Elizabeth May, O.C., militante de l’environnement, avocate, auteure, chef du Parti vert du Canada (née le 9 juin 1954 à Hartford, au Connecticut). Elle a été conseillère politique (1986‑1988) pour le gouvernement du premier ministre Brian Mulroney et est nommée, en 1989, directrice générale fondatrice du Sierra Club du Canada. En 2011, elle devient la première candidate du Parti vert à être élue à la Chambre des communes.

Début de carrière et activisme

Elizabeth May grandit au Connecticut, où elle est profondément influencée par sa mère qui milite pour l’harmonie aux États‑Unis et le mouvement des droits civils. En 1973, elle déménage en Nouvelle‑Écosse avec ses parents. Charmés par le Cap‑Breton, ces derniers y ouvrent un restaurant et une boutique souvenir sur la piste Cabot.

Au Cap Breton, Elizabeth May prend part à la campagne qui parviendra à empêcher la pulvérisation aérienne de pesticides contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette qui décime les forêts de bois d’œuvre commercial de la Nouvelle‑Écosse. En 1980, elle se présente comme candidate pour le « petit parti », un précurseur du Parti vert du Canada. Elle fait également partie du mouvement antinucléaire et milite contre l’extraction d’uranium en Nouvelle‑Écosse.

Au début des années 1980, Elizabeth May s’engage dans une coûteuse action judiciaire pour prévenir l’utilisation de l’herbicide défoliant « agent orange ». Elle perd sa cause; en revanche, au moment du jugement, il devient illégal aux États‑Unis d’exporter de l’agent orange, et le produit n’est finalement jamais utilisé en Nouvelle‑Écosse.

Avocate conseillère politique

Elizabeth May fait ses études à l’école de droit de Dalhousie, à Halifax. Elle y est admise comme étudiante spéciale, puisqu’il lui manque des diplômes de premier cycle. Elle obtient son diplôme en 1983 et travaille comme avocate au Centre pour la promotion de l’intérêt public, un organisme à but non lucratif basé à Ottawa qui s’occupe d’affaires juridiques relatives à la protection du consommateur.

En 1986, Elizabeth May est nommée conseillère politique principale pour Thomas M. McMillan, ministre de l’Environnement au sein de l’administration du premier ministre Brian Mulroney. Elle joue un rôle important dans la création de plusieurs parcs nationaux, notamment celui de Gwaii Haanas sur l’archipel Haida Gwaii (Reine‑Charlotte) en Colombie‑Britannique. Elle participe également aux négociations du protocole de Montréal, un traité international qui vise à protéger la couche d’ozone. En 1988, elle démissionne de ce poste en réaction à la décision gouvernementale d’autoriser la construction des barrages Rafferty et Alameda, en Saskatchewan, sans qu’une évaluation adéquate de l’impact sur l’environnement soit faite.

L’année suivante, Elizabeth May devient directrice générale du Sierra Club du Canada. Elle donne également des cours sur la politique publique et les enjeux environnementaux à l’Université Queen’s et à Dalhousie, où elle inaugure la chaire Elizabeth May sur la durabilité et la santé de l’environnement. En 2001, elle entame une grève de la faim de dix‑sept jours pour protester contre l’inaction du gouvernement fédéral quant au nettoyage des mares de goudron en Nouvelle‑Écosse.

Parti vert

En août 2006, Elizabeth May quitte son poste au Sierra Club et prend la tête du Parti vert du Canada, devenant ainsi sa neuvième chef. Quelques mois plus tard, elle se présente à une élection partielle à London, en Ontario, mais n’obtient pas de siège au Parlement. Pendant la campagne électorale fédérale de 2008, elle s’oppose au ministre de la Défense, le conservateurPeter MacKay, dans sa circonscription de Central Nova, en Nouvelle‑Écosse. Afin de témoigner leur soutien à Elizabeth May, les libéraux ne présentent pas de candidat dans Central Nova; Peter MacKay l’emporte malgré tout avec 47 % des voix, contre 32 % pour Elizabeth May. Aucun candidat du Parti vert n’est élu au Parlement en 2008, et le parti recueille 6,8 % du vote total à l’échelle du pays.

