Le Canada compte environ 120 000 fermes céréalières dont la production annuelle varie grandement selon les conditions climatiques. En 1985-1986, près de 32 millions de tonnes de grains ont été mises sur le marché, le blé représentant plus de 67 p. 100 de ce total. La récolte se fait à la fin de l'été et au début de l'automne, et le grain moissonné et battu est transporté par camion jusqu'aux silos de la ferme. La durée du stockage dépend des possibilités de livraison, telles que déterminées par la Commission canadienne du blé (CCB), aux principaux élévateurs primaires ou silos de collectes. Une partie des grains n'entre pas dans ce circuit commercial, ces grains sont utilisés sur place pour servir de semence ou de fourrage.

La CCB est responsable de la mise en marché des grains de l'Ouest canadien (blé, avoine, orge) destinés à la consommation humaine ou à l'exportation. Les agriculteurs peuvent vendre les céréales fourragères à la CCB s'ils le désirent, mais la vente d'oléagineux et de la plupart des graines fourragères destinées à l'alimentation humaine ou animale relève de sociétés privées. En plus de mettre en marché la plus grande quantité possible de grains aux meilleurs prix, la CCB a pour mandat d'assurer la stabilité des prix et d'offrir à chaque agriculteur une part équitable du marché à chaque nouvelle récolte. Ainsi, en publiant périodiquement le contingent des livraisons, la CCB informe les agriculteurs qu'elle est prête à recevoir de chacun telle quantité de tel grain aux silos de collecte situés dans une région déterminée. Fixés d'après les ventes et les stocks emmagasinés dans les silos de collecte, ces quotas ont pour but d'y assurer un approvisionnement relativement constant de grains. Avant de consentir à exporter des grains, la Commission doit s'assurer que le marché intérieur est suffisamment approvisionné pour répondre aux besoins des industries des provendes et de l'alimentation. La Commission peut vendre directement aux organismes des gouvernements étrangers (par exemple des républiques de l'ancienne URSS, de la République populaire de Chine), à des sociétés commerciales étrangères (par exemple du Pérou, des Philippines) ou à des sociétés commerciales privées qui revendent à des acheteurs étrangers.

À mesure que les possibilités de livraisons augmentent, le fermier transporte lui-même par camion son grain au silo de collecte ou le fait livrer par une entreprise de camionnage. Les camions de ferme ont une capacité qui varie de 3 t à 20 t, la moyenne étant de 8 t environ. Parfois, le grain est transporté sur une distance pouvant aller jusqu'à 125 km, mais la distance moyenne est d'environ 20 km. La plupart des grains sont livrés aux silos de collecte, mais certains vont directement aux provenderies ou aux usines de transformation.

Le silo de collecte abrite la production des fermes environnantes et classe les grains selon l'espèce et la catégorie jusqu'à ce qu'il y en ait assez pour remplir les wagons de chemin de fer. Le système d'entreposage comprend quelque 1900 silos (d'une capacité totale de stockage de 7,7 millions de tonnes) situés aux 1100 points d'expédition du réseau ferroviaire. Dans la dernière décennie, le nombre de silos de collecte a diminué de près de 55 p. 100, et la capacité de stockage, de près de 20 p. 100. Chacun de ces silos est administré par un directeur et exploité par une société céréalière (coopérative appartenant à des fermiers ou société privée). À l'heure actuelle, 6 sociétés sont propriétaires de plus de 95 p. 100 de tous les silos de collecte. L'entreprise de manutention des grains la plus importante est la Saskatchewan Wheat Pool, une coopérative appartenant à des agriculteurs et qui détient environ le tiers des silos de collecte des Prairies.

Quand le grain arrive à l'élévateur, le directeur en assure la pesée, prélève un échantillon, en détermine la qualité, puis remet un bon au comptant au fermier. Si le blé, l'avoine ou l'orge est destiné à l'exportation, la CCB en est propriétaire, et l'exploitant du silo de collecte agit comme son agent. Dans le cas de la graine de lin et du canola, l'exploitant du silo en assume la propriété. Les graines fourragères destinées à la consommation intérieure peuvent être vendues à la CCB ou à l'exploitant d'un silo de collecte. En chargeant aux fermiers des frais de manutention et de stockage, les sociétés céréalières récupèrent leurs frais d'exploitation de silos. Ces frais sont établis en fonction des limites maximales fixées par la CCB.

