Musée royal de l'Ontario

Le Musée royal de l'Ontario (MRO) est le principal musée du Canada et le plus grand musée canadien à explorer à la fois le monde naturel et le passé culturel de l'humanité. Il possède des collections de réputation mondiale, accueille des savants émérites et ses expositions comme ses programmes novateurs, attirent plus d'un million de visiteurs par an. Le ROM, qui se trouve à Toronto, a été créé en 1912 par une loi spéciale de l'Assemblée législative de l'Ontario et c'est le 19 mars 1914 qu'il ouvrait ses portes au public.

Histoire

Le Musée royal de l'Ontario doit en grande partie son existence à la vision de deux hommes remarquables. Le premier, Charles Trick Currelly (1876-1957), est né à Exeter, en Ontario, et a d'abord étudié à l'Université de Toronto pour se préparer à devenir pasteur méthodiste. Il n'a pas tardé, cependant, à découvrir que ce qui l'intéressait surtout, c'était l'étude des cultures de l'Antiquité et la recherche archéologique. Pendant ses études à Londres, en Angleterre, il rencontre le célèbre égyptologue britannique Flinders Petrie et a la chance de l'accompagner dans des expéditions archéologiques en Égypte. Ce qu'il vit en Égypte avec Petrie, puis en Crète et en Asie mineure éveille en lui l'ambition de fonder un musée archéologique en Ontario, mais, pour ce que rêve devienne réalité, il lui faudra attendre de rencontrer un autre Torontois important et influent.

Pendant sa carrière archéologique sur le pourtour méditerranéen, Currelly a révélé un véritable don pour la découverte d'antiquités importantes, et ce talent en fait un précieux conseiller pour les collectionneurs britanniques comme canadiens. Il compte parmi ses clients Sir Edmund Walker (1848), père d'un ancien camarade de classe devenu un éminent Torontois qui partage avec lui le souhait de créer en Ontario un musée de tout premier ordre. Homme d'affaires et banquier (en 1907, il était déjà directeur général de la Banque Canadienne de Commerce), Walker est également un philanthrope qui soutient de nombreuses institutions canadiennes importantes, dont le Musée des beaux-arts du Canada, le Musée des beaux-arts de l'Ontario et l'Université de Toronto.

Walker s'est d'abord intéressé essentiellement au monde naturel. Il commence par collectionner des fossiles, dont il fera par la suite don au MRO avec sa bibliothèque paléontologique. Il réunit aussi les fonds nécessaires pour des fouilles dans les Badlands de l'Alberta, à la recherche d'ossements de dinosaures. Son nom est donné à l'une des espèces ainsi découvertes - Parasaurolophus walkeri. Avec le temps, il s'intéresse aussi aux cultures du monde et il se met à acquérir des objets anciens importants, dont une collection majeure d'ukiyo-e, estampes japonaises qui reviendront au Musée à sa mort.

Impressionné par les institutions culturelles de New York, par ses galeries et ses musées qu'il a visités lorsqu'il travaillait pour la banque dans cette ville, Walker conclut que Toronto gagnerait à l'ajout d'une institution publique de calibre et de prestige similaire. Unissant leurs intérêts et leurs efforts, et avec l'aide de l'Université de Toronto, Walker et lui atteignent leur but. Lorsqu'est créé le Musée royal d'archéologie de l'Ontario, en 1912, Currelly en est nommé premier directeur. Walker devient son premier président, poste qu'il conservera jusqu'à sa mort en 1924. Reflet des intérêts de ses deux fondateurs, la collection du MRO comme sa double thématique - nature et culture - en font un lieu unique parmi les musées du monde.

Le Musée royal de l'Ontario a d'abord été constitué de cinq musées distincts consacrés à l'archéologie, à la géologie, à la minéralogie, à la paléontologie et à la zoologie qui se sont regroupés en 1955. Jusqu'en 1968, il relève en grande partie de l'administration de l'UNIVERSITÉ DE TORONTO, après quoi une loi de l'Assemblée législative en fait une société séparée sans capital-actions. Le MRO est à présent un organisme du gouvernement de l'Ontario, mais il conserve des liens étroits avec l'Université de Toronto.

Les locaux qui abritent le MRO ont été aménagés en plusieurs phases. L'édifice original (à présent l'aile ouest) est inauguré en 1914. En 1933, deux nouvelles sections sont ouvertes : une aile est donnant sur Queen's Park et un édifice central reliant les deux ailes. En 1978 est lancé un projet de rénovation du bâtiment central et de construction d'un centre de conservation de neuf étages dans la cour sud. La construction d'une galerie de six étages en terrasses dans la cour nord commence en 1980 (la cour sera par la suite démolie pour laisser place au Michael Lee-Chin Crystal). L'édifice principal rénové et agrandi est ouvert au public en 1982.

Le musée propose de nombreux programmes publics, y compris des conférences et des projections de films, des démonstrations, des concerts, des représentations de théâtre, ainsi que l'identification of spécimens et d'artéfacts pour le public. Le département des bénévoles du musée organise des visites publiques guidées des galeries, des visites à pied guidées de Toronto, des visites en autobus de l'Ontario et des circuits dans toutes les régions du monde dirigés par des spécialistes du musée même.