Lors de l’élection générale de 2011, Elizabeth May se présente pour le siège de Saanich‑Gulf Islands, en Colombie‑Britannique. Elle bat alors le titulaire conservateur Gary Lunn et remporte la circonscription avec 46 % des voix. Cette victoire fait d’elle la première candidate du Parti vert à obtenir un siège à la Chambre des communes. Malgré le succès individuel d’Elizabeth May, le Parti vert fait chou blanc, ne remportant que 4 % des voix à l’échelle nationale. Lors de l’élection fédérale d’octobre 2015, elle est réélue. Elle demeure la seule candidate du Parti vert à siéger à la Chambre des communes.

Carrière parlementaire

Depuis 2011, Elizabeth May se distingue à la Chambre des communes. Elle est nommée par les autres députés « parlementaire de l’année » en 2012, « députée la plus dévouée » en 2013 et « meilleure oratrice » en 2014. Vers la fin de l’année 2013, le député indépendant Bruce Hyer se joint à elle au Parlement; il se déclare alors membre du Parti vert, ce qui double le caucus du parti.

Au Parlement, Elizabeth May travaille pour améliorer la qualité des services de santé prodigués aux victimes de la maladie de Lyme, s’oppose à la législation antiterroriste du gouvernement conservateur et milite en faveur d’actions gouvernementales sur les changements climatiques.

Elizabeth May est admirée pour son dévouement, son attachement à la tradition parlementaire et sa volonté de coopérer avec des députés d’autres partis et de leur apporter son aide, faisant preuve d’une humanité qui paraît assez rare en politique fédérale, du moins aux yeux du public. En 2011, par exemple, elle défend la chef intérimaire du Nouveau Parti démocratique (NPD) et députée québécoise Nycole Turmel, lourdement critiquée pour avoir déjà fait partie du Bloc Québécois, un parti séparatiste. « Je crois que les réactions sont exagérées, dit-elle. Il est malheureux que les membres d’autres partis se soient mêlés de cette histoire; en ce moment, toutes les raisons sont bonnes pour les déprécier, elle et l’ensemble du NPD. »

Toutefois, le comportement d’Elizabeth May en tant que députée a parfois soulevé certaines interrogations. Celle-ci s’attire des critiques dans les médias sociaux en publiant un gazouillis sur les dangers que représente le Wi‑Fi pour le cerveau humain; elle témoigne également son soutien à Jian Gomeshi, animateur de la CBC tombé en disgrâce après des accusations d’agressions sexuelles, ce pour quoi elle présente plus tard des excuses publiques. En 2015, elle présente également ses excuses pour un monologue ponctué de grossièretés, proféré lors du repas de la Tribune de la presse parlementaire canadienne, où elle finit par être escortée hors de scène.

Elizabeth May est d’abord exclue des deux débats des chefs, télédiffusés, lors de la campagne fédérale de 2008; mais, elle y est finalement invitée à la suite de protestations de la part du public. Elle n’est pas non plus invitée à participer aux débats en 2011 sous prétexte que le Parti vert n’a pas de député en Chambre des communes. Lors de la campagne de 2015, malgré qu’elle ait son propre siège à la Chambre, elle n’est conviée qu’à deux des cinq débats, une exclusion qu’elle qualifie d’« antidémocratique ».

Elizabeth May a déjà déclaré être disposée à collaborer au Parlement avec tout parti mettant de l’avant des enjeux importants pour le Parti vert, parmi lesquels les changements climatiques et la réforme électorale.

Livres, prix et vie familiale

Elizabeth May est l’auteure de huit livres, dont Losing Confidence : Power, Politics and the Crisis in Canadian Democracy (2009) et, plus récemment, Who We Are : Reflections of My Life and Canada (2014).

Elizabeth May est officière de l’Ordre du Canada. Son travail de défense de l’environnement a été reconnu par l’Organisation des Nations Unies, et en 2010, le magazine Newsweek la désigne comme « l’une des femmes les plus influentes au monde ».

Anglicane pratiquante, Elizabeth May a étudié la théologie à l’Université Saint‑Paul, à Ottawa; sa carrière politique l’empêche cependant de terminer ce diplôme.

Elle est mère de Cate May‑Burton, ainsi que belle‑mère et grand‑mère.