Margot Kidder

Margaret Ruth Kidder, actrice (Yellowknife, T.N.-O., 17 oct. 1948). Le père de Margot Kidder étant ingénieur minier, sa famille déménage souvent pendant son enfance. Finalement, pour la fin de ses études, elle est confiée à un pensionnat de Vancouver, Magee Secondary. Elle souffre d'un trouble bipolaire non diagnostiqué qui provoque plusieurs dépressions précoces et l'amène, adolescente, à une tentative de suicide. En voyage familial à New York, elle assiste à une représentation de Bye Bye Birdie (mettant en vedette Dick Van Dyke) qui la convainc de devenir actrice.

Une fois sortie de l'école, Kidder déménage à Toronto pour entamer sa carrière de comédienne. Bien qu'elle n'ait pas de formation, sa beauté naturelle et sa détermination acharnée lui font obtenir des rôles dans des séries telles que Wojeck et Adventures in Rainbow County (v.f. Au Pays de l'arc-en-ciel). Elle tient sa chance quand on lui donne le rôle de la fille d'un travailleur forestier itinérant qui vit dans la vallée de l'Outaouais dans un petit film très bien reçu de Peter Pearson, The Best Damn Fiddler from Calabogie to Kaladar, diffusé par la télévision anglaise de la SRC et gagnant du prix du film de l'année 1969 du PALMARÈS DU FILM CANADIEN.

Ce rôle lui vaut d'être engagée par Norman JEWISON pour une de ses premières réalisations, la comédie musicale Gaily, Gaily (1969), et elle se rend à Los Angeles où elle trouve du travail à la télévision et où Gene Wilder lui donne un rôle dans son premier film excentrique Quackser Fortune Has a Cousin in the Bronx (1970). Brian DePalma lui attribue le rôle principal dans son thriller psychologique Sisters (1973; v.f. Sœurs de sang), qui est un succès de salle. Elle revient au Canada pour tenir la vedette dans Black Christmas (1974; v.f. Un Noël tragique) et A Quiet Day in Belfast (1974), des rôles qui lui valent le prix de la meilleure actrice en 1975 au Palmarès du film canadien. Le film Black Christmas de Bob Clark remporte un grand succès et est maintenant considéré un prototype du film « sanglant » des années 1970.

Kidder garde sa réputation d'actrice solide grâce à des rôles dans The Great Waldo Pepper (1975; v.f. La kermesse des aigles) avec Robert Redford, The Reincarnation of Peter Proud (1975; v.f. La réincarnation de Peter Proud), avec l'acteur canadien Michael Sarrazin, et 92 in the Shade (1975) avec Peter Fonda. Puis vient le rôle qui l'immortalise, l'intrépide journaliste du Daily Planet et amie de Supermandans la superproduction Superman (1978) avec Christopher Reeve, Gene Hackman et Marlon Brando. Le film est un phénomène qui rapporte plus de 300 millions de dollars dans le monde entier, le sixième de son époque pour les recettes. Il est suivi de Superman II (1980), de Superman III (1983), où le rôle de Kidder est réduit à cinq minutes, et de Superman IV (1987) avant que le sujet perde de son élan.

En 1979 Margot Kidder joue dans un autre succès de salle, The Amityville Horror (v.f. Amityville, la maison du diable) et revient encore au Canada pour tenir un rôle dans Heartaches (1981; v.f. Cœurs à l'envers) de Don SHEBIB. Elle gagne encore un prix du Palmarès du film canadien (aujourd'hui les prix PRIX GÉNIE) pour sa magnifique interprétation de Rita, une femme de classe ouvrière lasse du monde, dévoreuse d'hommes et qui jure comme un charretier. Au milieu des années 1980, Kidder retourne vers des téléfilms tels que Bus Stop (1982), où elle reprend le rôle tenu par Marilyn Monroe dans la version cinématographique antérieure de la pièce de William Inge; Pygmalion (1983), qu'elle produit et dans lequel elle joue Eliza Doolittle face à Henry Higgins incarné par Peter O'Toole; Louisiana (1984; v.f. Louisiane), une coproduction franco-canadienne réalisée par Philippe de Broca; Picking Up the Pieces (1985) et Hoax (1986). Pendant cette période, elle tient aussi la vedette dans des films qui ont moins de succès, entre autres Trenchcoat (1983) et Keeping Track (1985; v.f. Double impasse).

Il est certain que des problèmes personnels et des revers perturbent sa carrière. En 1990, elle subit de graves blessures dans un accident de voiture sur le lieu de tournage d'une série télévisée, qui la laisse avec des douleurs dorsales chroniques et la conduit à la faillite. Rétablie, elle continue de travailler, mais les premiers rôles lui échappent. Elle joue dans les films canadiens Mob Story (1989; v.f. L'exécuteur), White Room (1990; v.f. Le secret de la chambre claire) de Patricia ROZEMA, La Florida (1993) et Henry and Verlin (1994).

À cause de son trouble bipolaire, en 1996, elle fait une dépression nerveuse très médiatisée. En 1997, après avoir reçu des soins psychiatriques, elle reprend sa carrière en main. Depuis lors, on la voit surtout invitée dans des rôles de séries télévisées telles que Boston Common, Touched by an Angel, Made in Canada, The Outer Limits, Robson Arms (v.f. Voisins, voisines) et, clin d'œil à son rôle célèbre de Lois Lane, dans Smallville. Elle fait aussi de la scène et joue dans les Monologues du vagin et dans Love, Loss and What I Wore, de Nora et Delia Ephron. Toujours prête à exprimer ses opinions politiques, Kidder devient citoyenne américaine en 2005 pour pouvoir, comme elle le dit, protester légitimement contre les aventures américaines à l'étranger sans craindre d'être déportée.