Renaissance ROM

En 2002, afin de présenter ses grandes collections dans le cadre d'expositions permanentes et d'augmenter le nombre d'objets exposés dans chaque galerie, le MRO lance, sous la direction de son directeur général, William Thorsell, une grande campagne de financement baptisée « Renaissance ROM ». En plus de la mise de fonds de 60 millions de dollars fournie par les gouvernements fédéral et provincial, le projet bénéficie d'un grand coup de pouce avec le don généreux de 30 millions de dollars de l'homme d'affaires torontois d'origine jamaïcaine Michael Lee-Chin. Cette générosité en incite d'autres à ouvrir leur portefeuille et le projet « Renaissance », qui commence pour de bon en 2003 et se termine officiellement en 2010, permet pour finir d'apporter de grandes améliorations,. Mentionnons, entre autres, des espaces de galerie nouveaux ou rénovés où sont exposés deux fois plus d'artéfacts et de spécimens, la rénovation des installations pédagogiques du MRO, une galerie numérique qui offre aux élèves une expérience multimédia interactive et aux chercheurs, aux étudiants et au grand public un accès numérique aux collections, plus un espace de restauration et de boutiques agrandi. La grande nouveauté est, cependant, le Michael Lee-Chin Crystal, du nom de l'éminent donateur du projet Renaissance.

Le Michael Lee-Chin Crystal est l'œuvre de l'architecte Daniel Libeskind, inspiré, dit-il, par la collection de gemmes et de minéraux du MRO. Le « Crystal », achevé le 2 juin 2007, ramène l'entrée principale à l'avant du musée, sur la rue Bloore, comme dans l'édifice de 1914, et crée à la fois un effet architectural spectaculaire et une introduction surprenante aux formes classiques de l'édifice original. Le nouvel ajout majestueux, qui est autonome, se compose de cinq structures en acier imbriquées et habillées de verre et de bandes d'aluminium brossé et profilé. Agencement dynamique de formes angulaires, il suscite un vif débat, ne laissant personne indifférent. Nul ne conteste, néanmoins, que le Michael Lee-Chin Crystal touche au but et donne à l'un des plus importants musées d'Amérique du Nord une image avant-gardiste.

Collections

Les collections du MRO rassemblent aujourd'hui plus de six millions d'objets. Les départements d'histoire naturelle et des cultures du monde renferment les collections se rapportant à l'anthropologie, aux civilisations du Proche-Orient et de l'Asie, à l'art et à la culture occidentale, à la biodiversité, aux sciences de la terre et à la paléobiologie et à d'autres disciplines encore.

Le MRO abrite des collections archéologiques venant de toutes les régions du Nouveau Monde. Ses collections ethnologiques proviennent du monde entier, les plus complètes étant celles de la côte du Nord-Ouest, des Plaines, des Inuits et des régions boisées du Canada. Les collections du Proche-Orient et de l'Asie recèlent des pièces chinoises exceptionnelles, dont des figurines venant de tombeaux des dynasties Hang à Tang, de même que les collections d'artéfacts égyptiens et du Proche-Orient les plus riches du Canada, sans compter sa plus vaste collection de textiles et de costumes (voirTEXTILES, TISSÉS). Le département des cultures du monde possède les plus grandes collections grecques et romaines du Canada, ainsi que la collection byzantine la plus considérable. En outre, ses galeries d'arts décoratifs européens figurent parmi les plus importantes du pays, et il possède une collection d'arts décoratifs anciens canadiens de première importance. Le fonds du département d'histoire naturelle comprend la collection la plus diverse d'amphibiens et de reptiles du Canada, ses plus grandes collections de mammifères et d'oiseaux, une des meilleures collections de chauves-souris et de poissons d'Amérique du Nord, et des collections botaniques et entomologiques importantes, tout comme celles d'invertébrés. Le MRO possède des collections de minéraux, de gemmes, de roches et de météorites de tout premier ordre, et il est riche en spécimens types. La collection de dinosaures du Crétacé du musée est réputée dans le monde entier et sa collection de fossiles du Cambrien provenant des SCHISTES DE BURGESS en Colombie-Britannique est généralement considérée comme la plus importante qui soit.

Recherche

Le travail des conservateurs sur le terrain et au musée assurent une solide assise pédagogique à toutes les activités publiques du musée. Les archéologues du MRO effectuent des fouilles dans de nombreuses régions du monde, dont l'Amérique centrale, la Chine, l'Égypte, le Moyen-Orient et le Canada. Les paléonbiologistes mènent des travaux sur le terrain au Canada, aux États-Unis et en Asie centrale.

Divers organismes internationaux, nationaux et provinciaux consultent les conservateurs du MRO. De nombreuses publications savantes et générales voient le jour chaque année.

Présentations en salle, expositions et programmes publics

Le MRO dispose de plus de 23 500 m2 de galerie pour présenter l'art, l'archéologie et les sciences. L'agrandissement de 1999 a permis d'ouvrir 3 200 m2 de salles nouvelles ou rénovées. Avec ses expositions itinérantes et ses trousses pédagogiques, le département chargé du rayonnement du musée propose des expériences muséales à plus de 450 000 personnes par an dans des centaines de localités en Ontario et dans le reste du Canada. De plus, les trousses pédagogiques itinérantes sont utilisées en moyenne par plus de 125 000 personnes par an.