Marie Joussaye Fotheringham

Marie Joussaye Fotheringham, poétesse (Belleville, Ont., 1864 - Vancouver, C.-B., 24 mars 1949). Née Marie Josie à BELLEVILLE (Ont.), Fotheringham prend le nom de Marie Joussaye en quittant la maison pour aller travailler à Toronto pour un journal. Elle y participe aux mouvements syndicaux (voirSYNDICALISME INDUSTRIEL) qui se développent à l'époque et devient présidente de la Working Girl's Union en 1893. Pendant les années 1890, Fotheringham s'investit de plus en plus dans les mouvements ouvriers de Toronto et joue un rôle clé dans le rassemblement des domestiques sous la forme de la Working Women's Protective Association. C'est à cette époque qu'elle publie The Songs that Quinte Sang (1895). Ce recueil contient le poème le plus connu, « Only A Working Girl », qui a été publié plus tôt dans le Journal of United Labour (1893). Plus tard, Fotheringham déménage à DAWSON City (Yukon), où elle entreprend une relation avec David Heatherington Fotheringham, qui est membre de la POLICE À CHEVAL DU NORD-OUEST. Le couple se marie en novembre 1903. Après une série de désastres financiers et l'accumulation d'une dette élevée, ils sont emprisonnés en 1912 pour défaut de paiement. Fotheringham continue à écrire et, en 1918, elle publie son deuxième recueil de poésie, Selections from Anglo-Saxon Songs. En 1924, elle déménage à MAYO, au Yukon, où elle rédige et publie un bulletin bihebdomadaire intitulé Mayo-Keno Bulletin, dont les prises de position franches, par exemple sur les questions telles que la place des femmes dans la main-d'œuvre, le rendent impopulaire. En 1929, Fotheringham quitte son mari, qui reste au Yukon, pour s'installer à Vancouver. Elle meurt dans un meublé de Vancouver le 24 mars 1949.

Bien qu'elle publie peu, Marie Joussaye Fotheringham est une figure importante de l'histoire littéraire du Canada et est considérée comme la première poétesse canadienne de classe ouvrière. Des critiques comparent son style poétique à celui Robert Burns, et certains prétendent qu'il s'agit, de sa part, d'une tentative délibérée de s'inscrire dans la tradition populiste. C'est particulièrement le cas d'« Only A Working Girl », où elle fait l'éloge de la classe ouvrière jusqu'à en faire des rois aux yeux de Dieu. Quoique le recueil soit considéré comme novateur à son époque, des critiques reprochent à The Songs That Quinte Sang de ne pas avoir préconisé explicitement l'égalité de la main-d'œuvre. Le poème « Only A Working Girl » invite plutôt les femmes à être fières de ce qu'elles font.