Matériel agricole, industrie du

L'industrie du matériel agricole regroupe les activités des entreprises qui fabriquent diverses machines agricoles : moissonneuse-batteuse, cultivateur, herse, moissonneuse, batteuse, etc. L'industrie du matériel agricole débute au milieu du XIXe siècle, lors de la création de fonderies sur place, ce qui favorise l'implantation de fabriques de matériel agricole. Quelques-unes de ces toutes premières entreprises (comme Massey, Harris, Cockshutt et d'autres) sont fondées dans la région du lac Ontario. Un grand nombre des premiers fabricants font faillite ou sont absorbés par de plus grosses sociétés, alors que de nouvelles entreprises ouvrent. Dans les années 90, pratiquement des centaines de fabricants et de distributeurs de matériel agricole vendent leurs produits au Canada. Ces entreprises vont des multinationales, qui produisent un vaste assortiment de machines et d'outils, aux plus petits fabricants spécialisés.

En 1984, on compte au Canada 231 fabricants de matériel agricole qui emploient plus de 10 500 personnes. Seulement deux de ces entreprises emploient plus de 1 000 travailleurs, alors que 90 p. 100 en emploient moins de 100. Pour les principaux fabricants qui produisent des gammes complètes d'outillage, les activités au Canada ne constituent qu'une partie de leur réseau international de production. La majorité des entreprises plus modestes et innovatrices qui se spécialisent dans un petit assortiment d'équipement (fabricant de série partielle d'articles) appartiennent à des intérêts canadiens, alors qu'un petit nombre d'entre elles sont des filiales de sociétés européennes. Ces entreprises sont surtout établies dans la région des Prairies. En 1984, la valeur des expéditions totalise 1,04 million de dollars et 0,77 milliard de dollars, en 1986.

Les agriculteurs canadiens achètent tous les ans pour plus de 2 milliards de dollars de matériel, comprenant en moyenne 19 000 tracteurs, 3 500 faucheuses, 4 000 moissonneuses-batteuses et un grand nombre de presses, de charrues, de charrues à disques ainsi que d'autres instruments aratoires et d'autre matériel de récolte. Une grande partie du matériel agricole acheté pour les fermes canadiennes, y compris les moissonneuses-batteuses, est importée de l'étranger. Les États-Unis, l'Union européenne et le Japon constituent les principales sources d'approvisionnement. Cependant, le secteur manufacturier canadien, grâce à une base de fabricants de séries partielles et à d'importantes installations de fabrication de certaines multinationales, exporte près de 60 p. 100 de sa production. Le Canada accuse en moyenne 1 milliard de dollars de déficit dans les échanges commerciaux de matériel agricole. Cette industrie est représentée par le Canadian Farm and Industrial Equipment Institute de Burlington, en Ontario, la Prairie Implements Manufacturers Association de Regina, ainsi que l'Association des fabricants de matériel agricole du Québec (AFMAQ) à Montréal.

En Amérique du Nord, les marchés du matériel agricole fonctionnent toujours par cycles prévisibles de cinq à sept ans. Toutefois, au début des années 80, en raison du ralentissement économique, les ventes de matériel agricole amorcent une spirale à la baisse qui se poursuit en 1996, ce qui en révèle la gravité. En 1979, par exemple, les ventes de tracteurs agricoles à deux roues motrices de 40 ch et plus s'élèvent à 23 383. En 1986, 12 584 tracteurs sont vendus, soit une diminution de 45 p. 100. De même, quelque 5 000 grosses moissonneuses-batteuses autopropulsées sont vendues en 1979. En 1986, ce chiffre tombe à 2 818. Durant cette période, la plupart des autres types de matériel agricole subissent des baisses similaires. En entrant dans la sixième année de baisse de ventes, l'industrie ajuste à la baisse ses seuils de rentabilité et ferme des usines en supposant que les niveaux de vente de 1986 sont des niveaux normaux. Bien que tous les fabricants et les distributeurs souffrent de cette crise, quelques grandes compagnies comme MASSEY-FERGUSON LIMITÉE. (maintenant Varity Corp.), Versatile, International Harvester, White Farm Equipment et plusieurs autres éprouvent des difficultés financières particulièrement sérieuses. International, White, Versatile et d'autres sont rachetées par des concurrents, alors que Massey-Ferguson se restructure complètement en vendant ou en démontant tout simplement ses usines non rentables.

D'autres changements dans l'industrie du matériel agricole en Amérique du Nord sont le résultat de la récession économique survenue dans le secteur de l'INDUSTRIE AGRO-ALIMENTAIRE. Un grand nombre d'entreprises qui fabriquaient une gamme complète de machines et d'outils se concentrent maintenant sur un assortiment limité de produits clefs. Beaucoup de ces firmes font également appel à des sous-traitants pour des produits spécialisés qu'elles fabriquaient auparavant, ce qui leur permet de libérer du capital, de diminuer les frais généraux et d'effectuer une meilleure planification des inventaires. En réaction à la baisse de la demande de matériel de la fin des années 90, il y a maintenant moins de fabricants et ils sont plus petits.

