Nellie Letitia McClung, née Mooney, suffragette, réformatrice, législatrice et écrivaine (née le 20 octobre 1873 à Chatsworth, en Ontario; décédée le 1 septembre 1951 à Victoria, en Colombie-Britannique). Nellie McClung a été une activiste engagée pour le droit de vote des femmes, une législatrice et une auteure peut-être plus connue pour son combat dans le cadre de l’affaire des femmes non reconnues civilement.

Jeunesse et début de carrière

À partir de 1880, Nellie McClung vit sur la propriété familiale rurale dans la vallée Souris, au Manitoba, et ne fréquente pas l'école avant l'âge de 10 ans. Elle obtient un certificat en enseignement à 16 ans et enseigne jusqu'à son mariage avec Robert Wesley McClung en 1896. À Manitou, où son mari est pharmacien, elle joue un rôle important dans la Women's Christian Temperance Union, dont sa belle-mère est la présidente provinciale. En 1908, elle publie son premier roman, Sowing Seeds in Danny, portrait très spirituel d'une petite ville de l'Ouest, qui devient un livre à succès national. Elle écrit ensuite de nombreuses nouvelles et des articles pour des magazines canadiens et américains.

Activisme et politique

En 1911, les McClung s'installent avec leurs quatre enfants à Winnipeg, où naît leur cinquième enfant. Oratrice efficace pour le Mouvement des droits des femmes et de la réforme de Winnipeg, elle gagne l'attention des foules par son humour. Elle joue un rôle important pour les libéraux pendant leur campagne de 1914 contre les conservateurs de sir Rodmond Roblin qui refuse le droit de vote aux femmes. Elle déménage cependant à Edmonton avant que les libéraux ne remportent la victoire au Manitoba en 1915.

En Alberta, Nellie McClung continue la lutte pour le droit de vote des femmes, la prohibition, le droit de douaire, les normes de sécurité dans les usines et de nombreuses autres réformes. Les discours qu'elle prononce en Grande-Bretagne, notamment à la Conférence œcuménique des méthodistes (1921), et ses tournées de conférences au Canada et aux États-Unis lui apportent une notoriété certaine. Elle est élue députée libérale provinciale d'Edmonton de 1921 à 1926.

Nellie McClung fait également partie des « Cinq femmes célèbres » de l’Alberta, un groupe qui compte dans ses rangs Emily Murphy, Henrietta Muir Edwards, Louise Crummy McKinney et Irene Parlby. En 1927, les cinq activistes demandent à la Cour suprême de déclarer que les femmes sont des personnes pouvant être élues sénatrices. La Cour suprême rejette leur requête en 1928, mais le Conseil Privé britannique annule cette décision l’année suivante, déclare officiellement que les femmes sont des « personnes » et fait remarquer que l’exclusion des femmes des charges publiques est « une relique d’une ère plus barbare que la nôtre ».

Fin de carrière

île de Vancouver, où Nellie termine le premier volume de son autobiographie, Clearing in the West: My Own Story (1935, réimprimé en 1976). Elle écrit aussi des nouvelles et une chronique pour une agence de presse. Elle publie en tout 16 livres, dont In Times Like These (1915, réimprimé en 1975). Elle poursuit sa vie active au sein de la Canadian Authors Association et du premier conseil d'administration de Radio-Canada, et comme déléguée à la Société des Nations en 1938 et conférencière.

Héritage

Nellie McClung meurt à Saanich (Victoria), en Colombie-Britannique, le 1er septembre 1951.

Tombée dans l'oubli pendant 10 ans, elle est redécouverte au cours des années 60 par les féministes. Si certaines critiquent son appui maternel à la structure familiale traditionnelle, la plupart reconnaissent son apport à l'avancement de la cause féministe de son époque et sa position en faveur de progrès ultérieurs à réaliser, notamment sous la forme de l'indépendance économique des femmes. Plus récemment, elle a fait l’objet de critiques pour avoir soutenu l’eugénique et le Sexual Sterilization Act (1928) de l’Alberta. Comme nombre de ses camarades réformistes, telles qu’Emily Murphy, McClung soutient publiquement la stérilisation des « déficients mentaux ».