Alexa McDonough, travailleuse sociale, ancienne chef du Nouveau Parti Démocratique (NPD) de la Nouvelle-Écosse, puis chef du NPD fédéral (Ottawa, 11 août 1944). Fille de Jean MacKinnon et Lloyd Shaw, homme d'affaires et membre éminent de la Co-Operative Commonwealth Federation, McDonough est diplômée de l'Université Dalhousie (1965) et de la Maritime School of Social Work (1967). Après avoir enseigné à la School of Social Work, puis travaillé pour la Ville d'Halifax, elle est élue chef du NPD provincial en 1980, devenant ainsi l'une des premières femmes à diriger un parti provincial. Désirant rebâtir son parti autour de la ville d'Halifax plutôt qu'au siège traditionnel du parti, soit l'île du Cap Breton, elle se fait d'abord élire dans Halifax-Chebucto en 1981. D'abord la seule députée du NPD à l'Assemblée législative, elle est réélue en 1984 et en 1988, permettant à son parti d'enregistrer de modestes gains électoraux. Elle représente la circonscription d'Halifax-Fairview de 1993 à 1994.

À l'instar de son père, elle s'intéresse à la politique fédérale, mais échoue en tant que candidate aux élections fédérales de 1979 et de 1980. Pressentie par plusieurs femmes comme candidate éventuelle à la direction du NPD fédéral en 1989, elle décline l'offre pour des raisons personnelles. Les délégués choisissent alors Audrey McLaughlin, moins expérimentée, en tant que première femme à diriger un parti fédéral. Après la débâcle du NPD à l'élection de 1993, à la suite de laquelle le parti perd son statut officiel à la Chambre des communes, McLaughlin finit par démissionner de son poste.

En 1995, McDonough se porte candidate dans une course à la direction unique dans les annales de la politique fédérale canadienne, caractérisée par une formule complexe consistant en un premier scrutin par les membres du parti suivi d'une élection par les délégués. Malgré de piètres résultats au premier scrutin, les délégués l'élisent chef à la convention. Tout comme la première fois, elle accède à la direction sans qu'elle soit députée. Même si on lui conseille de briguer plutôt les suffrages dans le cadre d'élections partielles en dehors de la région de l'Atlantique, elle décide d'attendre et de se présenter à Halifax lors de l'élection fédérale suivante, en 1997. Elle emporte facilement le siège à Halifax, renversant sans peine la députée libérale Mary Clancy. Au cours de cette campagne, McDonough suscite une résurgence du NPD, qui, pour la première fois, gagne huit circonscriptions dans les provinces atlantiques et retrouve son statut de parti officiel avec un total de 21 circonscriptions à l'échelle du Canada. Si elle a gardé son siège après les élections de l'an 2000, la part du NPD a chuté pour atteindre 8,5% et le nombre de députés est tombé à 13, dépassant à peine les 12 requis pour avoir le statut de parti officiel à la Chambre des communes. Sous la direction de McDonough, le NPD se lance dans une série de conférences de renouveau et à la convention fédérale de 2001, les délégués débattent de l'avenir du parti et de la Social-Démocratie.

En juin 2002, Alexa McDonough a annoncé qu'elle prenait sa retraite en tant que chef du NPD. Lorsque son parti était en plein processus de renouvellement, elle décida que le temps était venu de se retirer. Jack Layton lui succéda le 25 janvier 2003. Elle est réélue dans sa circonscription en 2004 et en 2006. Dans le cabinet fantôme néo-démocrate, elle est la critique responsable des Affaires étrangères et du développement international. En 2008, elle choisit de ne pas se représenter et annonce sa retraite de la vie politique. En 2009, elle est nommée, pour un mandat d'un an, présidente de l'Université Mount Saint Vincent. En décembre 2009, elle est nommée officier de l'Ordre du Canada.