Ke-Non-Ton travaille comme guérisseur au Lily Dale Assembly, dans l’État de New York. Dans ce centre spirituel, il offre des conseils et tient des séances de guérison dans un grand wigwam installé sur la propriété.

Présence dans la culture populaire

On trouve à Toronto une ruelle qui porte le nom d’Os-Ke-Non-Ton. Elle s’étend du nord au sud entre les rues Seaton et Sherbourne, dans un quartier que l’on appelle Cabbagetown Sud.

Importance

Au cours de ses nombreux voyages aux quatre coins de la planète, le chanteur et acteur Os-Ke-Non-Ton présente et représente sa culture autochtone, et son travail à titre d’interprète, de guérisseur et de porte-parole a une influence importante dans le domaine des arts, de la spiritualité et de la culture autochtones.