Produits

Au cours des 50 dernières années, le nombre de personnes travaillant dans le domaine de l'agriculture diminue de façon radicale, tandis que le nombre d'hectares cultivés s'accroît légèrement. Ces changements sont rendus possibles en raison des progrès effectués dans le secteur des machines agricoles, machines qui permettent aux agriculteurs canadiens de labourer, de semer et de moissonner un nombre toujours plus grand d'hectares tout en y consacrant moins de temps et d'énergie.

Instruments aratoires

Autrefois, les terres étaient sans cesse cultivées, et on parcourait le champ un grand nombre de fois dans le but de préparer la terre pour les semailles. Les pratiques modernes de labour cherchent à retourner le moins possible la surface du sol de façon à conserver la couche arable essentielle ainsi que ses éléments nutritifs (voir SOLS, CONSERVATION DES). Les instruments de labour sont conçus pour préparer les couches en affectant le moins possible la surface. Ainsi, alors que l'utilisation de la charrue à versoirs se poursuit dans les régions agricoles humide de l'Est du Canada, les nouveaux extirpateurs-scarificateurs avec une série de dents préparant le lit de semence sans trop affecter la surface du sol sont de pratique courante dans les Prairies. Cette industrie a également mis au point des instruments aratoires qui laissent sur pied le chaume des moissons, conservant ainsi les éléments nutritifs contenus dans ces résidus tout en maîtrisant l'ÉROSION.

Semoirs

Afin de répondre aux changements survenus dans les travaux et les instruments aratoires, les semoirs actuels sont mis au point pour une grande diversité de lits de semence, allant d'un sol couvert d'herbe à un sol bien préparé. Les semoirs pneumatiques s'avèrent déjà efficaces pour les semis effectués dans le chaume laissé par récoltes précédentes, notamment dans les régions agricoles de l'Ouest dont les terres sont arides. Un semoir sous gazon permet aux agriculteurs de semer sans préparation de lit de semence. Le même équipement peut aussi être utilisé pour appliquer avec précision engrais ou pesticides.

Machines de fenaison

Les agriculteurs qui exploitent de grandes laiteries ou des parcs d'engraissement du boeuf gèrent des entreprises hautement mécanisées. Les anciennes presses, qui formaient des balles de foin compactes et rectangulaires d'environ 45 kg, font place à des machines formant de grosses balles rondes pouvant peser jusqu'à 680 kg. Cette nouvelle technologie permet d'améliorer les capacités d'entreposage ainsi que les conditions de déshydratation et de fanage des fourrages récoltés. Les CULTURES FOURRAGÈRES sont coupées et conditionnées par l'utilisation de récolteuses-hacheuses très efficaces. Les broyeurs-mélangeurs, machines qui, en plus d'ajouter des vitamines, préparent l'ensilage en lui donnant la densité et les portions voulues, sont aussi disponibles sur le marché.

Machines de récolte

Les moissonneuses-batteuses d'aujourd'hui sont à même de récolter un vaste assortiment de produits agricoles comprenant blé, orge, maïs, soja. Elles coupent et moissonnent d'un seul coup, en andains d'une largeur allant jusqu'à 10 m, rendant ainsi possible la récolte de centaines d'hectares par jour. Les progrès technologiques aboutissent à la création de systèmes de vérification par ordinateur, destinés à fournir à l'opérateur des renseignements sur la perte et les dommages causés au grain, ainsi que sur la vitesse permettant un rendement optimum.

Les moissonneuses-andaineuses ou râteaux-andaineurs sont des machines conçues pour couper les céréales et laisser les moyettes en rangées. Ces machines sont largement utilisées dans les régions où le blé mûr nécessite un séchage avant la moisson, par exemple, dans l'Ouest canadien. Quand les agriculteurs estiment le temps venu, ils récoltent les céréales coupées, à l'aide d'un type spécial de transporteur relié à un ramasseur de moissonneuse-batteuse, dernière étape de la moisson.

Tracteurs

Durant les 20 dernières années, les progrès technologiques survenus dans la fabrication des tracteurs sont très importants. Aujourd'hui, le tracteur agricole type fonctionne au diesel (plus de 90 p. 100 des machines agricoles) et possède une puissance d'environ 90 ch, bien qu'il existe sur le marché des modèles allant des petits à 9 ch, aux énormes tracteurs à roues motrices de plus de 400 ch. Plusieurs possèdent un choix de commandes informatisées, comme des indicateurs à affichage numérique, qui font état du glissement des roues, suggèrent les réglages de vitesse et donnent des renseignements concernant le bon rendement et la productivité du combustible. Des tracteurs à pont et roues avant motrices avec attelage trois points et prise de force frontale (PFD, innovation européenne) prennent de plus en plus de parts de marché, surtout dans l'Est du Canada.