Relevant du ministre de l'Agriculture, aux termes de la Loi sur les grains du Canada, la Commission canadienne du blé a pour mandat d'établir et de maintenir les normes de qualité des grains canadiens et de réglementer la manutention du grain au Canada de façon à assurer l'approvisionnement du marché intérieur et extérieur. Elle est chargée, en outre, d'établir les catégories de grains et les normes de qualité, d'inspecter les grains destinés à l'exportation, d'attribuer le permis aux différents types de silos, de superviser le traitement ou la fumigation du grain, de fixer les frais maximaux des services (réception, nettoyage, séchage, expédition), d'inspecter les silos pour qu'ils soient conformes aux règles d'exploitation établies par la Loi sur les grains du Canada et, finalement, d'exploiter le Laboratoire de recherches sur les grains céréaliers et les oléagineux.

Le grain des silos est transporté par chemin de fer vers un port ou l'une ou l'autre gare. Le transport requiert quelque 11 000 wagons couverts et 14 700 wagons-trémies découverts. La capacité d'un wagon couvert est de 54 t environ, et celle d'un wagon-trémie est de 91 t environ. Dans les périodes intensives, près de 500 trains par semaine laissent des wagons vides aux silos de collecte, puis transportent les wagons pleins à destination. Les silos de collecte sont situés à quelque 1 100 points d'expédition le long des 30 000 km du réseau ferroviaire, dont 85 p. 100 sont des voies d'embranchement dont la capacité de charge varie. La distance moyenne entre le silo de collecte et le silo portuaire est de 1400 km, et le temps moyen pour l'aller-retour est un peu moins de 3 semaines.

Le grain est transporté des silos de collecte vers les ports céréaliers de la côte ouest (Vancouver et Prince Rupert), des Grands Lacs (Thunder Bay) et de la baie d'Hudson (Churchill). Le silo portuaire reçoit, stocke, traite et expédie le grain. Le traitement du grain comprend le nettoyage pour le rendre conforme aux normes d'expédition, le séchage, l'épierrage et, au besoin, la fumigation.

La capacité de stockage des ports de la côte ouest est de quelque 1,2 million de tonnes, dont l'essentiel est concentré dans 5 terminaux de Vancouver. Les silos portuaires de la côte ouest fonctionnent à l'année longue. Par contre, celui de Churchill, d'une capacité de stockage de 140 000 t, fonctionne moins de 3 mois par année.

Avec 12 terminaux céréaliers, Thunder Bay peut stocker environ 2 millions de tonnes de grains, et l'expédition du grain se fait environ 8 mois par année. Le grain chargé sur des navires à Vancouver, à Prince Rupert et à Churchill est expédié directement à l'étranger. Dans le cas de Thunder Bay, 10 p. 100 seulement du grain est chargé directement sur des navires de haute mer, le reste étant transporté par les navires des Grands Lacs vers des silos de transfert situés le long de la voie navigable entre Thunder Bay et le port de mer. Il y a 27 silos de transfert, d'une capacité totale de 3,4 millions de tonnes.

Le grain reçu aux silos de transfert sera chargé sur des navires de haute mer ou stocké pour exportation future ou pour distribution locale dans l'Est du pays. En plus des silos portuaires et des silos de transfert, on compte 28 silos intermédiaires de stockage, d'une capacité de 468 000 t, situés pour la plupart dans les Prairies. Ils servent à recevoir et à stocker le grain destiné à être traité immédiatement ou transformé en d'autres produits.

La Winnipeg Commodity Exchange est une association bénévole à but non lucratif qui regroupe des représentants de pratiquement toutes les entreprises et sociétés qui s'occupent de la mise en marché du grain de l'Ouest canadien. Les membres sont des représentants de sociétés privées ou de coopératives exploitant un silo, de sociétés de transport, de meuneries, de la CCB, de banques, de sociétés de chemin de fer et de sociétés céréalières étrangères. Cet organisme constitue un cadre propice aux échanges commerciaux. On y réalise des transactions au comptant ou à terme, et on y fixe les conditions dans lesquelles les transactions relatives aux céréales se dérouleront.