Les Montagnards sont un groupe autochtone vivant sur les versants des monts Mackenzie le long du fleuve Mackenzie. Historiquement, on a appelé Montagnards les divers petits groupes qui habitaient les versants orientaux de cette chaîne de montagnes et qui traitaient avec tous les postes entre Fort Liard et Fort Good Hope. Ceux qui se rendaient à Fort Norman (aujourd'hui Tulita) depuis les années 1820 pour commercer ont gardé leur identité, tandis que la plupart des autres se sont intégrés petit à petit aux populations autochtones traitant avec d'autres postes le long du Mackenzie. Ils parlent une langue athapaskane très proche de celle des Lièvres et des Esclaves. Historiquement, le nom s'est probablement prêté à tous les autochtones de cette région, y compris les Goats et les Nahanis. La plupart des informations à leur sujet nous viennent de ceux qui continuent de commercer et de vivre à Tulita.


Bien qu'ils aient exploité une vaste étendue des monts Mackenzie, depuis la rivière Redstone jusqu'à la rivière Mountain au nord, on estimait leur population (1827-1971) à moins de 150 personnes. Au cours du XIXe siècle, et, primitivement (selon leurs propres témoignages), les Montagnards ont craint tous les groupes autochtones habitant les versants ouest des montagnes et leur ont parfois été hostiles. Après la Ruée vers l'or du Klondike (1897-1898), leurs contacts plus fréquents avec les autochtones du Yukon ont atténué leurs appréhensions et certains se sont intégrés à ces groupes. La tradition orale ne témoigne d'aucun incident hostile avec les autochtones de la région orientale, mais les contacts avec eux ont été peu fréquents avant la traite des fourrures.

Pour se nourrir, ils dépendaient presque totalement de l'orignal, du caribou des bois, de la chèvre de montagne et du mouflon de Dall et devaient parfois vivre des provisions de la saison précédente en raison des cycles de population et des changements de voies migratoires. Bien que leur environnement fût souvent généreux, des bandes de familles entières pouvaient mourir de faim au cours de mauvais hivers. La région n'est pas riche en animaux dont les fourrures étaient en demande à l'époque de la traite. Ils échangeaient surtout la viande séchée, la graisse et le cuir brut. À la fin du XIXe siècle, les Montagnards ont créé un bateau à armature d'épinette verte recouverte de peaux d'orignaux cousues les unes aux autres. Habituellement longues de 12 à 18 m, ces embarcations leur ont permis de transporter des cargaisons de marchandises beaucoup plus considérables, bien qu'elles ne pouvaient servir qu'à descendre les cours d'eau : hommes et chiens devaient escalader les montagnes à pied. Ces voyages se faisaient surtout au printemps et à l'automne et ce, jusque dans les années 40, alors que la viande séchée et la graisse ont cessé d'être des articles de commerce.

Dès la moitié du XXe siècle, ils sont installés en permanence à Tulita, où ils partagent maintenant leurs territoires de chasse, de pêche et de piégeage avec les autres groupes autochtones de la région.